LOUIS XVI ET LE VIEIL OFFICIEB
Depuis la fin du règne de Louis XV, on servait gras et maigre à la cour, les jours d'abstinence , lorsqu'il y avait eu chasse. Louis XVI, ce prince craignant Dieu , fit réformer cet abus. Un vieil officier soutenant h ce sujet que ce qui entre dans la bouche ne souille pas l'âme, se croyait, d'après ce principe, dispensé de la règle commune. « Non ! Monsieur, ren prend le roi avec véhémence, ce n'est point préci- » sèment de manger de la viande qui souille l'âme » et fait l'offense , mais c'est la révolte contre une au- » torité légitime etTinfrartion de son précepte formel ; » tout se réduit donc ici à savoir si J.-C. a donné à » l'église le pouvoir de commander à ses enfans, et à » ceux-ci l'ordre de lui obéir; le catéchisme l'assure: » mais , puisque vous lisez l'évangile , vous eussif^z dû » voir que J.-C. dit quelque part que quiconque n'é- » coûte pas Végllse doit être regardé comme un paycn, et » je m'en tiens-là.» Celte belle réponse était assurément digne d'un roi très-chrétien.
HARGCET , Enai êur l'Abtlinence.
BEL EXEMPLE DE FIDÉLITÉ A LA LOI DE l'aBSTINENCB.
Le même monarque , devenu ie jouet de ses persécuteurs, fut mis à toutes sortes d'épreuves. Ses bourreaux, qui se faisaient une gloire sacrilège de se révolter ausi bien contre l'Église que contre leur légitimg souverain, lui servirent du gras un jour de vendredi ne se contentant pas de l'avoir privé de sa liberté
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mais voulant encore tyranniser sa conscience. Sans articuler aucune plainte , le roi prit un verre d'eau , y trempa un peu de pain, et en souriant prononça ces mots: i>oilà mon dîner. Quel exemple !
MAROIIET , Eitai tur l'JbtfUnee. DIDEROT ET LE DOCTEUR EN MÉDECINE.
Un célèbre médecin, grand naturaliste et non moins pieux que savant , fut invité à dîner chez M. de BufFon Des hommes encore plus fameux par leur incrédulité que p.ir leur savoir se trouvèrent au repas. C'était un vendredi , et le maître d'hôtel qui avait peut-être oublié que c'était un jour d'abstinence, ne mit sur la table, au premier service, que du gras. Le docteur chrétien no mangeait pas ; il était bien résolu à attendre jusqu'au moment où l'on servirait le désert. La plupart des couvives s'en aperçurent , et plusieurs ne savaient à quoi en attribuer la cause. Parmi ceux qui la devinèrent fut Diderot, si connu par sa haine contre le Christianisme. 11 fit d'abord celte question au docteur : M. le docteur , pourquoi ne mangez.-vouspas? et il ajouta aussitôt : serait-ce parce que c'est aujourd'hui vcndiedri, et que vous ne voyez ici que du gras ^ Le médecin religieux répondit : Oui , Monsieur, et je suis lien com^aincu que les admens grau sont très-nuisibles tous les jours de la semaine oii Péglise tes défend. M. de Buffon fit venir son maître-d'hôtel et lui ordonna de servir du maigre , ce qui fut fait»
riLASSIES , Viet. kUi.
Mgr le duc d'Orléans invita le célèbre Boileau à dîner : c'était un jour maigre, et l'on n'avait servi que du gras. On s aperçut qu'il ne touchait qu'à son pain »
« n faut bien, lui dit le prince, que vous mangiez gras comme les autres ; on a oublié le maigre. » — c( Vous n'avez qu'à frapper du pied, Monseigneur, lui re'pondit le poète , et les poissons sortiront de terre. » Cette réponse de Bolkau plut au prince, et sa constance à ne vouloir point toucher au gras fit honneur à sa religion.
Did. d'Éducation.