ESTIME QUE SAINT-LOUIS FAISAIT DE LA GRACE DU BAPTÊME
Saint-Louis, roi de France , attachait tant de prix à la grâce de son baptême, qu'il signait souvent Louis de Poissy ^ parce qu'ayant eu le bonheur de recevoir ce sacrement à Poissy, il estimait le titre d enfant , de Dieu et de l'Église au-dessus du titre de Roi.
FU de S, LOOK.
XE 8AÏNT DIACRE MURITA.
Nous lisons dans l'Histoire de l'Église qu'un saint Diacre ^ nommé Murita , ayant tenu sur les fonts sacrés un jeune homme nommé Epiphidore , eut la douleur de le voir devenir apostat, et persécuteur des Chrétiens. Un jour qu'il exerçait publiquement la pers^écution , au milieu d'une foule immense , le saint Diacre parut tout-à-coup ; il avait conservé les vêtemens blancs dont Epiphidore avait été revêtu, lorsqu'il fut baptisé, et les lai montrant , il lui adressa ces foudroyantes paroles : t Voilà les témoins de ton apostasie; ces témoins t'accuseront au tribunal du souverain juge. La voilà cette robe blanche dont je t'ai revêtu sur \es fonts sacrés ; elle demandera ven-
geance contre foi, elle se changera en un vêtement de feu et de flammes qui te dévoreront pendant l'éternice' tout entière. » Ceux qui entendirent ces paroles fondirent en larmes, et Epiphidore se retira couvert de confusion.
Bittaire àt l'tgtitf.
HISTOinE DE GENË8.
On faisait des réjouissance à Rome, et l'empereur Diocle'tien s'y était rendu. Le comédien Genès crut ne pouvoir mieux divertir la cou- impie , qu'en contrefaisant, par dérision , les cérémonies du baptême. Il parut couché sur le théâtre, xomme s il eût été malade , et demanda à êire baptisé, pour mourir tranquille. On fit paraître deux autre? comédiens travestis, l'un en prêtre, et l'autre en exorciste. Ils s'approchèrent du lit et dirent à Genès : Vlon enfant, pourquoi me faites-vous venir? A l'instant le cœur de Genès fut changé , et il répondit très-?érieusement : Parce que je voux recevoir la grâce de Jésus-Christ , et , par la sainte régénération, obtenir la délivrance de mes péchés. On crut qu'il n'en jouait que mieux son rôle. On accomplit les cérémonies du sacrement; et, quand on lui eut mis les habits blancs, des soldats le prirent en continuant la farce, et le présentèrent à l'empereur pour être interrogé comme les martyrs. Genès , profitant de la facilité naturelle qu'il avait pour la parole, d'un air et d'un ton inspirés, fit ce discours du lieu élevé où il était : « Ecoutez, empereur et courtisans . sénateurs , plébéiens, tous les ordres de la superbe Rome, écoute/-moi. Ci-devant, lorsque j'entendais seulement proférer le nom de Jésus-Christ , j'en frissonnais d'horreur, et j'outrageais , autant qu'il était en moi, ceux qui professaient cette croyance; j'ai pris en haine plusieurs même de mes proches et de mes alliés, à cause du nom chrétien ,
et )'ai détesté cette re'^ion au point de m'instruire exactement de sesmystèios, comme vous l'avez pu voir, afin d'en faire le jeu public; mais , au moment que l'eau du baptême a touché ma chair, mon cœur s'est changé, et, à l'interrogation qu'on m'a faite, j'ai répondu sincèrement qae je croyais. Je voyais une main s'étendre du haut des cieux , et des anges , étincelans de lumière, planer au-dessus de moi- Ils ont lu, dans un livre terrible , tous les péchés que j'ai commis dès mon enfance, les ont effacés aussitôt après, puis m'ont fv-'montré le livrt plus blanc que la neige. Vous donc maintenant, grand 'empereur, et Vous , spectateurs de toute condition, que nos jeux sacrilèges ont fait rire de ces divins, mystères, croyez avec moi, qui suis plus coupable que vous, que fésus-Christ est le Seigneur digne de tios adorations, et tâch*?z d'en obtenir aussi miséricorde. »
L'empereur Dioclétien , également irrité et surpris, fit d'abord frapper Genès à coup de bâton, puis il ie remit au préfet Plautien, afin de le contraindre à sacrifier aux idoles. Le préfet employa toute? les tortures à pure perte : Genès répondit constamment ? « Il n'est point de maître comparable h celui qui vient de m'apparaître; je Tadore et le chéris de toute mon âme : quand j'aurais mille vies à perdre, rien ne me séparera de lui : jamais les tourmens ne m'ôieront Jésus-Christ de la bouche et du cœur; je sens le plus vif regret de tous mes égarerons passés , et de ce que j'ai commencé si tard à le servir, a On s'aperçut que son éloquence faisait impression, et on s'empressa de lui trancher la tête. rude^sainu.
TRAIT EXTRAORBINAIRE d'uN SAUVAGE.
Un missionnaire du nouveau monde en parcourait les régions les plus écartées pour gagner des âmes à J.-C... Il se présenta un jour à lui un sauvage dont
les riispositions lui parurent cxlraordinaîres. Dès qu'il fut bien instruit des mystères de notre sainte religion et de ce qui regarde les sacremens, il lui administra le baptême et la sain'e Eucharistie ; qu'il reçut avec les plus vifs transpprts de la reconnaissance et de l'amour. Le misstornaire partit pour aller faire d'autres excursions apostoliques, etre\int un an après dans un lieu où e'tait |i?sauTage devenu chre'tien. Dès que celui-ci eut connaissance de l'arrive'e du missiooûaire , qu'il regardait comme son père, il se rendit auprès de lui, et le conjura de lui donner de nouveau la sainte communion. «Oui, mon fils, lui dit-il; niais il faut auparavant que vous confessic:^ les péchés mortels dont vous avez pu vous rendre coupable ; ne craignez rien , je vous aiderai à vous accuser. » . — Quoi! mon oère répondit le sauvage avec étonnement, il y aurait des chrétiens qui, après avoir été baptisés et aouir reçu 'e corps deJ.-C.^ seraient assez ingrats pour V outrager, paf quelque péché mortel 'i grâces à Dieu , Je ne crois pas être coupai/le tT aucun de ces péchés. Il fondait en larmes en accusant les fautes les plus légères. Le missionnaire, dans l'admiration , bénissait Dieu , voyant qu'il était servi et glorifié par des âmes fidèles et ferventes jusques parmi les peuples les plus sauvages.
Ititrtt ÉdifianUt.
LES DEUX MISSIONNAIRES ET l'iNDIEN.
Deux missionnaires, voyageant dans les Indes, l'un d'entr'eux se sentit vivement inspiré de se détourner de la grande route et de s'enfoncer dans un bois. Son compagnon de voyage eut beau lui dire qu'ils allaient s'égarer, le premier suivit le mouvement intérieur qu'il éprouvait et engagea le second à venir avec lui. Après avoir marché quelque tems, comme à l'aventure , ils arrivèrent à une espèce de cabane faite de
branches d'arbre. Entre's dans ce lieu , ils y trouvèrent un vieillard qui e'tait presque mourant. Le missionnaire lui demanda s'il avait quelque connaissance de Dieu. Je sais, dit le moribond , qu'il y a un souverain Être qui m'a donne' l'existence ; mais je ne le connais pas, et je dt^sirerais bien qu'il se fît connaître à moi. C'est lui-même , répliqua le missionnaire, qui nous envoie ici, pour que vous le connaissiez. Mais dites-moi, mon bon ami , n'avez-vous point tue' quelqu'un, comme font si souvent vos compatriotes.'' — Non; je ne voudrais pas qu'on m'ôtâl la vie : je ne dois pas l'ôter aux autres. — N'avezvous point vole'? — Non; j'ai fort peu de chose, ma hache, mon arc, mes flèches ; je ne voudrais pas qu'on me prît ce peu qui m'appartient , pourquoi prendrai--je ce qui ne m'appartient , pas — N'avez-vous point menti? — Qu'est-ce que mentir? — C'est parler contre sa pensée, contre la vérité.... — Non.., quand j'interroge quelqu'un, je suis bien aise qu'il me parle juste; je dois faire aux autres ce que je désire qu'ils me fassent à moi-même. Enfin l'homme apostolique , après avoir sommairement parcouru tous les points de la loi naturelle , trouva que ce boa vieillard n'avait jamais, au moins mortellement, offensé Dieu. Il l'instruit de nos mystères , lui en fait faire un acte de foi, et lui demande s'il veut être baptisé. Le malade y consent, mais il ne trouve point d'eau. Un des missionriaires sort de la cabane pour voir s'il ne se trouvera point quelque ruisseau ou quelque fontaine. Après bien des recherches , il trouve de l'eau dans l'endroit où il l'attendait le moins. C'était sur une feuille d'arbre large, épaisse et concave; il s'en trouva suffisamment pour administrer le baptême. Notre bon vieillard le reçut avec foi, et mourut fort peu de tempsaprès, comblé de la plus sainte allégresse. Leiiret Edifiantet,