LE PORTIER FIDÈLE ET DÉSINTÉRESSÉ
Un homme pauvre, qui était portier à Milan chez un maître de pension, trouva un sac où il y avait deux cents écus. Sachant bien qu'il devait rendre ce qu'il avait trouvé , il afficha un papier où il avait écrit : « Celui qui a perdu des pièces d'or ou d ar- • gent peut venir les réclamer en demandant un tel, » qui demeure en tel lieu. » Celui qui avait perdu le sac le cherchait de tous côtés ; ayant eu occasion de lire l'affiche , il se hâta d'aller au lieu indiqué. Il donna de bonnes preuves que la somme lui appartenait. Le portier la rendit. Celui qui avait retrouvé son argent: plein de joie et de reconnaissance , offrit au portier vingt écus, que celui-ci refusa absolument; il se réduisit donc à dix, puisa cinq; mais voyant qu'il per-
— . 265 ' — sistaît dans son refus : je nal rien perdu ^ dit-il d'un ton de colère, en jetant par terre son sac \ je n'ai rien perdu , puisque i'uits ne voulez rien recevoir. A ces paroles, l'homnio pauvre se laissa vaincre; il reçut cinq écus, qu'il distribua aussitôt aux pauvres. Quelles noblesse de sentimens !
Rapporté par ». ACacSTlH.