DE L'AVARICE
On pèche par avarice, quand on aime tt'op les biens de ce monde, et principalement l'argent.
PUNITION TERRIBLE d'uN AVARE.
On raconte, au sujet d'un avare , un trait bien singulier, et une fin bien tragique. Cet homme, possédé du démon de l'avarice, ne pensait qu'à accumuler biens sur biens et richesses sur richesses. Comme il craignait qu'on ne lui enlevât ses trésors, il avait pratiqué dans le fond de sa cave un endroit souterrain avec une porte de fer, masquée de manière à n'être point aperçu : là , des qu'il avait reçu quelque somme , il l'allait cacher, et contemplait à loisir son or et
son argent dont il faisait son Dieu. Un jour qu'il porta une somme considérable dans ce sombre réduit, il oublia de tirer sa clef et de la prendre avec lui; il ferma Il porto sur lui et compta ses trésor entassés. Quand il les eut comptés à loisir il voulut se retirer; mais la porte ne pouvait s'ouvrir en dedans , de sorte qu'il se vit enfermé sans pouvoir sortir; on peut juger de la situation horrible où il se trouva dansée funeste moment. 11 y a apparence qu'il cria , qu'il frappa long-toms ; mais qui aurait pu l'entendre, et qui se serait avisé de le chercher dans un tel endroit? Cependant cet homme ne paraissant plus , sa famille fut, comme on peut juger dans la plus grande peine. On chercha , on fit chercher de tous côtés , sans pouvoir en apprendre aucune nouvelle : on pensa, ou qu'il s'était peut-être noyé, ou qu'il a%'ait été assassiné ; en un mol , que par quelque accident funeste il avait péri. Dans cet intervalle de tems, un serrurier qui entendit parler de cet événement , se rappela que cet avare lui avait autrefois ordonné de faire secrètement une porte de fer, avec une serrure à ressort , et qu'il aurait bien pu arriver que par méprise, il se fût malheureusement enfermé. Il déclara la chose , il conduisit dans l'entlroit cai hé où il avait placé eu secret celte porte : on l'enfonça, et quel fat l'étonnemerit , l'effroi et l'horreur, quand on aperçut le cadavre decelti? homme entièrement pourri et rongé de vers! on comprit alors ce qui en était; on fouilla, on trou'a des sommes immenses accumulées , vrais trésors de colère et de malédiction devant Dieu.
BAGDBASD, Uitl. Èdif
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