TRAIT RAPPORTÉ PAR LE P. C ATA NÉ
Une personne, qui voulait commencer une vie régulière, fit une retraite pendant laquelle elle écris'it sa confession ge'nérale ; et dans un moment où elle venait de méditer sur l'enfer, et , qu'elle était encore pénétrée de la pensée salutaire des supplices éternels , elle jeta les yeux sur le papier où elle avait e'crif sa confession générale. A la vue de tant de fautes de toute sa vie, sa crainte redoubla Elle prit ce papier en disant : « Ohï (fuede hois pour le Jeu éternel! ny aurait-il pas quelque moyen de réteindre '' » Cette réflexion la détermina à renoncer pour toujours aux frivolités du siècle , et à mener une vie retirée et édifiante.
Retraite du p. CATANÉ.
MONSEIGNDER DE LA MOTHE , ËVÉQUE d'aMIENS.
Mgr de la Mothe d'Orléans, évêque d'Amiens, se confessait tous les huit jours; dans la préparation qu il faisait pour se bien confesser, il faisait trois stations :
la première dans l'enfi-r , la seconde dans le ciel , la troisicmi' sur le calvaire. Il enlrait d'abord par la pensée dans le lieu de tourmens, et y voyait la place qu'il croy it avoir me'rifée au milieu du feu de'vorant et éternel , dans la socie'té des de'mons et des re'prouvés. II remerciait le Seigneur de ne pas ly avoir précipité, et le priait de lui faire miséricorde : il lui demandait les grâces dont il avait Ijesoin pour s'en préserver. — Il montait ensuite dans le séjour de la gloire et du bonheur ; i! gémissait de ce que, par le péché, il s'en était fermé les portes; il suppliait le Seigneur de les lui ouv-rir, et invoquait les Saints. — Il allait ensuite par la pensée au Calvaire : là , fixant attentivement et avec amour son Sauveur crucifié, il se disait à luimême : voilà mon ouvrage ; je suis la cause des douleurs que Jésus-Christ a endurées; j'ai coopéré par mes péchés, avec les autres pécheurs, h couvrir de
f)laies le corps d'un Homme- Dieu, à le crucifier, à ui donner la mort. O .Tésus! quel mal m'aviez-vous fait? comment ai-je pu vous traiter ainsi, vous qui m'avez aimé jusqu'à l'excès, vousque je devrais aimer d'un amour infini, si je pouvais vous aimer infiniment? C'est parce que vous êtes infiniment aimable, que je vous aime, et que je me repends de vous avoir offensé.
Quels fruits ne retirerions-nous pas de nos confessions , quels progrès ne ferions-nous pas dans les voies de Dieu, si nous suivions la méthode de ce vertueux prélat. n* d» u. i* ta motbb.