INSTRUCTION POUR APPRENDRE A SE BIEN CONFESSER
Préparation à la Confession. — Méthodes d'examen de conscience. — Manière de se bien confesser*
D. Que faut-il faire pour se préparer à la Confession ? R. Il faut demander à Dieu la grâce de connaître ses péchés, et l'esprit de pénitence pour en avoir une vraie contrition.
La Confession est une affaire des plus importantes, puisqu'il s'agit de se réconcilier avec Dieu et d'assurer son salut. On ne saurait donc s'y préparer avec trop de soin, car la grâce de Dieu opère selon qu'on est disposé. 11 en est de la Confession comme d'un remède, qui guérit les uns et non les autres, selon les diverses dispositions des malades *.
On peut distinguer une préparation éloignée et une préparation prochaine.
La préparation éloignée consiste :
1° Dans une instruction suffisante des principales vérités de la religion, et surtout de ce qui a rapport au sacrement.
2° Dans une volonté sincère et ferme de sortir du tombeau de ses crimes pour ressusciter à la grâce.
3° Dans cette vue de la foi, qui nous fait voir dans le
ministre du sacrement la personne même, l'autorité et la charité de Jésus-Christ.
La préparation prochaine consiste :
1° A implorer le secours de Dieu par une prière fervente.
2° A examiner soigneusement sa conscience.
3° A s'exciter à la contrition, et à en produire des actes.
Voilà les trois choses qu'il faut faire avant la Confession, ïl est bon de commencer ces pratiques dès la veille, surtout quand il s'est écoulé un temps considérable depuis la dernière Confession ; on les renouvelle le matin encore avec plus de ferveur.
Nous disons donc qu'il faut d'abord
Implorer l'assistance d'en haut, car sans la grâce de Dieu que nous n'obtenons que par la prière, il est aussi impossible à un pécheur de sortir de son mauvais état, qu'à un mort de se ressusciter lui-même. Demandez à Dieu :
1° La grâce de bien connaître vos péchés, car Tamourpropre nous aveugle sur nos défauts, les diminue ou les déguise sous de spécieux prétextes. Quel est celui, dit le saint roi David, qui connaît bien ses péchés (1)? Quel est celui qui peut en bien comprendre le désordre, en sentir la malice, en compter le nombre? Le péché répand les ténèbres les plus épaisses sur le cœur de l'homme et en fait un abîme impénétrable. Il nous est donc impossible, si nous sommes abandonnés à nos propres forces, d'acquérir une connaissance suffisante de nous-mêmes; et que de fois n'avons-nous pas éprouvé à ce sujet le plus grand embarras ! C'est à Dieu que nous devons nous adresser, afin qu'il nous aide à débrouiller le chaos de notre conscience. Demandez donc avec instance, sollicitez vivement ces divines lumières, qui percent le nuage répandu sur votre vie passée. Dites comme le Prophète : « Seigneur,, éclai-
(i) Delicta guis intellierit? P«.. xvm. 13.
de l'examen de conscience. su
rei mes ténèbres... Donnez-moi l'intelligence, et je scruterai votre loi (l). » Demandez à Dieu
2° L'esprit de pénitence, pour avoir une vraie contrition. [1 n'y a que Dieu qui, de son souffle divin, puisse briser la dureté de notre cœur, en changer les inclinations perverses, et lui faire détester ce qui était auparavant l'objet de ses affections. Priez donc le Seigneur qu'il crée en vous un cœur nouveau, qu'il y mette les sentiments d'un enfant désolé d'avoir outragé le meilleur des pères. Priez-le qu'il jette sur vous un de ces regards, qui ont converti Pierre; et ne cessez jamais de lui adresser cette touchante invocation, que le saint Roi pénitent lui adresse quatre fois dans un psaume, et qui ne devrait jamais sortir de notre bouche ni de notre cœur : « Dieu des vertus, convertisseznous, et montrez-nous votre face et nous serons sauvés (2). » Il faut en second lieu
Examiner soigneusement sa conscience. L'examen de conscience est la recherche exacte des péchés qu'on a faits depuis sa dernière Confession. 11 faut bien rentrer au dedans de soi-même, si l'on veut se souvenir des fautes que l'on a commises. Car, de même que le serpent se réfugie dans les détours de son gîte après avoir piqué le corps, de même le péché, après avoir blessé l'âme, se cache dans les replis de la conscience. Les hommes d'ailleurs, qui sont si clairvoyants pour les choses du dehors, sont ordinairement aveugles pour celles de leur intérieur (3). Ils voient la paille qui est dans l'œil de leur frère, et n'aperçoivent pas la poutre qui est dans leur propre œil. Scrutez donc bien toutes vos voies; considérez tous vos dérèglements; ne pas s'examiner sérieusement, c'est s'exposer à faire une Confession défectueuse, et, par conséquent, nulle.
(}) Deus meus, illumina tenebras meas... Da mihi intelleclum, «t scrutabor legem tuam. Ps. xvji, 29. — Ps.t cxvin, 34.
(2) Deus, couverte nos, et ostende faciem tuam, et salvi enmus Psal, lxxix, 4, 8, 15, 20.
(3) Foris acuti, intùs cœci. D. Gréa.
Il faut faire cet examen, dit le concile de Trente, avec une grande application (1), parce que l'affaire du salut est de la dernière conséquence, et, à proprement parler, Tunique affaire, toutes les autres n'étant à son égard que de? bagatelles (2). Le temps qu'on doit y donner doit être proportionné à l'intervalle des confessions ; on saix, qu'il doit être plus long pour une Confession générale que pour une Confession ordinaire, pour une Confession d'une ou de plusieurs années que pour une Confession de quinze jours.
11 en est qui ne s'examinent pas assez, qui se contentenl de se connaître superficiellement, qui craignent de pénétrer jusqu'au fond de leur cœur; mais il en est aussi qui s'examinent trop; ce sont les scrupuleux, qui se mettent l'esprit à la torture, qui n'ont jamais de repos, et qui, tout occupés de la recherche de leurs fautes, semblent oublier la partie la plus essentielle du sacrement, qui est la contrition. Pourquoi donc tant se tourmenter, quand on sait que ce que Dieu demande avant tout, c'est la droiture, c'est la franchise, la sincérité, et qu'il ne nous punira pas pour un défaut de mémoire ? Les âmes timorées, qui ont l'habitude de se confesser fréquemment, n'ont pas besoin d'un temps considérable pour se rappeler leurs fautes: elles connaissent celles auxquelles elles sont le plus sujettes, et, s'il leur en échappait quelqu'une de grave, elle frapperait aisément leur esprit.
Quand le moment de s'examiner est venu, on se retire à l'écart, loin du bruit et du tumulte, dans sa chambre, on mieux à l'église. Si l'eau d'une fontaine est agitée, elle ne vous rend pas votre image; tranquille, elle représente votraits. Pareillement, ce n'est pas au milieu du trouble et des embarras des affaires temporelles, que vous vous connaîtrez vous-mêmes, mais dans le silence etle recueillement
Commencez par vous mettre à genoux devant votre cru
(1; Cum diligenti praemeditatione. Tria., sess. 14, e. Ylft (2) Magna negotia magnœ nugœ. Sente.