‹ Nouvelle étude de jetonsChapitre 44 sur 68 · PERSONNAGES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES

p. FiLiOLi. ARCHEVEQE. DAix. — Armoiries.

CORDE ET ANIHO. — Cfoix fleuronnée, cantonnée des

glands de l'écu.

Pierre FUioli mourut à Paris . âgé de 102 ans , et fut inhumé, en février 1540, dans l'église des Franciscains, où on plaça son buste avec cette épilaphe :

Ci gist révérendissime père en Dieu , Messîre Pierre Filioli, natif de la ville de Cannât en Bourbonnais, archevesque d'Aix en Provence et lieutenant général pour le Roy au gouvernement de Paris, Isie de France ; lequel, après avoirvescu honorablement Cil ans, mourut regretté de tout le peuple , dans la ville de Paris , le XII janvier MDLX.

Quelques années avant sa mort, il avait demandé pour coadjuteur Antoine Imberti qui lui succéda comme archevêque et comme chancelier de l'université d'Aix. II prit même par reconnaissance le nom de Filioli , ce qui fil croire qu'il était fils du frère de son protecteur.

SEB. CRAMOISr. DIR. DE L'IHPR, ROYALE. P" E8CHEVIN.

Une ancre posée en pal, au chef cousu de trois étoiles.

H«C PONDERA. JVSTI. 1643.

Une main tenant la règle, le fil à plomb et l'équerrc dans un ciel étoile. Ces instruments justifient la devise.

L'imprimerie du gouvernement, qui change de nom à chaque révolution, fut fondée en 1649, parRichelieu, et établie dans plusieurs salles attenantes au rez-dechaussée de la grande galerie du Louvre. Des hommes de mérite furent placés à sa tôle. Sébastien Cramoisy, membre d'une ancienne et célèbre famille d'imprimeurslibraires de Ih ville de Paris, en fut nommé directeur.

M. Aug. Bernard a publié, en 1848, une intéressante notice sur cet établissement. Après avoir dit quelques mots sur l'invention de riiiiprimerie et sur ses prt^rès favorisés par Louis XI et François I", il nous le montre comme une gloire nationale, comme indispensable pour la publication desgrandsouvrages religieux, scientifiques ou historiques, tiaip coùteus pour pouvoir trouver un éditeur; enfin, comme seul capable décomposer, sur un

seul labeur, jusqu'à deux cenU ftiuilles sans untruver le reste du service, ce qui » lieu surtout pour les budgets de l'Etat.

p. DE EkONADiEv. EVESQVE d'avxere. — Armoiries.

François de Donadieu, issu d'une famille noble el distinguée d'Aquitaine, naquit, en 1558, de Jean de Donadieu et de Madeleine de Hautpont. Il fut nomme évoque d'Auxerre en 1600. Son épiscopat fui un des plus remarquables et dura 24 ans.

s. PtlANCISCVS. d'e8TAI\C. EPS. RVTHENENSI8.

SIC. ME. MEA. ■PACTA. DECORANT. 1653. — De Franci-, au chef d'or.

Cejeton porte une date bien postérieure au personnage représenté, car François d'Estainfî, descendant d'une

fiiniiile qui avait fourni plusieurs prélats à l'Eglise, et qui en fut une nouvelle gloire, naquit à Kodez, en 1.462, du sénéchal Gaspard d'Estaing et de Jeanne Murcili. Il devint chanoine de Lyon et membre du grand conseil sous LouisXII, qui lui confia plusieurs négociations près du pape Jules II. En 1501, il eut pour compétiteur à l'évéché de Rodez Charles de Tournon ; mais la mort de celui-ci étant arrivée trois ans après, il fut sacré par l'archevêque de Bombes, et mourut en odeur de sainteté l'an 1529.

RO€Elt. DE. RABVTIH. COMTE. DE. BVSSY. — ArmOlnCS. VENI. SANCTE. SPIRITVS — 1648.

Le Saint-Esprit descend dans sa gloire, précédé de langues de feu.

Rabutin porte cinq points d'or, équipolés à quatre de gueules, écarlelé de Ballore depuis l'alliance contractée, en 1360, par Jean Rabutin, seigneur d'Epiry, avec Harie de Uallore, fille unique et héritière de Philippe, seigneur dt' Itallore. La branche aînée de cette maison finit à Celsti-liénigne de Kabulin . chevalier, baron de Chantai,

llourl>illi,cU'.. lucNilVij^iMlutii'iituiiiis, k' â2 juillet 1627. lors de 1» i)c!>cenU: df^Aiif^lais dans Itlo de Rhé. Il laissa (le Haric de Coulangi^â. son (■pouso, Marie de ItabuLin , dame de Cbantid et de Bombilli, morte en 1696. Elle avait épousé, en 1644, Henri, marquisde Sévigné.

Madame de Sévigné est trop connue pour que nous lui consacrions un article particulier. Voici le jeton qui tut frappé à l'occasion de sa mort. On n'oubliera pas que nous avons donné, page 1 4, celui du mariage de sa (letite-lille, Pauline de Siniiane.

M. ne itAB harquisf: re sévigné. — Buste de Marie de

Riibutin-Cbantal. mar<|uise deSévittné.

SERVABIT ODOBEM. — M. 1696. — Une rose atlacliée à une draperie qui couvre un tomlieau.

Us seigneurs de lîussi-Rabatin, branche cadette de cette maison, ont commencé à François de Rabutin , Itaron de Bussy, Epiry, etc., fils puiné de Christophe 1" du nom. ('*tte maison a donné des hommes de mérite 1^ do l'épulalion, Christophe de Rabutin. Il" du nom

dans la branche aiiiée, fut un des plus hmves seigneurs de son temps, et se fit un glorieux renom par les bons services qu'il rendit au roi Henri IV en diverses occasions. 11 fut malheureusement tué à la chasse par un de ses meilleurs amis. Jeanne-Françoise Frémiot, son épouse, dame recoin niandable par ses vertus, fut fondatrice de l'ordre de la Visitation. C'est elle que nous vénérons sous le nom de sainte Chantai.

HENR. OSWALI). CA.RD. AB. ABVERNIA.

Uuste du cardinal de La Tour d'Auver^e, abbé de Cluny.

COKCILII PRUDENTIA ORDO VIGEBIT CLIIMAC 1745.

Armoiries écartelées au 1 et 4 de l'abbaye de Cluny, au 3 et 3 de la Tour d'Auvergne, écarlelé au 1 et 4 semé de France à la tour d'argent maçonné de sable qui est de La Tour, au 2 d'or à trois tourteaux de gueules 2, 1, qui est de Boulogne , au 3 coticé d'or et de gueules de huit pièces, qui est de Turenne ; sur le tout d'or au gonfanon de guculus qui es! d'Auvergne.

JETOIRS.

Les jeloirs , plus encore que les méreaux , offrent un champ vaste et fécond. Beaucoup portent un nom et des signes héraldiques qui permettent d^assigner une date presque certaine aux plus anciens, tandis que les pièces capitulaires produites par le même coin ou sorties du même moule, servaient pendant des siècles et elles n'étaient pas personnelles. Il suffit d'examiner une suite un peu nombreuse dans l'un et l'autre genre pour saisir du premier coup d'oeil le parti que l'on peut en tirer. MM. Hucher et Rouyer nous donneront de savantes dissertations, et nous espérons que quelques-unes des pièces que nous reproduisons leur paraîtront dignes de fixer leur attention.

La Bourgogne nous fouinirii U: moyen de remonter à une époque reculée -.

PHIPE l DVC ; DE ; BOVRGOVCNE

Armoiries de Bourgogne accostées des lettres C-M.

H. Rouyer attribue cette pièce k Philippe le Hardi , s'appuyantsurcequele revers porte i CONTE de Flandres CONTE, d'art. Il néglige d'étayer son opinion sur les lettres p-«, initiales de Philippe et de Marguerite; mais sa seule raison est que ce duc était devenu comte de Flandres et d'Artois, par son mariage avec Marguerite de Flandres. Il ajoute que ce jetoir doit être considéré <»)mme ouvrant la série de la chambre des comptes de Lille, créée en 1385. Il a sans doute A Fappui de son itilégation des raisons que nous ne connaissons pas , et qu'il eût été bon de développer. Pour nous qui sommes peu disposé à laisser amoindrir la série métallique de notre province, nous allons essayer de combattre une attribution possible mais non certaine. Philippe le Hardi est le premier comte de Flandres et d'Artois , mais ses

successeurs eurent les mêmes titres. Or, avouons -le franchement, dans le cas présent, nous tenons pour

Philippe le Bon. Voici pourquoi :

Dans la charte d'investiture, le roi Jean n'a pas dit un mot qui pût faire supposer qu'il accordait à son fils

Philippe le droit de battre monnaie. Cependant, en 1 386, celui-ci, songeant à établir une chambre des comptes et un conseil , délégua quelques commissaires qui , après avoir ramassé et examiné les chartes , reconnurent que les ateliers monétaires de Chalon-sur-Saône et de Dijon avaient été possédés par les anciens ducs et continuaient à être en activité pour le roi. Ils conclurent qu'ils devaient être revendiqués par Philippe, et s'empressèrent de lui en donner avis. H ne paraît pas qu'il y ait attaché une grande importance, qu'il y ait entrevu un grand avantage pour le moment, sous le rapport du bénéfice, ou plutôt qu'il ait cru le moment favorable pour faire valoir ses droits.

11 agit avec prudence, et, en cette même année 1387, il fit monnayer à Auxonne, c'est-à-dire hors du royaume, tout en imitant autant que possible les n)onnaies que le roi frappait à Dijon.

En 1411, le duc Jean commence à donner une plus grande extension à son monnayage, et, le 30 mars, il adjuge l'atelier de Saint-Laurent-les-Chalon, qui devait

ouvrer simultanément avec celui d'Auxonne , et chaque atelier devait avoir une marque différente. Il ne s'arrête pas \kei forge àCuisery en 1412. Enfin, en janvier 1417, il obtint d'Isabeau, maîtresse du royaume pendant la démence de Charles Vï, le droit de faire battre monnaie à Dijon, à Chalon, à Mâcon et à Troyes. Le roi, revenu à la raison, approuva, le 12 octobre 1418, les lettres de la reine. En vain voulut-il ensuite faire cesser ce privilège, mais le dur, en abandonnant Mâcon et Troyes , se réserva expressément Chalon et Dijon.

11 n'est pas probable que les deux ducs dont nous venons de parler eussent songé, au milieu de leurs embarras de monnayage, à frapper des jetoirs, tandis que, sous Philippe le Bon, nous voyons que Jehan Daast, réclame le prix de la façon des tjectouers. Plus tard , ce même prince veut que, pour distinguer ses monnaies de Bourgogne, on mette en la pille les plaines armes de mondit s"" de Bourg^^y en ung escu, et en la crois, deux lions au lieu de deux couronnes qui sont es blancs du roy n^ s^.

Or, le revers de la pièce en question porte une croix fleuronnée, écartelée au 2 d'un lion ^ au 3 , d'une couronne; au 1, d'un P, et au 4, d'un M. Ces deux lettres sont les initiales de Philippe le Bon et de sa femme Michellede France. Le lion et la couronne indiquent une

ftpoque;inlént'ur(;iiiiii(lonnnriwi»riTil(!c(;iii('Sl(lc 1439. Le duc ayant succédé à smi ]w.vi\ l'ii l ■* 19. rt b duchesse; étant morte en 1422, nniis n'h<''siloiis pus à placcv la fabrication du jetoir entro ces deux dernières dates.

Sans changer cette date, et en I» rendant même plus précise, il serait possibin de revenir ii noire première idée, en disant qne la lettre H est l'iniliale de Marguerite. En effet, la duchesse douairière de ce nom, chargée du gouvernement du duché, en l'absence du duc, écrit le 23 août U2l aux gens des comptes, et le 26 décembre de la même année, elle règle les monnaies et fait un mandement comme duchesse de Bourgoignc , comtesse de Flandres, d'Artois, etc. , au nom de son très cher et amë fîls l^hilippe, duc, comte, ctc.des pays et lieux dessus diz.

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