AVEU DE LUTHER
Luther disait h Calvin : « Ces paroles trop claires : lÀci est mon corps , me coupent la gorge. » En effet, Luther lui-même a défendu le dogme de la présence réelle , avec une force et une sincérité que l'on ne devait pas , ce semble , attendre de lui.
Botiucl , Bittoire dt$ Fariottint , livre |5.
LES GRECS , SÉPARÉS DEPUIS TANT DE SIÈCLES DE l'ÉGLISE ROMAINE , n'ont Qu'uNE MÊME DOCTRINE AVEC l'ËGLISE ROMikINE , AU SUJET DE l'eUCHARISTIE.
M. Arnaud, dans les discussions qu'il eut avec Claude, célèbre protestant, au sujet du dogme eucha'-istique , avait tellement pressé son adversaire , qu'il lui fit avouer que si l'église grecque admettait la présenct^ réelle de 'ésus Christ dans l'eucharistie, les deux églises d'Orient et d Occident étant d'accord, il fallait se rendre. Le marquis de Pompone était alors ministre; il écrivit^ au nom de Louis XIV, à M. Nointel, ambassadeur à Constantinople, et le chargea de recueillir les professions de foi de tous les évêques
grecs schismatiques, et de ceux même qui étaient en état de schisme avec les Grecs se'pare's de nous. Elles arrivèrent en foule, remplies de clameurs contre l'Église romaine , et ces clameurs sur des objets peu iniportans , ajoutaient encore à la force du témoignage rendu au dogme de la présence réelle par ces e'vêques qui accusaient hautement M. Claude d'avoir calomnié leur foi.
On demande avec inquiétude si le ministre protestant abjura l'erreur comme il l'avait promis. Déplorable effet de l'esprit de parti I il se refusa à l'évidence ; et de tout se réduisit à faire dire dans Paris que M. Arnaud avait désorienté son adversaire.
UÉB&CLT , Ut Aptiogitin.
GRâjyD MIRACLE AU SUJET DE l'eUCHARISTIE.
Un Juif, nommé Jonathas, demeurant à Paris, rue des Billettcs, retenait en gage quelques habits d'une pauvTe femme. Le jour de Pàque il lui offrit de les lui rendre pour paraître plus décemment à l'église, à condition qu'elle lui remettrait l'Hostie qu'elle allait recevoir à la Communion. Elle l'apporta en effet au Juif qui se mit aussitôt à exercer toute sa rage contre l'Hostie sainte. Il la perce à coups de canif: le sang ruisselle et ranime sa fureur , il la perce d'un clou avec un marteau : le sang coule de rechef. II la jette au feu : elle en sort tout entière et semble vouloir éviter ses poursuites. !1 veut la tailler en pièces , et il ne peut en venir à bout. Il l'attache à un lieu infect; il la frappe d'une lance , comme pour renouveler, autant qu'il est possible , le crime de ses pères ; un ruisseau de sang jaillit de nouveau. Enfin , le Juif plonge l'hostie dans une chaudière d'eau bouillante ; à l'instant l'eau paraît ensanglantée , et l'Hostie s'élevant prend la forme d'un Crucifix. Cette dernière
merveille étonne enfin le malheureux Juif, qui se relire confus.
Cependant son fils étant sorti, dit à des enfans qu'il voyait aller à l'église que vainement ils allaient adorer leur Dieu et que son père venait de le tuer. Une femme qui passait entendit cette naïveté de l'enfant ; elle entre dans la maison; elle voit les vestiges horribles de la brutalité du Juif, et l'Hostie sainte qui vient d'elle-même se placer dans un petit vaisseau qu'elle avait en main. La femme chrétienne la porte à l'église de' Saint-Jean-enrGrève , et la remet au curé. L'évêque de Paris instruit de ce qui s'était passé, fait saisir le coupable qui confesse lui-même son crime et qui , ayant refusé de se convertir, est livré au bras séculier, condamné au feu, et exécuté. La femme et les enfans du Juif se convertirent et reçurent le Baptême. UémoinÊ <U Trévoux, an lyjg.