‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 4)Chapitre 44 sur 66 · LA FUITE EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LA FUITE EN EGYPTE

A peine le divin Enfant est-il né, qu'il fait trembler les rois sur leur trône. Hérode croit voir en lui un terrible rival, contre lequel il ne saurait assez tôt déployer ses fureurs. Insensé, qui ne se doutait pas que le royaume de Jésus n'était pas de ce monde, et que cet adorable Sauveur, bien loin de vouloir le dépouiller de sa couronne, venait, au contraire, lui en offrir une immortelle !

Il avait poussé jusqu'au dernier point les raffinements de sa politique, afin de découvrir le Messie nouveau-né; il avait feint de vouloir l'adorer, pour lui ôter plus siirement la vie. Mais, malgré ses ruses, malgré ses etfoits, cet Enfant sans armes, sans défense, saura se dérober à ses coups; Dieu déconcertera toutes ses intrigues; car il n'a qu'à souffier sur les desseins des méchants, et ils sont contondus. Voici donc comment le Seigneur se joua des projets impies et sanguinaires d'Hérode.

D'abord, un ordre divin prescrivit aux Mages de ne point retourner cliez lui. Ensuite, comme la rage d'Hérode allait éclater par les plus terribles effets, un ange r.vertit Joseph de prendre l'Enfant et sa mère, et de fuir mi plus vite en Égyple. Joseph se leva donc au milieu de la nuit, et partit aussitôt avec Jésus <^t Marie^pour obéir à la volonté du Très- Haut.

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Ainsi le Seicneur de l'univers est obligé de se cacher, dès les premiers jours de sa naissance; il fuit comme un malheureux exilé qu'on chasse ignominieusement de sa patrie. Mais cet Enfant, encore au berceau, pourra-t-il supporter un si long et si pénible voyage ? Joseph et Marie, si pauvTes et obligés de se mettre en chemin sans délai, sans préparatifs, sans provisions, pourront-ils fournir à leur subsistance dans un pays étranger, au milieu d'im peuple infidèle et ennemi des Juifs? Oh! que cette sainte famille dut grandement souffrir ^ 1

Dieu ne pouvait-il pas sauver autrement son Fils de la persécution d Hérodo? Qui oserait le penser? S'il l'avait voulu, des millions d'anges seraient venus enchaîner la malice, du tjTan ; ils auraient pu l'exterminer, le précipiter au fond des enfers ; Dieu est-il embarrassé, quand il veut se venger de ses ennemis? Mais il n'agit pas toujours par miracle ; il est de sa providence de sui\Te le cours ordinaire des choses. Il y avait même dans cette retraite un secret du Ciel, auquel Hérode concourait, sans le savoir, par ses jalouses fureurs. Dieu avait dit, par la bouche d'un de ses prophètes: € J'ai rappelé mon Fils de l'Egypte (1). » Et ii fallait que cette prédiction s'accomplit.

Jésus était donc en lieu sûr et à l'abri de tout danger, lorsque Hérode, après a\oir attendu quelque temps le retour des Mages, voyant qu'ils n'arrivaient pas et qu'ils s'étaient joués de lui, entra dans une extrême colère. Dans son emportement, il oublie toute humanité, il n'est plus qu'une bête féroce, qui rugit en s'élançant sur sa proie. Les prêtres qu'il a consultés lui ont dit que le roi des Juifs devait naître dans la contrée de Bethléem; pour ne pas le manquer, il ordonne que, dans Bethléem et aux environs, on massacre tous les enfants âgés de deux ans et au-dessous. Barbarie épouvantable ! atrocité sans exemple ! Quels cris confus et

(1) Ex /Esyplo vûcaM filium n-ieum. Os., xi, i.

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