‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 115 sur 252 · HISTOIRE RAPPORTÉE PAR SAINT -JÉROUB · texte numérisé non relu

HISTOIRE RAPPORTÉE PAR SAINT -JÉROUB

Saint Jérôme , qui vivait dans le 4* siècle, parlant de la cruelle persécution de l'empereur Dérius contre les Chrétiens, rapporte la victoire d'un jeune homme sur la tentation la plus violente et la plus délicate qui ait peut-être jamais été. 11 fut mené par ordre du juge

dans un Jardin délicieux, au milieu des îys et des roses , près d'un ruisseau qui coulait avec un doux murmure, et d arbres agiles par un vent agr«^able. Là, on léltndit sur un lit de plumes, où on l'nttar.ha avec des liens de soie, et il fut laissé seul en cet état. Puis on lit \etiir une courtisnne (|ui commença à le solliciter au mal, avec toute l'impudence et tous les attraits que la passion peut suggérer. Le jeune homme ne sachant pas comment résister aux attaques de la volupté, poussé alors par l'esprit de Dieu et par un courage héroïque, se coupa la langue avec les dents, et la crac ha au visage de cette infâme néature. Ce fut ainsi qje- parla violence de la douleur qu'il se fil souffrira lui- mémo, il surmonta cette violente tentation par la giàce de Dieu , qui n'abandonne point ses serviteurs dans le besoin, et qui ne permet pas qu'ils soient tentés au-dessus de leurs forces.

Vit dt êatnt Paul «rm'ite.

SAINT THOMAS d'aQÙIN.

Saint Thomas d'Aquin , qui vivait dans le 1 3° siècle et qui fut élevé dans la piété en même tems que dans les belles-lettres, ayant renoncé de bonne heure au monde, entra dans Tordre de Saint-Dominique, non sans beaurou[) d'opposition <!u côté de ses parens, et surtout de ses frères, qui le firent serrer étroitement dans la tour du château de Rocca-Sicca, au diocèse d'Aquin, en Italie, où ils lui firent refuser diverses commodités pour affaiblir son courage et lui faire changer de résolution; mais rien ne leur réussissant, ils firent entrer une courtisane à qui ils firent de grandes

£romesses,pour entreprendre de corrompre leurfrère. ,e jeune Thomas, qui n'avait jamais souffert de pareils assauts, et qui sentait au-dedans de lui-même un autre ennemi encore plus dangereux, n'avait pour

armes que la prière du cœur , qui suffit pour réprimer l'ennemi di inestique. Mais comme il se voyait presque poussé à bout par l'insolence de celte femme, il suivit rinspiration de l'esprit de Dieu qui l'animait ; il prit donc un tison allumé et poursuivit ainsi cette malheureuse créature qui servait d'instrument au démon pour le tenter; il ne cessa point de la poursuivre avec ce tison de feu jusqu'à ce qu'il l'eût mise en fuite.

FU de $ainl Thomat d'Aquin, MADA>I£ ËLISABETn.

M°"^ Elisabeth, sœur de Louis XVI, fut condamnée à mort le lo mai i7g4) avec vingt-quatre autres victimes, prises comme au hasard dans la foule des détenus. La lecture de son arrêt ne troubla pas un instant cette parfaite tranquillité d'âme qu'elle devait à une éminente piété. Il ne restait plus à cette époque dans Paris aucun vestige de culte ; les malheureux qui marchaient au supplice étaient totalement privés des secours de la religion. Madame Elisabeth, non-seulement les trouva en elle-même, mais les procura à ceux qui l'accompagnaient à la mort, en ne cessant de les exhorter à la résignation , pendant le trajet de la prison à l'échafaud. Là , par un nouveau rafinement de cruanté, on la força d'être témoin du supplice de ses infortuné? compagnons. Il se trouvait parmi eux des femmes qui toutes saluèrent respectueusement la Princesse en passant devant elle. Elle les embrassa avec afïection, et pria pour elles jusqu'au moment où en la fît monter à son tour sur le théâtre du martyre. En cet instant , son fichu se dérange et tombe aux

f)ieds du bourreau. Ses mains retenues par d'infâmes iens , ne pouvaient réparer ce désordre ; c'est à l'homme dont le bras est levé pour lui donner la mort, qu'elle s'adresse d'une voix suppliante : Au nom de la

pudeur y lui dit-elle , couorez-moi le sein. Telles furent ses dernières paroles ; et son âme, trésor d'Innocence et de pureté', alla rejoindre celle de son frère.

Fie de Madame ÉtUabtlh.

COMBItlV DIEU A EN HORREUR l' IMPURETÉ.

Tous les hommes, sans distinction d'âge ni de sexe, ensevelis dans leo eaux du déluge, à l'exception du chaste Noé et de sa famille , parce que toute chair avait corrompu ses voies , dit i'écrilure; cinq villes infâmes inondées d'une pluie de feu et réduites en cendres avec leur habitans , sans que toutes les prières d'Ahraham en pussent sauver que Loth, qui n'avait point eu de part à la corruption générale : vingt-quatre mille Israélites mis à mort en un seul jour , par Phinées , pour leurï^impudif.ités , et Dieu , par ses éloges et ses récompenses, se déclarant l'approbateur et l'auteur de cettesanglante exécuiiou ; ne sont-ce pas là des preuves évidentes que le Seigneur a en horreur le vice impur, et que bien souvent il le punit, dès celte vie, par les chàtimens les plus terribles:*

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