CHUTE DES ANGES
Tous les Anges furent crée's dans un état complet d'innocence, et destine's à jouir d'une félicite' e'terntlle. Ils devaient mériter ce bonheur par une entière soumission à Dieu leur créateur. Libres entre le bien et le mal, ils pouvaient prendre ou rejeter à leur choix le parti de l'obéissance. Ce premier acte de vertu oh de révolte devait consommer leur bonheur ou leur réprobation. Lucifer, qui était le plus parfait d'entre eux, se laissa séduire par l'amour propre. Oubliant
qu'il tenait de Dieu son èlro et toutes les prffrogatives qui y e'iaient attachées, il voulut s'e'galer à son cre'aleur , et osa dire : Je serai sembluble au irès-haut , Il n aura pas d'emplrf sur moî. Il entraîna dans sa révolte une grande partie des Anges.
L'Archange Saiiit- Michel, au contraire, s'écriait : Qui est semblable au Seigneur , qui peut égaler le Tout- Puissant? c<^ux des anges qui étaient restés fidèles se joignirent à lui , et il se livra un gr3nd combat dans le ciel. Michel , qui fut alors re.vêiu d'une puissance divine, combattait avec ses compagnons contre Lucifer et les siens. 11 remporta la victoire , et précipita Lucifer et ceux qui s'étaient révoltés avec lui dans les abîmes de l'Enfer que Dieu créa aussitôt pour les punir. C'est là que ces malheureux , tout spirituels qu'ils sont, brûlent dans les flammes dévorantes qui ne s'éteindront jamais, sans désir de conversion et sans espérance de miséricorde. Ils sont uniquement occupés à souffrir, à blasphémer leur Dieu, à maudire le momenl de leur création et à tendre des pièges à la vertu des hommes. Apoc. i^.
HISTOmC DB TOBIE.
Tobie était de la tribu et de la ville de Nephtali , dans le royaume de Samarie. Il allait toutes les grandes fêtes à .Jérusalem , tandis que les autres allaient à Béihel et à Dan adorer les veaux d'or de Jéroboam. Il épousa une femme de sa tribu, nommée Anne, dont il eut un fils auquel il donna son nom.
Tobie fut emmené captif à Ninive, avec sa femme et son fils, lorsque, après la prise de Samarie, Sal- •manasar transporta les dix tribus en Assyrie ; et Dieu lui fit trouver grâce devant Salmanasar, qui lui donna une charge considérable dans sa maison.
Tobie allait tous les jours visiter ceux de sa nation qui étaient captifs avec lui; il les consolait, et leur dis-
tribuait son bien. Un jour il prêta dix talens d'argent à Gabélus , homme de sa tribu.
Sonnachérib, successeur de Salmanasar , s'e'tant enfui honteusement de la Jude'e, déchargea sa colère à son tour sur les enfans d'Israël , et en fit tuer un grand nombre. Ayant appris que Tobie les ensevelissait, il lui ôta tous ses biens, et l'aurait fait mourir si Tobie ne s était enfui.
Un jour de fête, que Tobie allait se mettre à table avec quelques-uns de ses amis, son fils vint lui dire que le cadavre d'un Juif e'tait étendu dans la rue. Tobie se leva aussitôt de table, et alla l'ensevelir.
Il arriva nn jour qu'après avoir enseveli plusieurs morts, il rentra chez lui fatigué; il s'endormit au pied d'une muraille : comme il dormait, il tomba d'un nid d'hirondelles de la fiente sur ses yeux, et il en perdit la vue.
Tobie, croyant ensuite que Dieu allait le retirer de ce monde, appela son fils, âgé d'environ 20 ans, et lui dit(i) : « Mon fils, écoutez les paroles de ma » bouche, et mettez-les dans votre cœur comme un » solide fondement.
» Lorsque Dieu aura reçu mon âme, ensevelissez » mon corps, et honorez votre mère tous les jours * de sa vie; et quand elle aura elle-même achevé le » tems de sa vie, ensevelissez-la auprès de moi.
• Ayez Dieu présent à 1 esprit tous les jours de » voire vie, et gardes-vous bien de consentir jamais » à aucun péché, et de violer les commandemens de » Dieu.
» Faites l'aumône de votre bien, et ne détourner » point les yeux d'aucun pauvre. Si vous avez beau- » coup, donnez beaucoup; si vous avez peu, donnez i- I II I - - . . ,
(4) Ce sont ces sages conseils de Tobie à son fils , qui sont si connus sous le titre de Paroles de Tobie à son fils.
»• peu ; mais donnez de bon cœur de ce peu que vous »> avez : par là vous amasserez un riche trésor et une t> grande re'compensc pour le jour de la rie'ccssilé. ■>
ïobie donna encore plusieurs avisa son fils, et iiiiit par ces p.iroles : « Je vous avertis aussi, mon fils, » que j'ai prèle dix lalens à Gabe'Ius, qui demeure à »> Rages ; j'ai sa promesse pw e'ciit. Tâchez de l'aller ■> trouver, afiii d'avoir do lui celle somme, et de lui )i rendre son obligalion. Ne craignez point, mon fils, » nous sommes pauvres, il est vrai ; mais nous aurons » beaucoup de biens si nous craignons Dieu, si nous » évitons tout pèche, et si nous faisons de bonnes » œuvres. »
Le jeune Tobie étant sorti pour chercher qnelqu'homme fidèle qui voulut faire le voyage avec lui, rencontra l'ange Raphaël qui se présenta à lui sous la figure d'un jeune homme, et qui s'offrit pour l'accornpagner. Tobie dit adieu à son père et à sa mère, et se mit en chemin avec l'arîge, et le chien de le maison le suivit.
Lorsqu'ils éiaient sur le bord du Tigre (i), un poisson monstrueux allait dévorer Tobie , lorsque lange lui dit : Prenez-le par les ouïes, et tirez-le à vous. Il le prit et le tira à terre; et le poisson, après s'être débattu, expira à ses pieds. Ensuite, par le conseil de l'ange, il mit à part le cœur, le fiel et le foie du poisson.
Cependant ils continuèrent leur roule ; et étant arrivés chez Raguel, proche parent de Tobie, ils y logèrent. Raguel avait une fille, nommée Sara, qui avait épousé sept maris l'un après 1 autre, et un dé-
(t) Le Tigre est un ffrand fleuve de l'Asie. On lui a donné le nom de Tigre, parce que ce mot, qui \eut dira flèche, marque la rapidité de son cours.
mon les avait tous tués. Quoique Tobie ne l'ignorât pas, il la demanda en mariage, par le conseil de son guide ; et, l'ayant obtenue, Tobie se mit en prière la première nuit de ses noces, et fit brûler sur des charbons ardens le cœur du poisson avec une partie du foie, et l'ange Raphaè'l ôta au démon tout pouvoir de lui nuire.
Raguel conjura Tobie de demeurer avec lui deux semaines. Pendant ce tems, l'ange Raphaël alla à Rages , chez Gabélus ; il reçut de lui l'argent qu'il devait , et lui rendit son obligation. Raguel remit ensuite à Tobie Sara, sa fille , avec la moitié de ses biens, et les laissa partir.
Après qu'ils eurent marché pendant dix jours, comme ils approchaient de Ninive, Tobie prit les devans avec l'ange Raphaël.
Anne, cependant, allait tous les jours s'asseoir près du chemin , sur une montagne d'où elle pouvait découvrir de loin; et , sitôt qu'elle aperçut son fils, elle courut le dire à son mari.
Lorsque l'ange et Tubie furent proches de la maison , le chien courut devant eux , et il semblait témoigner sa joie par le mouvement de sa queue et par ses caresses.
Tobie le père , tout aveugle qu'il était, alla au-devant de son fils : et, lorsqu'il l'eut joint, il l'embrassa ; sa femme l'embrassa aussi , et tous deux commencèrent à pleurer de joie. Puis, ayant adoré Dieu, et lui ayant rendu grâces, ils s'assirent.
Alors, Tobie, prenant le fiel du poisson , en frotta les yeux de son père, et aussitôt il recouvra la vue-
Sara arriva sept jours après avec toute sa suite, et Tobie raconta à son père et à sa mère tous les bienfaits dont Dieu l'avait comblé par cet homme qui l'avait accompagné dans son voyage. Ils le supplièrent donc de vouloir bien accepter la moitié de tout
ce queTobio avait rapporte; mais l'ange se fil connaître à eux, et disparut.
Tobie avait 56 ans lorsqu'il percHi la vue; il la recouvra à 60, et mourut à l'âge de lOî ans.
Après la moit de sa mère , le jeune Tobie sortit de Ninive, et s'en alla, avec toute sa famillt>, chez R.iguel , son beau-père ; et a()rès avoir vu les enfans de ses enfans, jusqu'à la cinquième ge'ne'ration , il mourut âge' de ggans, dans la crainte du Seigneur.
DÉFAITE DE TIMOTHÉE , GÉNÉRAL d'aNTIOCHUS,
Timothée, général de l'impie Antiochus, s'avançant avec une armée formidable contre les Juifs. Judas Machabée et sa petite armée se miienten prières. La tète couverte de cendres et le corps d'un cilice , ils se prosterf)èrent devant l'autel, suppliant le Seigneur de leur être propice. Le combat commença au lever du soleil ; mais au plus fort de la mêlée, il parut cinq hommes venus du ciel, montés sur des chevaux dont les freins étaient d'or, frayant à Judas Mach.ibée le chemin au milieu des ennemis. Deux se mirent à ses côtés, l'environnant et le couvrant de leurs armes ; ils lançaient contre les ennemis des traits et des foudres qui les aveuglèrent et jetèrent le désordre dans leur armée. Vingt-cinq mille hommes de pied et six cents cavaliers restèrent sur le champ de balaille. a. Mach,