LE MAITRE ET LE DOMESTIQUE
Un domestique, revenant du catéchisme, fut interrogé par son maître sur ce qu'il y avait a | pris, il répondit en soupirant : J'ai appris que je suis damné. Pourquoi ? lui demanda le maître. Parce que le catéchiste a dit qu'il faut être plus fâché de ses péchés que de la mort de son père , or , fai eu beaucoup plus de douleur de la mort de mon père que de mes péchés. Le maître lui dit qu'il n'avait peut-être pas bien compris. Il lui expliqua la doctrine du Concile de Trente ^ui la contrition, en lui disant : c Ne vois- » tu pas que la douleur des péchés est d'une espèce et M d'une nature toute différente de !a douleur qu'on » éprouve quand on vient à perdre son père. La pre- " mière est une haine et une dètestution du mal com- » mis; la seconde est un effet de la tendresse natu- » relie qui existe dans le cœur des enfans envers leurs " parens. Hais-tu , détestes-tu le péché? Es-tu ré- » solu de plutôt mourir que de commettre de nou- " veau le péché. Si lu as ces sentimens^ tu as » la douleur nécessaire , tu as une véritable contri- » tion. n A ces mots le bon domi-stique respira ; il remercia sincèrement son maître de l'avoir éclairé et
tirf? de l'erreur où il était, erreur qui aurait finipeut- 4tre par le conduire au désespoir.
L'abbé BALTATOEI , Béflexion* pfopoiéet aux Pickturt. TRAIT FRAPPANT DE LA MISÉRICORDE DIVINE.
Une femme de mauvaise vie , traversant un jour une église pour abréger son chemin, vit un grand nombre de personnes qui entraient avec empressement et qui paraissaient être dans l'attente de quelque chose d'extraordinaire, curieuse de savoir ce qui allait se passer, elle prend place comme les autres ; et la foule augmentant , elle se trouva bientôt tellement environnée qu'il lui fut impossible de penser à se retirer. Quelque tems après, un missionnaire monta en chaire , et prêcha sur la bonté de Dieu à l'égard des pécheurs. 11 répéta plusieurs fois ces mots : A tous péchés miséricorde, pour{>u qu'on s'en repenig' Cette femme qui avait tout écouté avec attention, s'attacha surtout à ses paroles qui l'avaient frappée. Aussitôt que le discours fut achevé, elle fendit la foule, et s'approchant du prédicateur , au moment oii il descendait de la chaire : « Est-il bien vrai , mon père , lui dit-elle avec empressement , qu'à tout pécné il y a miséricorde ? — Rien n'est plus certain lui répondit-il , Dieu pardonne à tous les pécheurs , pourvu qu'ils se repentent. — Mais,repritcettefemrae,iIyatoutessortes de pécheurs ; Dieu pardonne-t-il à tous indistinctementr^ — Oui, dit le prédicateur, pourvu qu'ils détestent leurs péchés ; Dieu leur pardonne à tous indistinctement. — Me pardonnerait-il à moi , répondit elle ; voilà quinze ans que je commets les plus grands péchés? — Sans doute, ajouta le missionnaire, il vous pardonnera , si vous vous en repentez , et si vous cessez de les commettre. - -S'il est en ainsi, continua-t-elle, je vous prie de vouloir bien m'entendre en confession , et de me donner votre heure.
— Je puis vous entendre aujourd'hui , lui dit-il, tenez vous prête, je suis à vous dans un moment. « Le missionaire lui indique son confessionnal , et revient quelque lems après pour l'entendre. Elle ne finit qu'à la nuit sa confession qui dura plusieurs heures. Avant de se retirer, elle dit à son confesseur : « Mon père , je ne puis retourner dans n>a maison, surtout à l'heure qu'il est , sans m'exposer au danger de retomber dans mes pe'che's , ne pourriez-vous pas me procurer un asile pour la nuit ? » lie missionnaire lui ayant témoigné qu'il ne le pourrait que difficilement , cette femme prit la résolution de rester dans l'église jusqu'au jour. Le lendemain matin , on la trouva sans vie dans une chapelle dédiée à la sainte Vierge ; elle était b genoux, la face prosternée contre terre, et on vit le pavé inondé des larmes qu'elle avait répandues; elle avait pleuré si amèrement ses péchés quelle était morte de douleur. Le missionnaire ayant été appelé la reconnut pour celle qu'il avait confessée la veille , et il admira la grandeur de la miséricorde de Dieu.
Les Trésërt de ta grâce .
NON-SEUl-EMEXT LA CONTRITION DOIT s'ÉTENDRE A TOUS LES
PÉCnÉS , ELLE DOIT ÉGALEMENT s'ÉTENDRE A TOUTE