LE MENSONGE PCNI DE MORT
Les premiers chrétiens, pour exercer le détachement des choses d'ici-bas et pratiquer la charité cntr'eux, vendaient leurs biens et en mettaient l'argent en commun pour le distribuer aux pauvres. Or, il arriva qu'Ananie et Saphire son épouse , ayant vendu les biens qu'ils possédaient , retinrent en secret une partie de l'argent , et Ananie vint apporter le reste de l'argent aux pieds des Apôtres. Saint-Pierre , indigné de cette dissimulation, lui dit: « Ananie, pourquoi vous êtes-vous laissé surprendre par le démon, au point de mentir au Saint-Esprit? « Ces paroles furent pour Ananie comme un coup de foudre, et il tomba mort au même moment. Trois heures après, Saphire entra dans l'assemblée, ne sachant pas ce qui était arrivé Saint Pierre lui demanda s'il était vrai qu'ils n'avaient vendu leur terre que pour cette somme ; elle répondit que cela était vrai. Alors le
saint Apôtre lui fit le même reproche qu'à Ananie, et ajouta : « Les jeunes gens qui viennent d'inhumer votre mari sont à la porte, et vont vous emporter vous-même. » Au même instant, cette femme tomba morte, et ces jeunes gons, e'tant entrés, l'emportèrent et l'inhumèrent auprès de son époux.
Saint Jacques de Nisibe, qui vivait dans le quatrième siècle , étant en voyage, quelques pauvres vinrent à lui et le supplièrent de vouloir bien leur donner ce qui était nécessaire pour faire enterrer l'un d'entr'eux qui, disaient-ils, venait de mourir, et qu'on lui présenta étendu par terre. Le saint le leur accorda volontiers, et, adressant à Dieu sa prière pour le mort , il le conjura de lui pardonner les péchés qu'il avait commis durant sa vie. Comme il proférait ces paroles, ce pauvre, qui contrefaisait le mort, mourut en effet, et le saint, ayant donné de quoi faire ensevelir son corps, continua son chemin. Quand il fut un peu éloigné, les auteurs de ce mensonge dirent à celui qui était couché de se lever; comme il ne répondait point, ils lexaminèrent , et le trouvèrent effectivement mort Surpris et alarmés, ils courent après le saint , se jettent à ses pieds , et, fondant en larmes , il lui avouèrent la tromperie dont ils avaient usé, ajoutant que leur pauvreté avait été cause de leur imposture ; mais le conjurant instamment de leur pardonner leur faute , et de ressusciter leur infortuné compagnon. Alors le saint , touché de compassion, se mit à prier, et , par un nouveau miracle, il rendit par ses prières la vie à celui à qui ses prières l'avaient ôtée.
HISTOIRE DE l'ÉVÉQUE FIRMTS.
L'ëvéquc Firmus, dit saint Augustin , cachait par charité dans sa maison un homme qu'on cherchait pour le faire mourir. Les officiers de l'empereur demandèrent à cet évêque où était cet homme. Je ne puis pas vous répondre, leur dit Firmus, parce que je ne puis ni mentir, ni découvrir celui que vous cherchez. On fit souffrir au saint évêque de cruels tourmens , pour savoir de lui où était cet homme ; on le menaça même de la mort ; Je sais souffrir et mourir, leur dit-il, mais je ne sais point parler, quand il s'agit de parler contre la vérité ou contre le prochain. On le présenta à l'empereur, qui, ayant adniiré la vertu de ce saint évêque , le renvoya et fit grâce à celui qu'il cachait chez lui. Ce qui nous fait voir qu'il vaut mieux souffrir la mort que de mentir ou de blesser la charité envers le prochain.
Bapporti par tatnt ACODSm, LA MORT PRÉFÉRÉE AU MENSONGE.
A Autun, le curé de Clermont ayant élë arrêté pas la populace, le maire, qui voulait le sauver, lui conseilla , non pas de faire le serment , mais de permettre au moins qu'on dit au peuple qu'il l'avait fait. « Je vous démentirais auprès de ce peuple , reprit le curé ; il ne m'est pas permis de racheter ma vie par un mensonge. Le Dieu qui me défend de prêter ce serment, ne me permet pas davantage de faire croire que je l'ai prêté. » Le maire se tut , et le curé fut martyr.
M. i'abbé DCBOIS , tts Uirot Chrétitnt.
Il n'est jamais permis de trahir la vérité , mais on peut donner le change à ses ennemis , et porter leur pensée ailleurs.
EXEMPLE
Saint Aihanase s'étant embarqué pour fuir les Ariens, fut poursuivi par eux; ils allaient l'attiiudre, lorsque le saint e:vêque ordonna au pilote de retourner et de traverser la flotte qui portait ses ennemis. Ceux-ci demandèrent à grands cris à ceux du vaisseau : Avcz-vous vu Te'vêque Âthanase? U lui répondirent : Il y a peu de tems quH est passe duns la route même que vous suivez; ce qui était littéralement vrai.
Fie de taint Athanase.
Saint Thomas de Canlorbéry , persécuté par Henri II, roi d'Angleterre , fuyait vers la France, où il devait trouver un asile; il était sur un cheval sans selle et sans bride ; quelqu'un crut le reconnaître : Oest bien- là f en effet, lui dit saint Thomas, la monture d\in archevêque de Cardorléry ! L'iiomme se paya de cette réponse qui était littéralement vraie; il n'insista plus et l'archevêque échappa à ses ennemis.
Vie de Saint THOMAS de Canlorbéry.