MADEMOISELLE FÉLICITÉ JOURDAIN DESERMITAN
Au moment où mademoiselle Félicité Jourdain Desermitan vit noyer sa mère et sa sœur, victimes du
monstre de la Loire-Infërieure, col affreux Carrier, un jeune officier la retira des mains meurtrières, et la supplia de consentir à ce qu'il lui sauvât la vie : elle parut d'abord l'écouter; mais devenue libre de ses mouvemens, elle se jeta dans la Loire, en s'e'criant : Oh ma mère! je ne serai point séparée de toi!... «
De SAPIKACD Fejagê dans la Fendée, ACTION HÉROÏQUE d'uN ENFANT DfE 10 ANS.
Un créole de Saint-Domingue, dont tout le crime était d'être riche , se trouva compris dans une liste de proscription. Lorsqu'il fut arraché du sein de sa famille , sa fille, âgée d'environ lo ans , s'obstina décidément à le suivre , résolue de partager sa destinée. Placé un des premiers parmi les victimes qu'on allait immoler, déjà rendu au Heu du supplice , les yeux bandés et les mains liées, les satellites de la mort ajustaient leursarmes meurtrières; mais, ô surprise!... ô bonheur!... une petite fille accourt, en s'écriant : « Mon père! ô mon père !.... » Vainement on veut l'éloigner; on la menace; rien ne l'intimide ; elle s'élance vers son père, elle s'attache à son corps, qu'elle serre étroitement de ses petits bras, et n'attend plus que le moment de périr avec lui. « O ma fille , chère enfant, unique et doux espoir de ta mère éplorée , lui dit son père, tremblant et fondant »'n larmes, retiretoi , je t'en conjure, je te l'ord^ -.ne I... — O mon père, lui répondit-elle , laissez-moi : nous mourrons ensemble. . . « Le Commandant du massacre (sans doute qu'il était père aussi) , allègue un prétexte spécieux pour soustraire le créole au supplice ; on le reconduit en prison avec son enfant. Bientôt les affaires changent de facp , tous deux sont élargis ; et depuis, l'heureux père ne cessa de raconter, avec la plus vif attendrissement , l'action héroïque de sa petite fille.