‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 158 sur 252 · I^E VOYAGEUR MALHEUREUX · texte numérisé non relu

I^E VOYAGEUR MALHEUREUX

Un jeune homme, traversant une forêt, n'y eut pas plutôt marché quelque tems , qu'il fut assailli par

un monstre épouvantable ; qui , sur un corps de lion , portait sept grosses tètes de serpent. L'animal , au sortir de sa caverne , vint droit à lui avec des yeux dtincelans, e'ievani ses sept têtes, dardant ses sept langues, et faisant retentir l'air de ses horribles sifflemens. Le jeune; homme , qui était fort et courageux , ne se déconcerta point à cette vue; il l'attendit de pied ferme; il n'avait d'autres armes qu'une hache suspendue à sa ceinture , selon l'usage du pays ; il la saisit, et du premier coup qu'il porte à le bète, il lui abat quatre têtes; d'un second coup, il lui en abat deux. Le dragon , affaibli par celte perle , resta quelque temps étendu sur la place. Notre voyageur le croyant mort, remit sa hache à son côté, et continua sa route, sans abattre la beptième tête. A peine avaitil fait quelques pas , que le monstre se ranimant, se jeta sur lui avec furie , le saisit avec ses dents meurtrières, et l'emporta dans sa caverne où il le dévora.

Voici l'explication de celle parabole : !" Ce dragon représente les sept péchés mortels, qu'il faut combattre courageusement avec les armes de la foi. 2° Il ne suffit pas d'abattre six têtes à ce monstre, si vous lui en laissez une , vous êtes perdu. Que sert-il d'être exempt de plusieurs passions, si vous en avez une qui soit maîtresse de vous? Le plus souvent ce n'est qu'un vice qui damne les hommes. Examine^^ si en combattant le lion infernal, vous ne lui avez point laissé une tête qui suffit pour vous dévorer; voyez si en combatlanl vos passions, vous n'en épargnez pas une favorite qui seule suffit pour causer votre damnation. Votre victoire est vaine, si elle n'est pas entière. 3'' Il faut persévérer jusqu'à la fin, combattre jusqu'à la mort : n'allez pas vous lasser dans ce combat ; ne vous donnez aucun repos que vous n'ayez défait tous vos ennemis, autrement ils se saisiront de vous >

lorsque vous vous croirez en sûreté, et vous entraîneront avez eux dans l'abîme de l'enfer.

' L*P. B. OIBACDEAD.

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