‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 13 sur 252 · SAINT-PIERRE EN PRISON · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE EN PRISON

Hérode voyant qu'il s'était rendu agréable aux Juifs par la mort de l'apôtre saint Jacques, fit mettre saint Pierre en prison. Ce prince des Apôtres y était gardé par sei'e soldats. Cependant l'église était en prières, pour demander la liberté du vicaire de J.-C, Or, la nuit rtiéme du jour où il devait comparaître devant les jugées, tandis que ce saint Apôtre dormait, chargé de chaînes , entre deux soldats, et que les

autres gardaient la porte de la prison, l'ange du Seigneur apparut tout éclatant de splendeur, réveilla saint Pierre, et lui dit de se lever; et aussitôt ses chaînes tombèrent de ses mains. Il suivit l'ange aux portes de la prison, qui s'ouvrirent d'elles- niemes. L'envoyé de Dieu, l'ayant conduit jusqu'au bourg le plus voisin, disparut. Alors St. Pierre, revenu comme d'un profond sommeil, s'écria : « Maintenant je suis assuré que le Seigneur a envoyé un Ange pour me ti-rer des mains d'Hérode et me soustraire à la fureur des Juifs. » y^ct. 1 1.

MYSTÈRE DE LA SAISiTE TRINITÉ.

Au D^ilieu des clartés d'uD feu puV et durable , I>ieu mit avant les temps sont troue inébranlable. Le ciel est sous ses pieds : de mille astres divers Le courslou jours réglé l'annonce à l'univers. La puissance, Tamour, avec l'inleirigence , Unis et divisés , composent son esseuce.

VOLT&IBE.

Qu'est-ce que le mystère de la sainte Trinité?

11 n'y a qu'un seul Dieu, et il ne peut y eu avoir plusieurs : mais l'Eglise nous apprend et nous ordonne de croire qu'il y a trois personnes en Dieu , c'est ce qu'on appelle le mystère de la sainte Trinité. Ces trois personnes n'ont qu'une même nature , une même essence , une même divinité; elles sont égales en perfections, c'està-dire, aussi sages, aussi puissantes, également éternelles , également dignes de notre admiration et de notre amour. Ces trois personnes sont : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Père est Dieu , le Fils est Dieu , le Saint-Esprit

-^ 28 — est Dieu ; ce sont trois personnes distinctes ne formant qu'nn seul et même Dieu ; disctinclion et unité qui constituent le mystèrr que nous ne pourrons comprendre que dans l'autre vie, mais dont l'église donne celte explication :

Le Père, la première personne de la sainte Trinité, se connaissant de toute éternité, engendre son Fils ; ainsi il n'y a pas eu un instant où il ait été Dieu sans être père , et sans avoir un fils , Dieu comme lui. Le Père et le Fils , se considérant et s'aimant de toute éternité , produisent le Saint-Esprit, Dieu comme eux. Ainsi le Fils est engendré du Père, le Saint-Esprit procède du Père et du Fils.

SONGE d'oIVE princesse.

Une princesse qui avait perdu la foi eut un songe qui fut , selon l'expression de Bossuet , comme la pre-' mitre touche d'une providence mise'ricordieuse qui vouloit la ramener à la vérité'. Elle crut que, marchant seule dans une forêt, elle y avait rencontré un aveugle dans une petite loge ; elle s'approche pour lui demander s'il était aveugle de naissance, ou s'il l'était devenu par quelque accident; il répondit qu'il était aveugle-né. — Vous ne savez donc pas, reprit-elle, ce que c'est que la lumière, qui est si belle et si agréable, et le soleil qui a tant d'éclat et de beauté.' — Je n'ai, dil-i! , jamais joui de ee bel objet, et je n'en puis former aucune idée; je ne laisse pas de croire, continue-l-il, qu'il est d'une beauté ravissante. — L'aveugle parut alors changer de voix et de visage, et prenant un ton d'autorité: Mon exemple, dit-il, doit vous apprendre qu'il y a des choses très- excellentes et très-admirables qui échappent à notre vue , et qui

n'en sont ni moins vraies ^ ni moins désirables, quoiqu'on ne les puisse ni comprendre , ni imaginer.

BÉGKIER Certiluda dtt Principe de la ReUgion, L^HOMME DE GÉNIE ET LE PETIT ENFANT.

Un homme de ge'nie, se promenant sur le bord de la mer, s'orcupait du mystère de la sainte Trinité. II cherchait à l'approfondir, oubliant que celui qui tente de sonder les profondeurs de la majesté de D!eu sera opprimé par sa gloire. Il vit alors près de lui un petit enfant qui ne cessait d'aller prendre de l'eau à fa mer, dans une coquille, et de revenir mettre cette eau dans un creux qui était dansla terre. Il lui adressa la parole : « Que prétendez-vous faire, mon enfant-^ en mettant dansée creux l'eau que vous allez chercher?— Jeprétends, répondit-il, y mettre toute l'eau de la mer. » Il ne put s'empêcher derire de sa simplicité, (et enfant, ou plulôt un ange qui en avait pris la forme , lui ditalors : « \ous pensez donc que je ne réussirai pas? fe vous assure que je viendrais plutôt à bout de mettre toute l'eau de la mer dans ce creux, que vous de comprendre le mystère delà sainte- Trinité. L'esprit de 1 homme, qui est si borné, pourrait-il comprendre Dieu qui est infini? » Cet homme téméraire reconnut que c'était Dieu qui lui donnait une leçon salutaire par la bouche de cet enfant , et ne chercha plus à sonder les profondeurs d'un mystère qui est impénétrable à tout mortel. Cet homme de génie est saint Augustin.

Confesiion rf«5(-ACCtSTra.

QUELQUE PROFOND QUE SOIT LE MYSTÈRE DE LA STE-TRINITÉ, DEVONS-NOUS LE CROIRE PARCE QCE DIEU l'a RÉVÉLÉ*

Voici un passage du Nouveau Testament , où le mystère de la sainte Trinité est évidemment exprimé et manifesté : c'est au baptême de notre Seigneur. Lorsque Jésus sortait de l'eau, les cieux s'ouvrirent:

On vit r Esprit-Saint qui descendit des deux sous Informe d'une colombe , qui se reposa sur lui. En même temps on entendit une voix qui disait du haut des deux : c'est là mon fils Èien-aimé , en qui j'ai mis mes complaisances , écoutez-le. Voilà bien trois personnes de la sainte Trinité: le Père, qui parle du haut des cieux; le Fils, qui est baptisé, et le Saint-Esprit , qui se repose sur sa tête, sous la forme d'une colombe. Et, par ces paroles: ér.outez-le, il nous est ordonné de croira ce divin Fils lorsqu'il révélera ce mystère. Or, il le révèle spécialement lorsque, sur le point de quitter ses apôtres après sa résurrection, il leur dit: Allez, en-^eignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Math. m. xxvm.

l'incrédule confondu par un enfant.

Uu prétendu esprit-fort avait occupé une société de mille déclamations contre les mystères, répétant à cet égard tous les li(;ux communs tajit de fois combattus et réfutés. Il n'avait pas aperçu le jeune athlète qui devait bientôt triompher de lui avec tant de facilité.

Des personnes instruites et animées d'une foi vive et inébranlable prirent la parole, et prouvèrent que si ces mystères étaient au-dessus de la raison, ils ne lui étaient pas contraires, lorsqu'un jeune enfant demanda qu'il lui fut permis de parler à son tour. Son air de modestie plut ; on fit silence : Messieurs, dit il, on m'a souvent dit qu'un mystère expliqué ét?it un mystère anéanti ; et , en effet , le premier mol de notre symbole n'est pas : je saurai, je comprendrai, mais Je crois. Assurément, monsieur n'a point eu tort de dire que nos mystères- ont des profondeurs impénétrables à notre (aible raison.

L'étonnement fut grand , comme on peut !e penser. * L'esprit-fort ne se sentait pas de joie, et croyait déjà-

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