PRÉSENTATION AU TEMPLE
sacrifice que nous devons faire de nos personnes au souverain auteur de notre être, en travaillant continuellement pour sa gloire, et en ne produisant, par conséquent, que des œuvTes de lumière, afin que le Père céleste soit honoré en tout ce que nous faisons.
TRAITS HISTORIQUES
1. Les enfants apparliennenl à Dieu avant d'appartenir à leurs pa* rents. C'est ce que nous indiqua clairement notre première mère, lors* qu'après avoir mis au monde son premier-né, elle s'écria : «Je possède « un homme par la grâce de Dieu ; » comme si elle avait voulu dire par là : « Je ne considère point cet enfant, ô mun Dieu, comme le « fruil de la nature, mais comme le don de la grâce ; vous me l'avez « donné, je vous le rends, et vous prie de le conserver comme une i chose qui vous appartient, vous conjurant en même temps de ne « pas dédaigner d'être le père et de la mère et de l'enfant, comme « vous êtes le créateur de l'un et de l'autre. > Sur ce point, Eve a offert l'image de ce que devaient faire toutes les mères, vérilablement animées de l'esprit de piété. Aussi, chez les Juifs, les parents religieux se faisaient-ils un devoir de consacrer leurs enfants au Seigneur, dés leur naissance ; quelquefois même ils s'en séparaient pour les dévouer entièrement à Dieu dans le temple, où ils étaient destinés à servir les prêtres et les lévites, dans les fondions de leur ministère. C'est ainsi que la mère de Samuel, après avoir obtenu du Ciel un enfant, à force de larmes et de prières, se priva volontairement de la consolation de le voir et de le garder, pour le rendre au Seigneur, de qui elle le tenait. Elle voulut qu'il fût élevé par des personnes consacrées au ministère des autels, et que, dès son enfance, la maison du Seigneur fût son unique habitation, afin que la piété lui devînt comme naturelle. « J'ai prié Dieu de me donner cet enfant, disait-elle, et je « le lui remets entre les mains, pour qu'il y demeure tant qu'il vivra. » Dieu bénit la piété de celte mère si sainte, non-st^ulement en lui donnant un grand nombre d'enfants pour ce fils uni.]ue qu'elle lui avait consacré, mais encore en rendant depuis ce même Samuel, qui n'était alors qu'un petit enfant, l'interprète de sa volonté, le gouverneur de son peuple, la terreur des ennemis de son nom, le maîlre des rois, le juge de Saiil, le protecte n- de David, et enfin l'un des plus grands hommes qui aient jamais été dans le monde.
Sagy, Rois, CiiSp. I.
3 24 BUITIÈME LEÇON
'-•vn:l,;en dp pères et de mères qui, au milieu des lumières du chrislînisme, n'ont que des vues humaines el terrestres sur leurs en- ^ rAs, et semblent n'avoir aucun souci de la sanctification de leur
:e! Pour qu'ils se pénétrent mieux de leurs obligations, je leur -'.','re à méditer les exemples suivants.
•Saint Eucher, qui vivait au commencement du viii« siècle, appartenait à une famille illustre. Sa mère, étant enceinte de lui, offrait à Dieu tous les jours l'enfant qu'elle portait, le conjurant de répandre sur lui ses plus abondantes bénédictions. Il ne fut pas plus tôt né, que ses parents le consacrèrent au Seigneur; ils se firent aussi un devoir de lui former l'esprit et le cœur par une excellente éducation. Le jeune Eucher effaçait tous ceux de son âge par ses progrés dans la science et la vertu ; il a été un des plus illustres évêques d'Orléans.
Sainte Euphrasie, n'étant encore âgée que de sept ans, se sentait puissamment portée à vivre dans la retraite ; elle en parla à sa mère, et lui demanda comme une faveur la permission de servir Dieu dans un monastère. Celle-ci pleura de joie, en considérant ce que la grâce opérait dans sa fille; elle lui accorda sa demande, et la présenta, quelque temps après, à une vénérable supérieure, qui lui mit entre les mains une image de Jésus-Christ. La petite Eupbrasie baisa respectueusement l'image, en disant : « Je fais vœu de me consacrer à Jésus-Christ pour le reste de ma vie. » Sa mère, l'ayant ensuite menée devant une autre image du Sauveur, y fît la prière suivante, les mains étendues vers le ciel : c Seigneur Jésus, recevez cette en- € faut sous votre protection. Elle n'aime et ne cherche que vous, c c'est donc à vous seul qu'elle se recommande. » Puis se tournant vers sa fille, elle lui dit : « Puisse le seigneur, qui a établi les monc tagnes sur des fondements inébranlables , vous confirmer toujours < dans la crainte de son saint nom !» A ces mots, elle la remit entre les mains de la supérieure, et sortit du monastère, les yeux baignés de larmes. Après la mort de sa mère, sainte Euphrasie refusa un riche mariage, que lui proposait l'empereur Théodose, aimant mieux rester dans son couvent, occupée aux plus bas emplois de la communauté, que d'être l'épouse d'un sénateur. Elle fut honorée du don des miracles, avant et après sa mort.
A peine le jeune François de Borgia était en état d'articuler quelques sons que sa mère lui apprit à prononcer les noms sacrés de Jésus et de Marie. Ses parents, persuadés que les premiers principes influent puissamment sur toute la suite de la vie, lui donnèrent d'excellents précepteurs. François de Borgia n'oublia j'amais les sages conseils que sa mère lui avait donnés, et il en fit toujours la règle de sa conduite.
Aussitôt que saint Bernard fut né, sa mère, non contente de l'offrii à Dieu, comme elle fil à l'égard de tous ses enfants, le lui consacra spécialement à l'Église; et, depuis ce jour, elle ne le regarda pluf