‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 116 sur 252 · LE LIBERTIN CONVERTI · texte numérisé non relu

LE LIBERTIN CONVERTI

' Un jeune homme inconsolable de la mort d'une Jeune personne, ne pouvait en perdre le souvenir. Un de ses amis l'ayant conduit au lieu où elle était enterrée, fil lever la pierre du tombe.m et ôter les suaires qui la rouvraient. Dans le moment, une épouvantable puanteur faillit le suffoquer; les vers et la pourriture sortaient déjà par la bouche et les yeux de ce cadavre. Le jeune homme jeta un cri d'horreur, et voulut s'enfuir, a De quoi avez-vous peur, lui dit son ami? approchez : voilà le visage de cette fille que vous avea tant aimée, qui pleure à présent dans l'autre monde les péchés que nous lïii avez fait commettre j appre-

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nez, à la vue de cet objet, à ne plus attacher votre cœur à des choses si indignes de vous. « Ce jeune homme profita de cet avis, et se convertit.

LES LIBERTINS FINISSENT ORDINAIREMENT LEUR VIE BRU- TALE d'une MANIÈRE HORRIBLE ET EFFRAYANTE.

Un gentilhomme espagnol , après avoir e'te' l'esclave du démon de l'impûrete', fut frappé d'une maladie mortelle. En vain entreprit- on de le résoudre à laver ses souillures dans les eaux salutaires de la pénitence: le seul nom de confession lui était insupportable. Saint François de Borgia, qui était alors en Espagne , ayant appris cette obstination, se prosterne devant un crucifix, et, les larmes aux yeux , il prie le Sauveur de ne pas laisser périr une âme qu'il avait rachetée au prix de tout son sang. Chose étonnante ! il entend une voix qui lui dit : Allez, François, allez trouver ce malade, et exhortez le à la pénitence. Le Saint V va . mais tentative inutile ! le malade déjà entre les bras de la mort, ne peut souffrir qu'on lui parle de confession. François se retire , et, prosterné derechef devant le Sauveur crucifié, il le conjure, par son sang et par si mort, d'amollir cette âme endurcie. La même voix se fait entendre une seconde fois, et lui dit : u Retournez vers le malade, et portez avec vous votre crucifix ; il faudrait qu'il fût bien résolu de se perdre, s'il ne voulait point se convertir à la vue d'un Dieu qui l'a aimé jusqu'à la mort et à la mort de la croix. » Il refuse cependant de se rendre. François lui montre son crucifix, qui, par miracle, parut tout-à-coup déchiré de plaies et tout couvert de sang : vains efforts de la grâce. Le Saint emploie toute l'affection de son zèle et de sa charité ; il le presse, il le conjure , par les plaies de Jésus crucifié et par le sang dont il le voit tout couvert, d'avoir pitié de son âme. Il est plus insensible que les rochers qui se fendirent

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lorsque ce sang coula sur le calvaire ; il meurt, ce mal-, heureux; frémiesez, impudiques ; il meurt en blasphe'mant et en reniant son cre'ateur. Pput-on imaginer rien de plus funeste et de plus terrible ?

LES MAUVAISES PENSÉES, QUA!ND ELLES SONT INTOLONTAI- RES , NE SONT POINT DES PÉCnÉS.

Catherine de Sienne fit, dès son enfance, le vœu de vivre dans la chasteté'. Elle se fit religieuse, mais le démon ne laissa pas pour cela de la tourmenter ; elle éprouva à plusieurs reprises les pensées les plus horribles contre la sainte vertu de pureté, mais jamais elle n'y donna le plus 'éger consentement : la prière, l'humilité et la confiance en "Dieu, voilà les armes qu'elle employait contre toutes ses tentations. Un jour, après une tentation plus violente que de coutume , elle s'écria; Où étiez-vous, mon divin époux, tandis que je me voyais dans une situation aussi affreuse.'' J'étais avec vous, répondit une voix, ( J.-C. a consolé souvent de cette manière les personnes qui le servent avec fidélité;) Quoi! reprit Catherine, vousétiez au milieu des abominations qui couvraient mon âme ! Ces abominations , répliqua le Sauveur, ne vous ont point souillée , parce qu'elles vous faisaient horreur; ainsi le combat que vous avez soutenu a été pour vous une source de mérites. Cet exemple est bien propre à consoler les âmes fidèles et timorées dans les tentations et les peines d'esprit auxquelles elles sont exposées.

Fis dt «uni Calktrin» it Sitnne.

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