‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 18 sur 252 · VEN»RED1-SAI.\T · texte numérisé non relu

VEN»RED1-SAI.\T

Nulle part , dans toute la chrétienté catholique , le vendredi saint n'est solennisé d'une manière aussi lugubre qu'en Portugal, et particulièrement à Lisbonne. Dans ce jour, toutes les boutiques sont fermées, toutes les cloches se taisent, jusqu aux clochettes des mules. Tout le monde est vêtu de deuil : nulle part , on n'aperçoit de lumières; le maître-autel même n'est éclairé que de petites lampes. Les ft-nêtres des églises sont couvertes de tentures : les tableaux et tous les ornemens sont enlevés ou voilés. Le lendemain tout change d aspect. Un homme, délégué par sa confrérie, vêtu d'un manteau de laine rougp, et portant une bannière de la même couleur, sur laquelle est peint le Saint-Esprit , sous la forme d'une colombe , parcourt les rues, recommandant aux prières et aux bonnes œuvres des fidèles, les âmes qui gémissent dans le purgatoire . et donnant à baiser la bannière. Cependant la foule court sur les grandes places, où est ex-

posé un mannequin représentant le traître Judas. II a une corde au cou , au moyen de laquelle on lui fait faire mille gambades qui provoquent les rirts et les moqueries du peuple. Ensuite il est pendu à un pieu > puis détaché et traîné dans les rues. Enlin, on allume des artifices dans sa tête qui est lancée dans les airs , tandis que le tronc mutilé est précipité dans le Tage.

Archives de ta relig. caihotique , p^ge 67. LE DEISTE COÎIVERTI. •

Un gentilhomme très-estimable, qui avait voyagé dans la Palestine , rapporte que son compa.gnon de voyage, déiste plein d'esprit, cherchait, chemin faisant , à tourner en ridicule les récits que les f>rètres catholiques leur faisaient sur les lieux sacrés el es saintes reliques. Ce fut dans ces disposi ions qu'il alla visiter les tentes du rocher que Ton montre sur \e Mont Ca/t>aire , comme l'effet du tremblement arrivé à la mort de Jésus-Christ, et que l'on voit aujourd'hui renfermé dan"; le vasie dôme construit par l'empereur Constantin. Mais, lorsqu'il vint à examiner ces ouvertures avec l'exactitude el l'attention d'un naturaliste , il dit à son ami : Je commence à être chré- //e/2. J'ai fait, conlinua-t-il, une longue étude delà physique el des mathématiques, et je suis assuré que les ruptures du rochrr n'ont jamais élé produites par un tremblement de terre ordinaire et naturel. Un ébranlement pareil eût, à la vérité, séparé les divers lits dont la masse est composée , mais c'eût été suivant les veines qui les distinguent et en rompant leurs liaisons par les endroits les plus faibles. J'ai observé qu'il en est ainsi dans les rochers que des tremblemens de terre ont soulevés, et la raison ne nous apprend rien qui n'y soit conforme. Ici , c'est toute autre chose , le roc est partagé transversalement, la ruptuie croise les veines d'une façon étrange et surnatu-

relie. Je vois donc clairement et démonstrativemenl que c'est le pure effet d'un miracle, que ni l'art ni la nature ne pouvaient produire. C'est pourquoi, ajouta-t-il ,je rends grâces à Dieu de m'avoir conduit ici pour que je contemplasse ce monument de son merveilleux pouvoir, monument qui met dans un si grand jour la diviniLf^de Je'sus-Christ.

Sacra tegei, tam. t.

RIEN DE PLUS PROPRE A NOUS CONSOLER DANS LES SOUF- FRANCES QUE LE SOUVENIR DE LA PASSION DE J.-C.

Sainte Madeleine de Pazzi , digne fille de sainte Thérèse , se distingua surtout par l'ardent amour qu'elle avait pour les souffrances. Quelque rudes que fussent les épreuves auxquelles Dieu mit sa patience , elle ne purent jamais la lasser et plus elle souffrait, plus elle désirait souffrir. Dans le temps qu'une maladie violente lui faisait éprouver les plus vives douleurs, une de ses sœurs lui demanda d'oij pouvait lui venir cette patience et cette force qui faisait qu'elle ne se plaignait jamais, et qu'elle ne par-' lait jamais de ses maux? Voyez, lui répondit la sainte, en lui montrant un crucifix qui était au pieds de son lit, voyez ce que f amour iixfini de Dieu a fait pour mon salut ; r^est là ce qui me soutient , cesl là ce qui me console , pourrait-on se plaindre de ce que Von souffre quand on a sous les yeux les souffrances d'un Dieu cruelle ?

BELLE PAROLE d'uN PAYSAN VENDÉEN.

Un paysan de la Rairie , sortant du conviai , la tête entr'ouvcrte d'un coup de sabre, et inondé de sang , disait aux jeunes vendéennes qui pleuraient en pensant ses plaies : Mes bonnes demoiselles cela n'est rien : Jésus-Christ à souffert bien davantage.

P« 8APISACD , Fo^agt dant la Fendit.

ttlEN DE PLUS PROPRE A ROCS INSPIRER l'hORRECR DW PÉCHÉ QUE LE SOUVEMR DE LA PASSION DE J.-C.

L'i souvenir de la passion de J-C. fut le moyen dont ce divin Sauveur se servit pour la sanrtificalion I de sainte Catherine de Gênes, et pour allumer dans son cœur le feu du divin amour qui la consuma toute sa vie. Jésus lui apparut, portant sa croix sur ses e'paules, tout couvert du sang qui coulait abondamment de toutes les paities de son corps. La sainte, à la vue d'un spectacle si surprenant, fut saisie d horreur en disant re'flexion que ses pë<hés avaient mis son Sauveur dans cet état. Elle se mil à éclater en soupirs ; son cœur fut pénétré d'une si vive douleur et d'un amour si véhément, qu'elle semblait êlre hors d'ellemême. Elle s'écriait dans ce transport : O amour! jamais plus de péchés , puisqu'ils vous ont coûté si cher !

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