DE L'ORGUEIL
On pèche par orgueil, quand on pense avoir de soi-même ce qui nous vient de Dieu, quand on méprise les autres , et qu'on veut s'élever audessus d'eux.
PUNITION DE NABTJCnODONOSOR.
Nabuchodonosor , roi de Babylone. après avoir vaincu lee Juifs , les Syriens , les Moabiles , et fait la conquête de l'Egypte et d'une partie de la Perse , s'appliqua à embellir sa capitale, et à y faire construire de superbes bâîimens- Enorgueilli de ses succès et de ses richesses, il jetait fièrennent les yeux du haut de son palais, sur toute la vilie. « N'est-ce pas » là, disait-il, cette grande et magnifique ville que
> j'ai bâtie dans la grandeur de ma puissance et dans » 1 éclat de ma gloire , pour en faire le sie'ge de mon
> empire ?» 11 n'avait pas achevé ce discours, qu'une voix du ciel se fit entendre et lui dit : « Votre royaume » va passer en d autres mains. Vous allez êtreretran- » ché de la société des hommes , vous rechercherez » celle des animaux des forêts , vous vous nourrirez » d'herbes et de foin comme les bêtes de charge , M vous passerez ainsi sept années, jusqu'à ce que vous » reconnaissiez que le Seigneur Dieu tout- puissant » exerce un empire absolu sur les royaumes de la » terre , et qu'il les donne à qui il lui plaît. » Cette prédiction s'accomplit à linstant : il tomba malade, et crut être un bœuf. On le laissa aller parmi les bê-~ tes dans les bois. 11 y demeura sept ans , à la fin des-»^
quels ayant fait pénitence de ses péch(^s , il remonta sur le trône. Il mourut un an après dans de grands sentimens de religion.
BELLE RÉPONSE d'uN nO>fME SANS NAISSANCE A UN NOBLE OBGUEILLECX.
Fier de son nom , qu'il déshonorait par ses vices un noble voulait humilier un homme sans naissance, mais d'un grand inéiite , et lui reprochait de manquer d'ancèlres. Le sage loin de s'irriter, lui dit en souriant : « Si mon origine me de'shoriore , toi tu de'shonores la tienne. » Parole admii iblc, t^lernel sujet de médiation ! puisse-t elle nous rappeler sans cesse que rien n'est au-dessus du mérite personnel.
Eibliothi^ue des PP. de t'Bglise. t. 7. p. ia.
La vertu opposée à l'of^gueil est rhumilité qui uous fait connaître nos défauts, et nous empêche de mépriser le prochain.
EXEMPLE d'une FAUSSE HUMILITÉ.
Un solitaire qui faisait paraître une profonde humilité, vint un jour che-^ l'abbe' Sérapion; ce bon vieillard l'invita, selon sa coutume, à offrir avec lui sa prière à Dieu. Mais le solitaire lui répondit qu'il avait commis tant de pé( hés , qu'il s'estimait indigne de cet honneur, et de même de respirer l'air commun à tous les hommes. Il ne voulut aussi s'asseoir qu'à terre, et non sur le même Mege. Il fit encore plus de résistance, quand on voulut lui laver les pieds. Enfin , lorsqu'ils furent sortis de table, Sérapion lui ayant donné quelques avis, avec foute la douceur possible, s'aperçut du mauvais effet de sa remontrance. « Eh ! » quoi, mon fils, lui dit alors le sage vieillard , vous
M disiez , il n'y a qu'un moment , que vous aviez fait
» tous les crimes imaj^inables ; vous ne craigniez
> point de passer dans mon esprit pour un homme
» de frès-ïn;iuvai$.o vie; d'où vient donc cprun sim-
» pie averiisseinent q<ie je vous doime , qui n'a fien
» d'olfensant , et que vous devriez même recevoir
» fomme un gtge de ma tendre aifectioii , vous con-
» triste ïi fort, qui- je vois e'clater $ur votre visage le
» ch.'igriii , le de'jxi et rindi^naiion la plus étonnante ?
» avoutz-le, mon frèi e , vous altenciiez l'éloge de
» votre humilité Jipparente ; vous auriez été fori con-
» tent si je vous eusse répondu par ces paroles du li-
» vre des proverbes '• Le juste commence son discours
» par s'accuser /ui- même. La vraiehumilié neconsiste
» pas à s'imputer de grands crimes que personrie ne
J» croira, ma!;: à souitrir en paix et à savoir estimer
» les injures qu'on nous fait, même sans aucun fon-
» dénient. »
Vie des PP. du Dcserlj