OBLATION DE JÉSUS
phétie ! « Cet enfant, dit-il à Marie en le lui remettant, ces enfant, tout Sauveur qu'ilest, sera la ruine de plusieurs; tout Dieu qu'il est, il sera en butte aux contradictions des méchants, et à la plus violente persécution ; et votre âme sera transpercée d'un glaive de douleurs. » Paroles effrayantes qui durent bouleverser entièrement le cœur de Marie. Que de sombres images s'offrirent alors à son esprit ! Pour elle, cette prédiction fut le commencement de son martyre, et le temple lui parut un calvaire anticipé. Mais, forte de sa confiance en Dieu, elle s'abandonne entièrement aux soins de la Providence, et se soumet sans réserve à tout ce qu'il lui plaira d'ordonner d'elle et de son Fils.
Une dernière circonstance que nous ne devons pas omettre, parce qu'elle ne contribue pas moins que les paroles de Siméon, à faire briller les grandeurs de Jésus, même dans le mystère humiliant de la Présentation, c'est qu'une sainte veuve reconnut encore le divin Enfant, et lui rendit le plus éclatant témoignage. C'était Anne la prophétesse qui, depuis la mort de son mari, ne sortait presque point du temple, et servait Dieu, jour et nuit, dans les jeûnes et les prières. Étant donc survenue dans le temple, à la même heure que Siméon, elle se mit aussi à louer le divin Enfant, et en parla avec admiration à tous ceux qui attendaient la rédemption (l'Israël. Pour Marie et Joseph, après avoir accompli tout ce qui était prescrit par la loi, ils s'en retournèrent à Nazareth, qui était le lieu ordinaire de leur demeure.
Afin de retirer quelques fruits de ce mystère, entrons dans les sentiments de Jésus, de Marie, du saint vieillard Siméon et d'Anne la prophétesse. A l'exemple de Jésus, offronsnous à Dieu comme des victimes vivantes, entièrement dévouées à ses ordres; à l'exemple de Marie, sacrifions à Dieu toutes les répugnances de la nature, tous les faux prétextes qui pourraient nous porter à violer les préceptes de l'Évangile. Comme Siméon, prenons Jésus entre nos bras, pressons-le contre notre cœur, ou plutôt incorporons-nous à Jésus par la sainte communion ; et, une fois que nous
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l'aurons reçu, ne soupirons plus qu'après le jour, où l'àme, affranchie de la servitude du péché, ira s'abîmer éternellement dans le sein de Dieu. Enfin, conmie Anne, faisonsnous honneur de notre foi, et publions partout les merveilles de notre Sauveur.
L'exemple de Marie est encore une leçon particulière aux femmes chrétiennes. Il leur montre que, lorsqu'elles ont eu le bonheur de devenir mères, leur première visite, sitôt qu'elles peuvent sortir sans risque, doit être à l'Église, pour payer au Seigneur un juste tribut de louanges et d'actions de grâces. La reconnaissance les oblige à remercier le Seigneur de leur heureuse délivrance ; et l'amour si vif et si tendre qu'elles ont pour leur enfant, leur fait un devoir de demander les grâces nécessaires pour qu'elles puissent l'élever dans la piété. Eh quoi! si par leur faute, si par leur négligence, ce fruit si chéri de leurs entrailles, devait tomber en la puissance du démon, et de là être condamné aux flamm.es éternelles A cette seule idée, un cœur maternel ne frémirait-il pas? Enfin, une mère chrétienne ne manquera pas d'offrir au Seigneur son enfant, de le consacrera son service, et de se résigner à tous les desseins que la divine Providence peut avoir sur lui *. Plusieurs font dire une messe à l'occasion de leui-s relevnillps : on ne peut qu'approuver leur piété.
L'Église honore le mystère de la Présentation de Jésus et de la Piuification de Marie, le 2 février. Cette fête s'appelle communément la Chandeleur, parce qu'elle est remarquable par la bénédiction des cierges, et la procession qui la suit. Ces cierges désignent Jésus-Christ, qui est appelé dans les saintes Ecritures la lumière du monde, et que ^iméon honora dans ce mystère sous ce glorieux titre (1). Ces cierges marquent encore le feu de l'amour divin, qui doit embraser nos cœurs et les consumer, comme la cire se consume devant le Seigneiu*. Enfin, ils sont Ift symbole du
(I, Lumen ad revelationem gentium. Luc, ii, 31.