‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 4)Chapitre 33 sur 66 · VIRGINITE DE MARIE. 26Î · texte numérisé non relu

VIRGINITE DE MARIE. 26Î

corps se pourrit tout vivant^ et enfin il termina sa misérabk vie par une mort encore plus misérable.

Tout en proclamant que Marie est mère de Dieu, nous n'en faisons pas pour cela une divinité ; c'est une grossièn calomnie que les protestants ont inventée pour dénigrer rÉglise romaine. Nous ne la regardons et nous ne Thonorons que comme une pure créature, qui tire toute sa gloire de la grâce de Dieu, du choix que le Verbe divin a daigné faire d'elle, pour s'incarner en ses chastes entrailles.

Cependant, sans prétendre égaler Marie à Dieu, quelle n'est pas du reste sa dignité ! Pourrions-nous jamais nous en former une assez haute idée ? Marie elle-même, dit saint Bernard, n'a jamais pu la comprendre dans toute son étendue, ni l'expliquer (1). Dignité nouvelle que Dieu a créée sur la terre, dignité infinie qui surpasse toute la gloire des anges et des plus sublimes séraphins, qui Téclipse entièrement comme le soleil éclipse la clarté des étoiles; enfin, dignité telle que Dieu lui-même ne saurait en faire une plus éminente; car à quel plus haut point de grandeur et d'excellence peut-il élever une créature, que de la rendre mère de Dieu?

Mais ce qui étonne, ce qui confond entièrement nos idées, mais un prodige nouveau et singulier, c'est que Marie est, à la fois, mère et vierge, mère de Dieu et cependant vierge par excellence, sans que sa virginité ait empêché sa fécondité, sans que sa fécondité ait nui à sa virginité *.

C'est un point de foi, que l'Église a constamment défendu contre les hérétiques, que Marie a été vierge avant, pendant et après son enfantement.

1* Elle a été vierge et la plus parfaite des vierges avant son enfantement. Et ici rappelons-nous la célèbre prédiction d'Isaïe, qui avait annoncé, comme le plus étonnant des miracles, qu'uno vierge concevrait et enfanterait l'Emmanuel, le Dieu Sauveur (2). Marie a été cette créature privilégiée que

(1 ) Audacter dico quôd nec ipsa plané Maria poluilexplicare. Z? JBef». (i) Ecce Virgo concipiet M pviet filium. Is., vu, 14.

Dieu avait prédestinée pour l'associer à la tres-pure génération de son Verbe. Aussi^ lui inspira-t-il un goût si exquis pour la chasteté qu'elle en fit vœu dans un temps où cette vertu, loin d'être en honneur, était plutôt regardée comme une espèce d'opprobre. Si elle s'unit à Joseph par le liensacré du mariage, ce ne fut que pour avoir en lui une consolation, un appui, un protecteur ', c'est à cause de son vœu de virginité, qu'elle ne comprenait rien à la nouvelle que lui appor^ tait l'ange, en lui annonçant que Dieu l'avait choisie pour enfanter un fils qui serait le Sauveur, a Je ne connais pas d'homme, répondit-elle (l) ; » et, en même temps, son amour pour la pureté était à l'épreuve des plus magnifiques promesses, et dans un degré si éminent qu'elle ne voulut point acheter l'honneur incomparable d'être la mère de Dieu, au prix de sa virginité. Si donc elle a conçu, c'est un miracle singulier de la Toute-Puissance divine, où il n'entre rien de la corruption de l'homme. Aussi voyons-nous que saint Joseph en fut tout étonné, et même qu'il était disposé à la quitter, si un ange ne l'eût averti que ce qui était en elle, était du Saint-Esprit, et que, par conséquent, son épouse était toujours vierge. Nous pouvons donc, en empruntant le langage figuré de l'Écriture sainte, dire en toute vérité que Marie a toujours été cette toison pure et sèche, au milieu des eaux corrompues qui inondent la terre, qu'elle a été cette nuée sans tache où le soleil de justice a pris plaisir de former son image, et que sa fécondité n'a fait que la rendre plus pure.

2" Marie a été vierge pendant son enfantement. Isaïe n'avait pas seulement prédit qu'une vierge concevrait, mais encore qu'elle enfanterait (2). Ainsi la naissance de Jésus a été aussi ^niraculeuse que sa conception divine. Tous les saints Pères nous enseignent que, de même que la lumière franchit le verre sans le briser, de même le Fils de Dieu est

(i) Virum non cognosco. Luc, i, 34.

(2) Ecce Virgo concipiet et pariet. Is., vu, U.

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