‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 161 sur 252 · M. DE MONT-MARTEL , OU LB PÈRE FORMANT CN COEUR GÉNÉREUX A SON FILS · texte numérisé non relu

M. DE MONT-MARTEL , OU LB PÈRE FORMANT CN COEUR GÉNÉREUX A SON FILS

Un homme très-riche, M. de Mont-AÏTrtel , donnait pa' mois h son fils une somme conside'rable pour ses menus plaisirs S'éiant aperçu que le jeune homme accumulait depuis long-îems ces diverses somnrjes, il voulut remédier à un vice dont les suites sont toujours funestes dans un homme riche , et qui est vraiment horrible surtout dans la jeunesse. La tendresse de ce père, justement alarmt^e , lui suggère un moyen aussi ingénieux quhonnète» Il prévient son curé, lui confie son projet, et l'invile à dîner pour le lendemain. Le pasteur se rend à l'invitation : pendant le repas , on s'entretient de la misère des pauvres de la paroisse. Le pasteur fait observer que les ressources lui manquent peur satisfaire aux besoins de l'indigence ; qu'il frappe en vain à toutes les portes, et que plus la misère semble s'accroître et multiplier les malheureux, plus il s'aperçoit que la charité se resserre et se refroidit.

A ce tableau pathétique de la misère générale, !e père adresse la parole à son fils, et lui demande si ses entrailles ne sont pas vivement émues par cette peinture de l'humanité souffrante ; il ajoute qu'il lui connaît une âme trop sensible pour n'être pas persuadé qu'il contribuera de tout son pouvoir au soulagement de tant d'infortunés, qui n'ont plus d'espérance que dans la compassion des riches : « Je sais , ajouta-t-il, B que vous avez en réserve une somme assez consi- » dérable*, je me flatte que vous l'avez destinée à de » bonnes œuvres. Bénissez la providence qui vous » présente une occasion aussi favorable de signaler » votre bon cœur; livrez généreusement à M. le curé » ces trésors vils en eux-mêmes, et qui n'ont de va-

» leur et do prix qni> par le bon usage qu'on en fait ; » il \'is répandra en votre nosn dans le sein des pau- » vres >» .

En même tems, M. de Mont-Martel ordonne à un domestique de suivre son jeune maîire dans sa chambre , et d'apporter l'argent dont il fait un geiiéreux sacrifice. En t'ffi't , le jeune homme , attendri jusqu'aux larmes, se dépouille sans murmurer de tout son argent , qu'il remet entre les rnains du pasteur. Celui ci l'embrasse et Tissure que cette somme sera dist^ibue'e à son intention. Le père termine celte scène touchante en comblant son fils de louanges et de rarresses : il augmente ses menus plaisirs , et lui re* commande d'en faire toujours un aussi bon usage.

CABEOil , de l'Éducation, t. ler.

TRAIT FRAPPANT d'aVARICE.

11 y a peu de tems qu'il est mort à Paris un particulier, ce'libataire , âgé de 80 ans, qui habitait le même logement depuis Z|o ans, avec une vieille gouvernante. Cet homme vivait d'une manière misérable, mal vêtu et mal nourri, se refusant même le nécessaire, allant quelquefois dans un café voisin, pour s'éviter la dépense du chauffage. Ses héritiers étaient des petits neveux qui ont été appelés à reconnaître sa succession. Ouverture a été faite, en leur présence, par un serrurier , d'un vieux coffre fermé, dont on ne soupçonnait pas l'usage, d'après le genre de vie du propiiétaire. On y a trouvé p'us de deux millions en or que cet avare y avait entassés. Il possédait plus de

60,000 fr. de rentes. EchodelaSanhiiaurdeciSiS.

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