‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 3)Chapitre 4 sur 39 · PERPÉTUITÉ DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

PERPÉTUITÉ DE L'ÉGLISE

etduFils,et du Saint-Esprit... et voilà que je suis avec vous tousles jours, j usqu'à laconsommation des siècles ( l ) . » N'estce pas là la promesse la plus expresse d'une protection efficace, d'une assistance continuelle ? Jésus-Christ sera donc avec ses ap' très, non par intervalles, non pour un temps, mais toujours, jusqu'à la consommation des siècles : a Je (ï serai avec vous, leur dit-il, avec vous enseignant, avec a vous baptisant, avec vous apprenant aux fidèles à garder « tout ce que je vous ai commandé. » Il promet donc de diriger leur enseignement, de te rendre fructueux, et de les soutenir contre tous les obstacles qui pourraient les effrayer, de telle sorte qu'ils puissent défier hardiment leurs ennemis et leur dire avec le Prophète : a Tenez conseil, et il sera dissipé; parlez ensemble pour conspirer notre perte, et il ne s'en fera rien, parce que le Seigneur est avec nous (2) . »

Mais, remarquons-le bien, les apôtres étaient hommes, et ils devaient mourir comme les autres hommes, et cependant Jésus-Christ leur recommande de oaptiser et d'instruire jusqu'à la consommation des siècles, et il leur promet pareillement d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles. Ces paroles ne regardent donc pas seulement les apôtres, mais encore leurs successeurs; il y aura donc toujours un corps de pasteurs et de docteurs, qui tiendront la place des apôtres et que Jésus-Christ animera de son esprit ; il y aura donc, jusqu'à la consommation des siècles, une Église qui croira et enseignera tout ce que Jésus-Christ a commandé de croire et d'enseigner; et, si cette Eglise cessait d'être un instant, au même instant le firmament s'écroulerait, et ce serait la fin du monde *.

Certes, c'est une chose étonnante que cette société éter-

(1) Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consommationem saeculi. Math., xxviii, 20.

(2) Inile consilium et dissipabitur , quia nobiscum Deu3.

viii, la

nelle, tandis que les plus florissants empires tombent ; immuable, tandis que tout change sous le soleil. Mais Jésus- Christ en faisant cette promesse à son Église , donne aussi à sa parole cet inébranlable fondement : a Toute puissance m'est donnée dans le ciel et sur la terre (1). »

Toutefois, reconnaissons-le, quoique l'Église ne puisse jamais être entièrement renversée dans ce vaste univers, il peut arriver qu'elle quitte un pays pour s'établir dans un autre. Et, en eff'et, que sont devenues ces églises autrefois si célèbres de Pergame, d'Éphèse, d'Antioche, d'Alexandrie ? Hélas ! à peine s'il en reste quelques vestiges. Lorsqu'un peuple ingrat abuse du flambeau de la foi, alors Dieu le lui retire ; il ne l'éteint jamais, mais il le donne à un peuple, qui saura mieux profiter de sa lumière. Fasse le ciel que notre bien-aimée patrie n'éprouve jamais un tel malheur!

De cette perpétuelle durée de l'Église, nous tirons un argument terrible, écrasant, contre toutes les hérésies, et en particulier contre les protestants. Car, pouvons-nous leur dire avec justice, vous n'avez pas toujours existé ; vous n'ôtes que d'hier. Où étiez-vous avant Luther, avant Calvin ? Quand votre église s'est formée, elle n'est entrée en communion avec aucune autre église précédemment établie ; mais, au contraire, elle a rompu violemment avec toutes les églises chrétiennes qui étaient alors sur la terre. Donc, évidemment, vous n'êtes pas la véritable Église de Jésus-Clirist. Et alors les protestants sont forcés de dire que l'Église n'existait plus, qu'elle avait péri ; parole, dit saint Augustin, qui n'a ni sel ni lumière de sagesse; et dans quel Évangile, dans quelle prophétie ont-ils trouvé qu'elle dût tomber en ruine? Quoi ! malgré la parole de Jésus- Christ, elle eut été infectée d'erreurs et d'idolâtrie ! elle eût été entièrement abolie jusqu'à ce que Luther et Calvin vinssent pour la relever !

(1) Data est mibi omois potestas in cœlo et in terrJL. Math,, ZSLVIII, (3.

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