HISTOIRE RAPPORTÉE PAR LE VÉNÉRABLE BËDE
Le vénérable Bède rapporte, dans son histoire d'Angleterre, que Conrad, prince très- pieux , avait à sa cour un seigneur à qui il était très-attaché, à cause des grands services qu'il en avait reçus, mais qui, malgré les instances du prince, demeura plusieurs années sans approcher du tribunal de la pénitence. Ayant été attaqué d'une maladie dangereuse, le roi le visita et l'engagea à se confesser, mais il ne put rien obtenir. Il revint, et le trouvant à l'extrémité, il le conjura de ne pas mourir en cet état. Mais ce mal-
heureux, après avoir demeure quelque tems sans répondre, regarda le roi avec des >eux effrayans ; et s'és'e'cria : «Il n'est plus tems, je suis perdu, l'enfer est mon partage. » En disant ces mots terribles, il expira dans l'impénitence et le de'sespoir.
BEDE , Biitoire d'Angleterre. Liwre i.
CELUI QUI A EC LE MALHECR DE COMMETTRE L'^ PÉCHÉ MORTEL DOIT SE CONFESSER AU PLUTÔT , ET NE PAS ATTENDRE A PAQUES.
Un prédicateur commença ainsi une instruction sur le de'Iai de la conversion : « Mes frères , dit-il, en arrivant au miliei de vous pour exercer mon ministère, j'ai eu sous les yeux un spectacle déchirant : un jeune homme traversait précipitamment la place publique, sa voiture se brise; le malheureux échappe à la mort, mais pas un membre de son corps qui n'éprouvât une vive douleur. On s'approche, on le plaint, on s'iniéresse à son sort , on parle de recourir à un médecin : Un médecin, s'écrie-t-il , à Pâques le médecin ! Vous jugez de l'étonnement des spectateurs; ils croient son esprit aliéné. Vous élonnerez-vous, M. F. , si nous vous disons: Ce malheureux , cet insensé, c'est vous-mêrae; en courant précipitamment dans la carrière du vice, vous avez fait une chute funeste; la plus noble partie de vous-même, votre âme est plus que blessée, elle est morte ; on vous parle d'un médecin tout puissant, non par lui-même, mais par la mission qu'il a reçue de Dieu , et qui peut la rendre à la vie; et vous ne cessez de répéter: à Pâques, à Pâques, le recours à ce grand médecin! Combien qui ne mettent pas même de termes à leurs délais :* » Cette comparaison fit une vive impression sur l'esprit des auditeurs, qui pour la plupart se hâtèrent de s'approcher du tribunal de la pénitence.
KÉRACLT , Enteigntmeni de la religion t. i.
Le quatrième commandement de l'Eglise oblige les infidèles à communier chaque année, dans leur paroisse , pendant la quinzaine de Pâques.
PAQUES DES ISEAÉUTES.
Les Israélites se purifiaient avant de manger l'Agneau Pascal , et celui qui n'était pas purifié était condamné à mort. Ils devaient le marger debout, en signe de vigilance, un biton à la main, comme des voyageurs; accommodé avec des laitues amèreS, symbole de la pénitence ; les reins ceints, figure de la pureté: autant de cérémonies qui représentent les dispositions que les fidèles de la loi de grâce doivent apporter à la communion pascale.
TERRIBLE PUNITION d'uN PROFANATEUR DU CORPS DE JÉSUS-CHRIST.
Un jeune homme, qui vivait dans des habitudes criminelles , voulut néanmoins faire ses Pâques. La honte de déclarer ses péchés, et la crainte que son confesseur ne le remît à un autre tems, le portèrent h^ cacher une partie de ses péchés en confession; il reçut l'absolution, et eut l'audace de se présenter à la sainte table, et de recevoir le corps adorable de Jésus- Christ, Ce nouveau Judas ne fit pas impunément une communion sacrilège. A peine eût-il communié, qu'il fut possédé du démon, qui ne cessait de lagiter tous les jours d'une manière horrible. L'évêque s'étant bien assuré de la réalité de la possession, chargea un missionnaire d'exorciser cet énergumène. Le missionnaire voulant faire voir aux assistans que cet homme était véritablement possédé, commande au démon de l'élever et de le tenir suspendu on l'air ; le démon le fit et le tint suspendu près de la voûte ; il lui commanda
ensuite de lui rendre ce corps ; le de'mon obéit et le jeta h terre sans blesser le jeune homme et sans lui faire e'prouver aucune sensation douloureuse. Réponds-moi, lui dit le missionnaire: Pourquoi t'es-tu mis on possession du corps de ce chre'tien? Le de'mon ré[)ondit : Taoais sur lui des droifs, il doit être à moi , il a fait une mamaise communion. Ce jeune homme fut délivre' par les prières de l'église que fit le missionnaire.
Tiré d'un» lettre d'un mhùonnaira de la Chine , au docteur Finilou.