‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 140 sur 252 · LE ROI ET LE SUJET INGRAT ET REBELLE · texte numérisé non relu

LE ROI ET LE SUJET INGRAT ET REBELLE

Un homme du peuple fut admis à la cour d'un homme puissant. Rien ne manquait à sa félicité: honneurs, richesses, plaisirs, tout lui était donné par la munificence du monarque. Tant de bienfaits auraient dû lui inspirer un dévouement sans bornes et

286 «^ un attachement inviolable pour le roi. 11 n'en fut pas ainsi : entraîne' par je ne sais qu'elle passion abjecte, l'ingrat commit contre son bienfaiteur un crime énorme qui ne perça p^s à la vérité dans le public, mais parvint néanmoins à la connaissance du prince, avec toutes les preuves propres à en donner la certitude. Alors le roi usant du droit qu'il avait de punir, prononça la condamnation du coupable. Pâle, tremblant, les yeux baissés, pouvant à peine se soutenir, le malheureux est conduit au lieu du supplice; déjà l'exécuteur de la haute justice tient le glaive levé sur sa tête : c'en est fait, l'ingrat va mourir et subir le

juste châtiment de son crime Mais tout-ii-coup

une voix forte fait entendre ce cri : Grâce , grâce de la part du roi ! ! ! Le coupaple ose à peine en croire ses oreilles, son cœur se dilate de joie. Bientôt l'envoyé du roi arrivé près de lui : « Mon maître est bon , lui dit-il ; oui , il vous accorde votre grâce, mais il veut que vous avouiez votre crime à un de ses ministres , sans en omettre la moindre circonstance. C'est la seule condition que sa générosité vous impose : choisissez entre le supplice et cette voie de salut. — Ah ! montrez-moi ce ministre, s'écrie le coupable, transporté d'une joie nouvelle ; je suis prêt à tout avouer, je n'ai qu'une crainte, c'est que mon roi ne se rétracte. » L'envoyé lui répond : Mon maître est bon ; et pour preuve de sa clémence, il vous permet de choisir sur trente de ses ministres celui qui vous inspire le plus do confiance ; de plus, il enjoint à ce ministre un silence absolu sur tout ce que vous lui aurez confié, sous peine de venir lui-même prendre votre place à l'échafaud. n Qui pourrait juger des nouveaux transports du patient, et des bénédictions que la foule adresse au monarque ...

Pécheurs! ne vous reconnaissez -vous point dans ce coupable? et dansée roi clément, ne reconnaissez-

vous pas voire Dieu.... Oui, c'est vous qui, honorés d'une protection toute spe'ciale et couverts de ses bienfaits , avez osé vous révolter contre le Seigneur. Sa justice vous a atteints, convaincus et condamnés; déjà elle a préparé votre supplice. Mais une voix, celle de la miséricorde, s'est fait entendre et à demandé grâce pour vous. Oui, le Seigneur vous pardonne , il ne vous impose pour cela qu'une condition, c'est que vous accuserez vos crimes à un de ses ministres ; et il vous permet de choisir non pas entre trente ministres, mais entre mille, celui en qui vous mettrez votre confiance; le secret le plus impénétrable couvrira vos aveux ; et le prêtre qui romprait le silence, devenu plus coupable que vous-même, prendrait votre place et subirait une condamnation plus rigoureuse. Cessez donc de blasphémer la clémence infinie, et d'appeler cruauté ce qui devrait au contraire vous sembler un excès de miséricorde et d'indulgence ; et, convaincus que la confession est un moyen nécessaire pour rentrer en grâce avec Dieu , hâtez-vous de vous soumettre à celte condition, qui n*est pénible que pour un orgueil insensé.

Le P. OCYOW.

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