‹ Nouvelle explication du Catéchisme de Rodez (volume 5)Chapitre 1 sur 39 · NEUVIÈME ARTICLE DU SYMBOLE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME ARTICLE DU SYMBOLE

de l'église.

PREMIERE INSTRUCTION

Explication du mot Eglise. — Quatre noms principaux que l'Écriture lui donne. — Origine et fondation de l'Église. — Obstacle? qu'elle eut à surmonter.

D. Qu'est-ce que l'Église ?

R. L'Église est la société des Fidèles, dont Jésus-Christ est le chef invisible et le Pape le chef visible.

Le Symbole des Apôtres nous parle de l'Église, immédiatement après l'article qui traite du Sain>Esprit, parce que c'est du Saint-Esprit que l'Église tire toute sa force, toute son autorité, toute sa sainteté.

Par le mot Église, nous ne voulons pas ici désigner ces

édifices matériels, où nous nous réunissons pour prier Dieu,

pour entendre la parole sainte et participer aux mystères

augustes delà religion. Le mot Église, tel qu'il est employé

dans cette leçon du catéchisme, signifie assemblée, congre galion, société. Primitivement, il servait à désigner toute réunion d'hommes, sacrée ou profane. Mais, depuis bien longtemps, l'usage commun a consacré ce terme pour signifier la société des Chrétiens, qui professent la vraie religion de Jésus-Christ et qui sont soumis aux pasteurs légitimes.

Remarquons bien encore qu'il ne faut pas confondre une église particulière avec l'Église universelle. Ainsi, nous qui sommes ici réunis, et qui avons le bonheur de connaître et d'adorer le vrai Dieu, et d'être en communion avec notre évêque et le saint-siége de Rome, quoique nous fassions partie de l'Église, nous n'en sommes qu'une très-petite fraction. Pareillement, quand saint Paul, écrivant aux Romains, leur dit que toutes les églises d'Asie les saluent (1), quand saint Jean, dans son Apocalypse, parle également des sept églises d'Asie (2), et nous-mêmes, quand nous disons l'église de France, l'église d'Espagne, etc., iLest évident que, dans ces locutions et autres semblables, le mot Eglise est pris dans une signification restreinte, et ne s'applique qu'à une portion du troupeau de Jésus-Christ. Mais l'Eglise, telle qu'on l'entend communément, est la société de tous les fidèles de l'univers, en quelque lieu de la terre qu'ils habitent; et c'est de l'Église, prise en ce sens, que nous allons nous occuper.

Nous la trouvons désignée dans les saintes Écritures et les ouvrages des Pères, sous divers noms mystérieux, bien capables de nous en donner la plus haute idée et de nous la faire aimer et respecter. Ainsi, elle est appelée l'assemblée des enfants de Dieu, le peuple choisi, la nouvelle Jérusalem, le palais du grand Roi, son royaume, sa cité, l'armée du Dieu vivant, son temple, son sanctuaire, etc. Mais voici quatre noms principaux qu'on lui donne, et qui méritent une explication particulière. On l'appelle :

(1) Rom, xvi, 16. —(2) Apoc, h, 3

4° La maison de Dieu (1), parce qu'elle est, comme une famille, gouvernée par un seul père, et que tous les biens spirituels y sont communs. Jésus-Christ lui-même en est l'architecte et le fondement; il l'a bâtie sur la pierre ferme, et il y a dressé sept colonnes, c'est-à-dire les sept sacrements qui en sont l'appui. Elle est toute composée de pierres vivantes, qui sont les âmes fidèles; il y en a d'or, d'argent, de bois, de terre, selon leurs divers mérites. Les enfants de Dieu s'y trouvent réunis, comme de jeunes plants d'olivier autour de la table de leur père (2) ; et Jésus-Christ leur a préparé un double festin, le festin sacré de la parole divine, et le festin adorable de l'Eucharistie. Cette maison de Dieu est encore sur la terre; mais elle s'élève jusqu'aux cieux, pour y placer ses habitants.

2° Le troupeau de Dieu (3) ; Jésus-Christ en est le pasteur, il connaît ses brebis et il en est connu ; il veille sur elles avec la plus ardente sollicitude ; il les conduit dans les plus gras pâturages où rien ne leur manque, et il les défend contre la fureur des loups. Si quelqu'une s'égare, il court après elle, la porte sur ses épaules et la ramène au bercail. Heureuses les brebis, qui sont dociles à la voix de ce divin Pasteur !

3° L'Épouse de Jésus- Christ (4), parce que c'est dans cette assemblée sainte que naissent les enfants de Dieu; Jésus-Christ l'a aimée jusqu'à répandre son sang pour elle. L'ayant trouvée pauvre, nue, misérable, souillée, impure, il l'a embellie de ses grâces et enrichie de ses dons, et lui a donné pour dot son royaume céleste. Epouse toujours vierge et toujours féconde, elle donne des enfants à Jésus- Christ,, non pas à la façon des autres mères, en les produisant de son sein, mais en les attirant de dehors pour se les incorporer à elle-même, et par elle à Jésus-Christ. C'est par le baptême qu'elle enfante, et, nourrice toujours chari-

(1) I. Tim., m, 15. — (2) Psal. cxxm, 3. — (3) I. Pet., v, 1. — (4) Apoc, m, 2.

table, elle ne laisse manquer de rien aucun de ses enfants, leur donnant tour à tour le lait de la doctrine, le vin des forts, le pain de vie.

A0 Enfin, le corps de Jésus-Christ (1), corps mystique, dont Jésus-Christ est le chef, et dont les fidèles sont les membres. La foi et la charité sont les liens qui les unissent entre eux et avec leur chef. Chacun a son emploi, qui doit concourir au bien général, et Jésus-Christ communique à tous la force et la vie. Mais, si nous faisons partie du corps de Jésus-Christ, si nous sommes ses membres, quelle gloire pour nous ! et, d'un autre côté, quelle obligation de ne rien faire d'indigne de notre auguste chef ! Ne serait-ce pas une abomination que de souiller, par des actions honteuses, les membres de Jésus-Christ? Quelle honte encore que, sous un chef couronné d'épines, il y eût des membres qui se livrassent à la mollesse !

Avant d'aller plus loin, il ne sera pas hors de propos de traiter séparément de l'origine et de la fondation de l'Eglise, de ses combats et de ses triomphes, de son éternelle durée. Pour aujourd'hui, nous nous bornerons à l'origine et fondation de l'Église.

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