VIRGINITÉ DE MARIE
avant la célébration de son mariage, avait fait vœu de virginité perpétuelle, et cela, du consentement de son futur époux, qui, de son côté, se résolut à vivre dans une inviolable continence. Un engagement aussi saint, loin de nuire à leur union, ne fil qu'en «"esserrerles nœuds ; mais le démon fut jaloux de leur bonheur, et se servit de la calomnie pour le troubler. L'empereur se laissa séduire et conçut des soupçons désavantageux à la fidélité de son épouse. L'impératrice fut moins affligée de l'humiliation qui lui revenait de la calomnie, que du scandale qui en résultait. Elle mit en Dieu toute sa confiance; et, pour prouver qu'elle était innocente du crime dont on l'accusait, elle marcha nu-pieds sur des socs de charrue qu'on avait fait rougir, sans en recevoir le moindre dommage. Henri, frappé de ce qui venait d'arriver, s'accusa d'un excès de crédulité et demanda pardon à l'impératrice. Depuis ce temps-là, ils vécurent l'un et l'autre dans l'union la plus intime, cherchant en tout les moyens de procurer la gloire de Dieu, et de contribuer à l'accroissement de la piété.
QUATRIÈME LNSTRUCTION.
Marie, mère de Dieu. — Marie, vierge avant, pendant et après so» enfantement, — Gratuité de la Rédemption.
D. Quelle est la mère de notre Seigneur Jésus-Christ? R. C'est la sainte Vierge.
Marie est la mère de Jésus-Christ, parce qu'elle Ta conçu et porté pendant neuf mois dans ses chastes entrailles, et qu'elle Ta mis au monde. C'est en elle et par elle que le Fils de Dieu est né, selon la chair, du sang de David (1).
De ce que Marie est mère de Jésus-Glirist, quelle conséquence admirable! Il s'ensuit évidemment qu'elle est mère de Dieu, puisque Jésus-Christ est Dieu. Nous n'entendons pas dire que Marie ait enfanté la Divinité, ce serait absurde; une nature éternelle ne peut venir d'une créature. Mais il
(1) Faclus est ei ex semine David, secundùm carnem. Rom., i, 3.
n'en reste pas moins vrai que Marie est mère de Dieu^ selon toute I& propriété du ternie^ parce qu'elle a conçu el enfanté un fils, qui est à la fois Dieu et homme. Et, en effet, de même qu'on ne dit pas d'une femme ,:îu'elle est seule- , ment la mère du corps de l'homme, mais de tout l'homme, ; quoique cependant elle n'ait contrihué en rien à la forma- ■ tion de l'âme, de même aussi, quoique Marie n'ait pas produit la Divinité, nous ne disons pas qu'elle est mère seulement de l'humanité de Jésus-CLfist, mais nous l'appelons mère de Dieu, comme elle l'est réellement, puisque Jésus- Christ, son fils, est aussi véritablement Dieu, qu'il est véritablement homme, et qu'en lui la Divinité et l'IIumaniténe forment qu'une seule personne ; et cette personne étant Dieu, par une conséquence inévitable, Marie est mère de Dieu.
L'Église, dès le commencement, s'était plu à honorer Marie sous ce nom glorieux, lorsque parut cet impie, nommé Nestorius, qui osa disputer à Marie sa plus belle prérogative. Il lui accordait d'ailleurs tout ce qu'on peut imaginer de titres spécieux et honorables; mais qu'elle fût absolument et sans restriction mère de Dieu, il ne voulut jamais en convenir. Toute l'Église, les simples fidèles comme les pasteurs, fut effrayée de ses blasphèmes : un concile général se tint à Éphèse, où l'honneur de Mairie fut vengé, et le titre de Mère de Dieu, dont elle avait toujours été en possession, lui fut définitivement attribué par la décision la plus solennelle. La ville d'Éphèse, si attachée au culte de Marie, en tressaillit de joie; le nom de Marie, de Marie, mère de Dieu, retentit dans toutes les rues; on brûla des parfums, l'air fut éclairé de mille feux, les Pères du concile furent comblés de bénédictions et conduits en triomphe. Toute l'Asie, tout l'univers chrétien redoubla de zèle et d'ardeur, pour honorer la Vierge qui avait enfanté soji Créateur. Cependant Nestorius, opiniâtre dans son erreur, vécut dans l'opprobre; sa langue, qui avait si audacieusement blasphémé contre la Reine du ciel, fut rongée de vers; son