II
serait éternellement abandonné aux vers et à la poussière, comme s" il n'était pas au pouvoir du Très-Haut de le conserver ou de le rétablir! Quoi! ce corps qui a porté sur lui-même la mortification de Jésus-Christ, ces membres qui ont été l'instrument de tant de bonnes œu\Tes, cette bouche d'où sont sorties tant de paroles de ferveur, ces mains si souvent élevées vers le ciel, pour porter l'hommage de l'adoration jusqu'au trône de la Majesté suprême, ou étendues vers les pau\Tes et les affligés, pour essuyer leurs larmes et soulager leur indigence ; en un mot, ce corps, qui s'est épuisé de forces et consumé tout entier au service de Dieu et du prochain, serait, pour récompense, voué à une éternelle destruction ! Comment pourrais-je le croire? J'ai de trop hautes idées de la bonté de mon Dieu, et j'aime à penser qu'ayant partagé les travaux et les vertus de l'âme, il lui sera de nouveau associé, pour partager sa gloire et sa félicité. Et, d'un autre côté, n'est-il pas de toute justice que ces membres d'iniquité, qui ont servi au vol, au meurtre, au brÏL^u^idage, au blasphème, à la luxure, à des abominations de toute espèce^ éprouvent les mêmes tourments que l'âme de\Ta subir?
Nous ressusciterons donc tous, grands et petits, riches et pauvres, savants et ignorants, maîtres et serviteurs, justes et pécheurs; dans quelque condition que la divine Providence nous ait placés, nous ressusciterons tous, avec cette même chair dont nous sommes revêtus, avec ces mêmes yeux, ces mêmes mains, ces mêmes organes que nous avons maintenant, sans autre distinction que celle de nos œuvres bonnes ou mauvaises.
0 spectacle imposant ! Au son de la trompette fatale, qui retentira jusque dans le creux des tombeaux, tous ces morts, depuis longtemps ensevelis, se relèveront de leur couche funèbre ; le souffle de Dieu ranimera ces os desséchés, et la multitude des enfants d'Adam se trouvera à l'instant rassemblée.
Mais quoi ! disent les incrédules^ sera-t-il possible à Dieu de retrouver, dans le vaste sein de la nature, les éléments épars de nos corps ? Comment pourra-t-il rassembler tant de parties imperceptibles, qui se seront décomposées et transformées de mille manières, qui auront servi de nourritui'e aux plantes , aux animaux , à d'autres hommes, qui se seront introduites dans une infinité de substances? N'est-ce pas là un prodige, où l'esprit humain se perd? — Qu'entends-je ? répond TertuUien (1), je crois qu'on voudrait douter de la puissance de Dieu. Celui qui a pu créer de rien nos corps, ne pourra-t-il pas les former une seconde fois de leur propre matière? Qui l'empêchera de rétablir ce qui était déjà, puisqu'il a pu faire ce qui n'avait jamais été? Oh ! qu'il sera facile à la parole créatrice de rétablir son ouvrage ! Dieu n'a qu'à vouloir, et, au moindre signe de sa volonté, les antres de la terre, les abîmes de la mer rendront les débris de nos corps, quelque altération qu'ils aient subie, dévorés par les vers, engloutis dans les eaux, consumés par le feu, évaporés dans les airs; et tous ces membres dispersés en tant d'endroits, mais dont la moindre parcelle n'a pu périr sous l'œil de Dieu, se remettront à leur place et reprendront leur première forme * (2).
Dieu a voulu que la nature elle-même nous offrît une infinité d'images de la Résurrection. Nous n'y voyons partout que mort et résurrection continuelle. Toutes choses, dit TertuUien, se conservent en périssant ; toutes choses revivent en mourant (3). Voyez les plantes et les arbres, qui semblent morts pendant l'hiver, reverdir et refleurir au printemps. Voyez ce grain de blé, enseveli dans le sillon :
(1) Tertul., ApoL, c. xlviii.
(2) El dédit mare morluos Et mors etinfernus dederunt raor-
tuos suos et judicalum est de singulis. Àpoc, \i, 13,
(:0 Omnia pereundo servantur; omnia de interitu reformantur. Tertul ., ApoL, e. xlviii.
tti TREIZIEME LEÇON.
qui pourrait croire, s'il ne Tavait jamais vu, si une expérience joui'nalière ne le lui prouvait, qu'il se relèvera, sous peu de jours, en une verte tige, pour se reproduire à l'infini ? Et ce ver si connu, qui nous fournit de si riches vêtements, ne rènaît-il pas de son germe mort toute Tannée ? Eh quoi donc ! continue Tertullien, tout ressuscitera dans la nature en faveur de l'homme, et Thomme, en faveur de qui tout ressuscite, ne ressusciterait pas lui-même ! Mais louez le Seigneur, s'écrie Isaïe, ô vous qui dormez dans la poussière, parce que la rosée qui tombe sur vous est une rosée de lumière (i); et vos ossements se ranimeront comme Therbe qui refleurit (2).
D. Y aura-t-il quelque différence entre les corps des Bienheureux et ceux des damnés ?
R. Oui, il y aura une grande différence : les corps des Bienheureux seront brillants de gloire et impassibles, au lieu que les corps des damnés feront horreur et brûleront éternellement dans l'enfer.
Nous ressusciterons tous, dit le grand apôtre ; mais nous ne serons pas tous changés (3). Il y aura une différence énorme entre les prédestinés et les réprouvés. Les uns se réveilleront pour la vie éternelle, et les autres pour un opprobre éternel (4). Ceux qui n'auront semé que corruption dans leur chair, que pourront-ils se promettre qu'un truit de honte et de coriuption (5) ? Les méchants conserveront cette chair qu'ils ont tant flattée ; mais, hélas ! quel affreux
(1) Laudale qui babiUtis in pulvere, qaia ros lucis ros tuas. /»., XXVI, 19.
(2) El ossa vestra germinabunl. /»., lxvi, 14.
(3 Omîtes quidem resurgemus, sed non omnes immutabimur. I. Cor., XV, 51.
(4) Et muiti de bis qui dormiunt in lerrae pulvere, evigilabunt, alii in viiam aeternam, et alii in opprobrium. Dan., xii, 2.
(5) Qui séminal in carne suà, de carne ei melet corruptionem. Gai., VI, 8.
changement dans ces beautés si vantées, qui auraient eu peur de se faner par un jour de jeûne, par une légère pratique de mortification ! Et ces corps engraissés dans les délices de rÉgypte, et qui se délectaient dans la mollesse et les parfums, que sont-ils devenus? 0 Dieu ! quelle horreur! quels cadavres hideux ! Voyez empreintes sur leur visage et sur tous leurs membres, Timage de leurs crimes et les traces de Tignominie dont ils se sont souillés. Voyez-les, la fureur dans les yeux, le blasphème à la bouche, les lèvres crispées par le désespoir. Ressuscites, non pour la vie, mais pour une mort éternelle, ils exhalent l'infection ; et ils vont servir de pâture aux feux vengeurs de l'enfer.
Détournons nos regards de cet affreux spectacle, pour les porter sur la belle et radieuse tribu des enfants de Dieu. Ils n'ont pas ménagé leur chair, quand il s'agissait de la gloire du Seigneur et des devoirs de la religion ; et maintenant quelle heureuse transformation s'est opérée en elle ! Ce corps, qui a été déposé dans la terre comme une semence, était plein de corruption, et il ressuscite incorruptible; il était plein de misères et il se relève plein de gloire ; il était plein de faiblesses et d'infirmités, et il ressuscite plein de vigueur et de force (i). Enfin, c'était un corps animal, grossier, assujetti aux besoins de la vie, et il ressuscite tout spirituel et tout céleste. Voilà donc quelles seront les quatre qualités des corps glorieux, l'impassibilité, l'agilité, la subtilité, la clarté.
1" L'impassibilité. Désormais plus de ces alternatives de santé et de maladie, de froid ou de chaud; plus de faim, plus de fatigue, plus de corruption, plus de mort; mais un état continuel de plaisir et de douce satisfaction (2).
(1) Surgel in incorruplione surget in gloriâ surget in vir-
tute. I. Cor., XV, 42, 43.
(2) Non esurienl, neque silienl ampliùs, neque cadt-l super illos sol, neque uilus aeslus. — 3Iurs ullrà non erit, neque luctus, neque clamer, neque dolor erit ullrà. ylpoc, vu, 15; xxi, 14.
2o V agilité. Au lieu de cette masse grossière^ aux mouvements si lourds et si lents, que nous traînons avec tant de peine pendant les tristes jours de notre mortalité, les prédestinés auront un corps d'une agilité extrême, qui leur permettra de se transporter d'un lieu à un autre avec la plus grande promptitude, avec la rapidité de Téclair, et cela sans peine et sans effort (1).
3° La subtilité. Cette chair terrestre, qui nous sert actuellement d'enveloppe, sera, en quelque sorte, spiritualisée. Ce sera pourtant une chair, dit saint Augustin, et non pas un esprit (2); mais, tout en conservant sa nature, elle aura acquis des propriétés si énergiques qu'aucun obstacle matériel ne sera capable de l'arrêter, qu'elle pourra pénétrer les corps les plus compactes et les plus solides, sans les rompre, comme la lumière traverse le verre sans le briser. C'est ainsi que Notre-Seigneiu', après sa Résurrection, entra dans le cénacle, quoique les portes en fussent fermées.
40 La clarté. Jésus-Christ changera le corps de notre abaissement, en le rendant semblable à son corps glorieux (3). On n'y remarquera donc plus aucun de ces défauts, aucune de ces imperfections dont le péché les a déparés, aucune de ces ombres dont il a obscurci cette belle image du Créateur. Tous, ceux-là même que nous trouvons ici-bas les moins partagés des avantages de la nature, seront beaux comme la lune, brillants comme le soleil. Cependant chacun aura un degré de gloire proportionné à ses mérites. Car, dit saint Paul (4), autre est la clarté du soleil, autre celle de la lune, autre celle des étoiles, et, parmi les
(1) Assument pennas sicut aquilae ; currenl et non laborabunt; ambulabunl el non déficient. Is., il, 31.
^2) Caro spiritalis ; sed tamen caro, non spiritus. D. Aug., De eivit., 1. XXII, c. XXI.
(3) Reformabit corpus humililutis noslrœ configuratum corport claritatis suct. l'hilip., m, 21.
(4) Alia claritas solis, alia clarilas luna?, et alla clarilas stellarum. I. Cûr., IV, 41.
RÉSURRECTION DE LA CHAIR. iT5
étoiles, les unes sont plus brillantes que les autres, lien sera de même des Bienheureux, qui tous resplendiront dans réternité d'un éclat plus ou moins vif, selon la diversité de leurs vertus. Les martyrs porteront les cicatrices dps coups qu'ils auront reçus pour la foi, radieuses comme les plaies de Jésus-Christ; on verra sur le front des prêtres et des pontifes l'auguste caractère de leur sacerdoce; et tous, pleinement satisfaits de leur gloire, jouiront d'un bonheur parfait*.
Voyez maintenant de quel côté vous voulez être, avec les élus ou avec les pécheurs? Le choix ne saurait être douteux; mais il dépend entièrement de vous. Si vous aimez réellement votre chair, rendez-la digne de la Résurrection glorieuse. Ce n'est pas en la nourrissant délicatement, en la couvrant de parures, en l'idolâtrant, que vous travaillerez à son bonheur, mais plutôt en l'assujettissant à l'esprit, en la.-endant conforme à l'image du Fils de Dieu. Voulez-vous que vos corps soient une semence qui fructifie pour la gloire , faites-en des instruments de justice, de pénitence, de toute sorte de bonnes œuvTes, et surtout sanctifioz-les par la fréquente participation au corps de Jésus-Christ, qui doit être pour eux le gage de la bienheureuse immortalité.
Tel est le dogme de la Résurrection, source inépuisable de consolations pour le chrétien fidèle. Est-il, en effet, rien de plus doux que de penser que ce corps, auquel nous sommes si intimement unis, que nous ne pouvons nous empêcher d'affectionner, alors même que nous le mortifions par la pénitence, après avoir été quelque temps la proie de la mort, renaîtra de ses cendres, pour prendre un éclat tout surnaturel? 0 vous donc, qui êtes si sensibles à la perte de vos proches, de vos amis, ne vous affligez pas outre mesure , comme ceux qui ne voient rien au delà de la tombe (1). Ces tendres liaisons, ces sociétés aimables qui
(1) Non contristemiDi 8icat et cseteri qui spem non habent. l. Thess., rv, 12.
ont pour vous tant de charmes, hélas! il faut bien les rompre tôt ou tard ; mais soyez justes, soyez pieux, soyez saints, et un jour vous pourrez les renouer dans un monde meilleur, où le plaisir sera pur, sans amertume et sans aucune crainte.
0 vous qui êtes continuellement ici-bas le jouet de Tinfortune, dont les corps sont usés par un travail pénible, exténués par la faim, courbés vers la terre pour en arracher avec de longs efforts le pain de chaque joiu*, consolez-vous par la pensée de la Résurrection future (1)
Et vous que la maladie consume, vous que de longues incommodités ou des douleurs violentes affligent, quand même vous seriez comme Job couverts de cet ulcère affreux, qui défigurait son corps et m faisait un tas de pourriture et une fourmilière de vers, votre état serait bien déplorable, sans doute; mais, si vous souff'rez avec patience, par amour de Dieu, consolez-vous, comme Job, par la pensée de ce Dieu Sauveur, qui renouvellera votre corps et le rendra aussi brillant que les étoiles du firmament.
Enfin, vous tous que la vue d'une mort prochaine afflige, consolez-vous, en pensant ((ue le tombeau ne sera que le creuset, où le corps sera dépouillé de tout alliage impur, pour prendre la forme la plus belle, la plus noble, la plus glorieuse •.
TRAITS HISTORIQUES
1. Dieu, voulant autrefois donner au prophète Ezéchiel une vive idée de sa grandeur et de sa toute-puissance, lui envoya une- magnifique et sublime vision, qui a été de tout temps célèbre dans l'Église, et que nous rapportons ici comme une brillante figure de la Résurrection des corps. L'Esprit de Dieu emporta donc Ezéchiel au milieu d'une grande campagne, pleine d'une multitude innombrable d'os de morts, desséchés depuis fort longtemps. Il lui fit faire le tour de
(1) Consolamini invicem in verbis islis. I. Thes$., iv, !î.
cette campagne, et lui demanda : « Prophète, pensez-vous que ces os revivent? » — • « Vous le savez, Seigneur, répondit Ezéchiel. » Alors Dieu lui ordonna de commander à ces os de s'approcher les uns des autres, et de reprendre leur place naturelle. El aussitôt Ezéchiel se mit à prophétiser sur ces os, et leur dit : « Os arides, écoutez la parole du Seigneur. > Dés qu'il leur eut intimé la volonté du Très- Haut, voilà que tout fut ébranlé ; les os s'approchèrent les uns des autres, chacun à sa jointure, avec un bruit effroyable. Les nerfs, les muscles, les chairs et la peau les recouvrirent ensuite, et ils formèrent des corps parfaits ; mais l'esprit de vie n'était pas encore en eux. Le prophète, par l'ordre de Dieu, fit entendre de nouveau sa voix, etaussitôl le même esprit, qui anima autrefois le premier homme nouvellement formé de la terre, s'éleva des quatre vents, souffla sur ces morts ; ils reprirent tous la vie, et une armée innombrable se leva sur ses pieds. Et le Seigneur dit à Ezéchiel : « Fils de l'homme, ces os sont toute la maison d'Israël ; ils disent : Nos os ont séché, notre espérance s'est évanouie, et nous avons été moissonnés. C'est pourquoi prophétise, et dis-leur: Voici ce que dit le Seigneur Dieu: J'ouvrirai vos tombeaux, et je vous tirerai de vos sépulcres; et vous «aurez que je suis le Seigneur. » Ezéch., c. xxxvii.
Tel est le tableau de la Késur.ection générale, que Dieu mit autrefois sous les yeux de son Pr tpliéle ; et ce qui n'eut alors lieu qu'en vision, arrivera à la fin des temps en toute réalité.
Nous trouvons encore une autre image de la Résurrection dans ce feu sacré que les prêtres, par ordre de Jérémie, cachèrent avant la captivité de Babylone, au fond d'une citerne desséchée, et qui fut, plus de deux cents ans après, miraculeusement reproduit. Le :aint homme Néhémie, inspiré de Dieu, envoya les descendants de ces prêtres en faire la recherche dans l'asile secret et profond, où il avait été déposé. Mais ils ne purent en rapporter qu'une eau épaisse et fangeuse. Néanmoins , pleins de confiance en Dieu et dociles à l'ordre de Néiiémie, ils répandirent cette boue sur l'autel qui avait été préparé; et tout à coup le soleil, sortant d'un nuage et frappant de ses rayons cette eau impure, fit jaillir le feu caché sous cette boue, qui se changea aussitôt en une flamme éclatante. Ce prodige ravit d'admiration tous les spectateurs; et le roi de Perse, en ayant eu connaissance, fit murer le lieu où le feu avait été caché, et accorda aux prêtres de grands privilèges.
Ainsi, quand on porte ses regards dans la profondeur des tombeaux, on n'y trouve poinlcette étincelle de vie qui animait ces corps, qui ne sont plus que cendre et poussière ; mais, au moment où le soleil de justice viendra frapper de ses rayons ce limon fangeux et linonder de sa lumière vivifiante, on verra ce feu sacré se rallumer
178 TREIZIÈME LEÇOiN.
dans un clin d'œil, et l'univers étonné sera dans l'admiration d'un ■pectacle si ravissant. Mérault, Enseig. de la rel.
2. Vers de terre en ce bas monde, chrysalides dans le tombeau, eomme le papillon qui ne prend ses ailes si brillantes qu'après s'être traîné dans la poussière, nous lecevrons, au grand jour de la Résurrection, une forme toute nouvelle, une forme lumineuse et triomphante, pour nous envoler vers la céleste demeure.
Dieu a voulu nous faire connaître cette perfection des corps après la Résurrection, en préservant certains corps de toute corruption, en leur donnant un grand éclat, en corrigeant, à l'heure de leur mort, tous les défauts qu'ils pouvaient avoir. Lorsque saint Martin fut mort, sa figure devint resplendissante ; tout le monde s'écriait : « C'est un ange. » Lorsque saint François d'Assise eut rendu son âme à Dieu, tout ce qu'il pouvait avoir de défectueux dans son corps, changea : les rides de la vieillesse disparurent, la beauté du jeune âge brillait sur sa figure, ses yeux étaient si naturels que personne ne pouvait se figurer qu'il fût mort; tout le monde courait en foule pour le voir ; c'était une image parfaite d'un corps glorieux. Blosius, qui rapporte ce fait, dit que jamais on n'avait rien vu de plus admirable ; on ne pouvait en croire à ses yeux, et bi«n plus, ce §orps resta tel, sans éprouver la corruption ordinaire.
Traité sur le Credo.
3. C'est cette ferme espérance de la Résurrection, qui soutenait les sept jeunes frères Machabées, ces généreux martyrs de l'Ancien Testament, que l'impie Antiochus voulait contraindre à manger de la chair de pourceau, contre la défense expresse de la loi. Comme ils témoignèrent être prêts à mourir plutôt que de transgresser le commandement du Seigneur, le roi leur fil souffrir, à tous, les supplices les plus cruels. Le premier eut la langue coupée ; on lui arracha la peau de la tête, et, comme il respirait encore, on le jeta dans une chaudière brûlante. Le second, étant sur le point de rendre l'esprit, dit au roi : « Vous nous faites perdre, ô très-méchant prince, la vie présente ; mais le Roi du monde nous ressuscitera un jour pour la vie éternelle. » Le troisième dit aussi avec confiance : « J'ai reçu ces membres du Ciel ; mais je les méprise maintenant pour la défense des lois lie Dieu, parce que j'espère qu'il me les rendra un jour. > Le quatrième parla en ces termes : « Il vaut mieux être tué pour obéir à Diou, que de vivre en lui désobéissant ; nous espérons qu'à la Résurrection, Dieu nous rendra glorieux ces corps que nous avons reçus de lui. » Le? trois autres montrèrent une égale intrépidité. Et leur mère, plus admirable qu'on ne peut dire et digne de vivre éternellement dans la mémoire des hommes, souffrait avec constance leur mort, à cause de l'espoir qu'elle avait en Dieu, et elle lesexhor-
lait par des paroles furies et pleines de sagesse, joignant nn courage mâle à la tendresse d'une femme. Elle fui immolée la dernière.