‹ Nouvelle étude sur les caisses d'épargneChapitre 1 sur 10 · RUE DE LA MADELEINE · texte numérisé non relu

RUE DE LA MADELEINE

La position d'un fonctionnaire public, en Belgique^ est difficile : la loi des incompatibilités parlementaires Ta classé dans un monde à part. L'administration est soumise, dans Tordre hiérarchique, au pouvoir politique. Elle se dévoue à l'étude, à la pratique de questions spéciales liées au bien-être et à la prospérité du pays. Le pouvoir politique se sert de ces travaux, de ces études, les réforme et les complète, ou parfois les néglige et même les dédaigne.

D'autre part, en éloignant le fonctionnaire de l'enceinte parlementaire, la loi de 1848 l'a privé de ses principaux moyens d'influence : on l'a soustrait à ces entretiens si fructueux de la salle des conférences ; on lui a enlevé l'autorité de la parole et du geste, l'avantage de la réplique. Mais aussi, dans certains cas, on

s'est privé de ses lumières ; on a habitué l'électeur à considérer dans le fonctionnaire, non Thomme pratique, voué aux études spéciales auxquelles il a consacré toute sa carrière, mais l'homme qui touche un traitement du budget, et vit en quelque sorte de la substance du peuple.

Ce n'est point le lieu de combattre ces idées erronées, et de revendiquer, en faveur du fonctionnaire, quelques droits à la personnalité. Homme d'ordre, il est heureux quand il peut contribuer à fonder une institution utile, à laquelle un autre attachera son nom. Mais s'il est dévoué, dans le cercle de ses devoirs, à l'administration, il n'en conserve pas moins des convictions, et peut se trouver en désaccord avec un projet du Gouvernement.

Telle est la position de Fauteur de cet écrit : il regrette de ne pouvoir se rallier au projet de loi relatif aux caisses d'épargne; un sentiment impérieux du devoir l'a engagé à publier ici son opinion.

Bruxelles, 34 janvier 486^

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