‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 3)Chapitre 17 sur 39 · DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR ET DE LA VIE ÉTERNELLE · texte numérisé non relu

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR ET DE LA VIE ÉTERNELLE

PREMIERE INSTRUCTION

Onzième article da Symbole.

Résurvection de la chair, dogme fondé sur la révélation et sur des raisons de convenance. — Objections des incrédules. — Images de la Résurrection, que nous offre la nature.— Laideur des damné». — Qualités glorieuses des justes ressuscites.

D. Qu entendez-vous par la Résurrection de la chair?

R. J'entends qu'à la fin du monde, l'âme de chaque homme mort se réunira à son propre corps, pour n'en être jamais séparée.

La mort n'est qu'un sommeil ; et le corpr, de Thomme, qu'une philosophie basse et rampante condamne à une poussière éternelle sans auci'n espoir de se relever de ses ruines, doit^ au contraire, d'après les hautes idées que la religion nous en donne, avoû" un joiu- la destuiée la plus

sublime. îlest terre, et il rentrera dans la terre; mais, après y avoir séjourné un temps plus ou moins long et connu de Dieu seul, quelque changement que la mort lui ait fait subir, quelque altération qui se soit faite dans ses diverses parties, il sortira du tombeau, pour se réunir, une seconde fois, à la même âme dont il avait été le compagnon pendant la vie, afin de partager son sort éternel. Voilà la ferme espérance qui nous anime, quand nous récitons ces paroles du symbole : Je crois la Résurrection de la chair. Nous disons la Résurrection de la chair et non pas de rhomme, parce que l'homme ne meurt pas tout entiersson âme, qui est incorruptible, ne peut mourir, ni par conséquent ressusciter ; elle ne fait que rentrer en possession du corps, qu'elle avait autrefois animé.

Les impies se sont acharnés de tout temps, avec la plus grande violence, contre ce dogme, parce que leur mauvaise vie actuelle leur fait craindre, et avec juste raison, la vie future ; mais tous leurs efforts sont impuissants pour rébranler, car il s'appuie sur les bases les plus solides, sur la parole même de Dieu, sur la foi constante de rÉglise; les apôtres en faisaient le sommaire de leur prédication, et le but des espérances du chrétien.

Écoutez, c'est le Seigneur qui parle lui-même, par la bouche de ses prophètes : a Vos morts, dit-il à son peuple, ceux qui auront été égorgés , ressusciteront (1). » — « Je sais, dit Job, ce n'est pas un doute, mais je sais de science certaine que mon Rédempteur est vivant, et que je ressusciterai moi-même, au dernier jour; je serai de nouveau revêtu de ma propre chair, et je verrai mon Sauveur de mes propres yeux ; je le crois fermement, et cette douce espérance repose dans mon sein (2). » — David dit en plusieurs endroits que Dieu ne laissera pas ses Saints dans la corruption du tombeau..., qu'il conserve leurs os, et

(l)Is., X'X, 26.

(2) Job., XIX, 25.

qu'il ne permettra pas qu'il s'en perde un seul (1). b — | Les Machabées se consolaient de la mort et de la perte de leui's membres, par l'espérance de les recouvrer (2). » — C'était une vérité si constante,, chez les Hébreux, que celle de la Résurrection des corps, que ceux qui la niaient, foraiaient une secte à part, en s'écartant de la foi commune. On les nommait Saducéens. ]

Cette même vérité brille, dans tout son jour, dans le nouveau Testament. Jésus-Christ dit expressément : « L'heure approche où tous ceux qui sont au fond des tombeaux, entendront la voix du Fils de l'Homme, et ceux qui auront fait le bien, s'avanceront pom* ressusciter à la vie, et ceux qui auront fait le mal, ressusciteront pour être jugés (3). » Saint Paul nous donne les détails de ce spectacle surprenant. « En un moment, dit-il, en un clin d'œil, au dernier son de la trompette, les morts ressusciteront pour ne plus mouiùr (4). » Et, dans le même chapitre, il nous présente la Résurrection de Jésus-Christ comme le gage de la nôtre, et voici à peu près son raisonnement : a Jésus-Christ est ressuscité, donc nous ressusciterons, car n'est-il pas juste que les membres suivent le sort et la gloire de leur chef ? et son bonheur serait-il complet, si, pendant qu'il serait dans la jouissance de tous les biens, ses membres restaient j ensevelis dans la corruption du tombeau ? » Aussi appelle- 1 t-il Notre-Seigneur les prémices des morts, ou le premierné d'entre les morts (5); or, les prémices supposent des i suites, et le premier-né des morts, ou le premier ressus- | cité , en indique d'autres qui ressusciteront après lui. Ce

(t) Psal. xxxiii, 20

(2) II. Mach., VII, 6.

(3) El procèdent qui bona feceront in resurrectionem vilae, qui verô mala, io resurrectionem judicii. ioan., v, 2S.

(4) I. Cor., XV, 12.

(5) Priraiiiae dormienlium, I. Cor., xv, 20. — Pnmogenitna ex ODorluis. Coloi^t i, 18'

firand apôtre est tellement convaincu de la certitude de notre Résurrection, qu'il en parle comme d'une chose déjà faite (1). De même donc que nous sommes tous morts en Adam, de môme nous recouvrerons tous la vie en Jésus- Christ ; et, alors, nous pourrons faire entendre ce chant de triomphe : « 0 mort, où est ta victoire? ô mort, où est toc aiguillon (2) ? »

Laissons donc les libertins et les incrédules mettre leurs espérances dans le néant, et se ravaler au niveau de la brute ; laissons-les dire que tout meurt avec l'homme, et en conclure qu'on n'a rien de mieux à faire ici-bas que de suivre ses penchants, que de rire, boire et manger, comme les animaux qui n'attendent rien au delà du trépas; pour nous, notre foi est solide : Je sais, peut dire chacun de nous, que mon Rédempteur est vivant et que je ressusciterai au dernier jour (3).

Mais, outre cette ferme assurance que nous tirons des lumières de la révélation, la raison elle-même ne nous ditelle pas que ce corps, qui a participé au bien et au mal que l'âme a fait, doit entrer aussi en participation de sa récompense ou de sa peine (4)? Quoi ! ce corps que Dieu lui-même a formé de ses mains, animé de son souflle, embelli de ses grâces et sanctifié par sa présence ; ce corpsj véritable chef-d'œuvre de sa sagesse, dont Jésus-Christ a fait tant de fois son sanctuaire et qu'il a nourri de sa chair divine et de son sang précieux ; ce corps, après avoir reçu tant de faveurs signalées, tomberait en dissolution, et

(1) Conresuscilavit et consedere fecil in Christo in cœlestibus, Eph., II, 6. ,

(2) 0 mors, ubi est Victoria tua? 0 mors, ubi est stimulus tuus? I. Cor., IV, 55.

{3) Scio quôd Redemplor meus vivil, et in novissimo die de terra •orrecturus sum. Job., xix, 25.

(4) Ut referai unusquisque propria corporis, prout gessil, sive bo- BQm, sive malum. II. Cor., v, 10.

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