EDMOND DE LAAGE
Edmond de I^age, e'Iève de sixième au petit séminaire de Saint- Acheul , ayant été attaqué de la maladie appelée ietunos y on ne lui dissimula point le danger de son état , et comme on voulait l'exciter à la résignation : ou/, dit-il et répéta-l-il souvent, oui je suis bien résigné., je crois... j^ainie bien le bon r>ieu ; je suis résigné à fouies ses volontés. Pour l'affermir contre les terreurs qui accompagnent ordinairement les approches de la mort , on lui demanda s'il ne désirait pas qu'on lui donnât l'Extrême-Onction :0A oui! s'écria-t-il avec transport ^ je serais bien content de la recevoir. Et il la reçut avec la plus édifiante piété, voulant répondre lui même à toutes les prières de l'église. Le secours de ce sacrement ne lui fut pas inutile ; il paraît que le démon lui livra de violens combats ; à diverses reprises on le vit faire des mouvemens de la tête et des bras, comme pour repousser quelqu'un et s'écrier : Tu m^ennuies va-t-en I... non je ne veux pas de toi., tout à vous , o mon Dieu 1 et de tout mon cœur. Dans une autre crise semblable il commença de lui-même à haute voix l'oraison dominicale , que tous les assistans continuèrent avec lui. Quelque temps après, comme il paraissait plus agité, un de ceux qui l'entouraient lui dit : Ne craignez pas ^ mon enfant, nous sommes cinq prêtres autour de vous. — Oh je n ai pas peur, mon père, répondit-il ; puis il ajouta d'un ton de voix si pénétrant qu'il arracha des larmes à ceux qui l'entendirent : Jésus , mon Dieu ! mon Dieu ! ayez pitié' de moif jetez un regard sur moi dans cette misérable vie.,. O mon Dieu ! je remets mon âme entre vos mains.
Ce saint jeune homme s'endormit dans le Seigneur le 27 mai 1825 ; il était âgé de 14 ans.
Petit Uttinnir de ta retraite , page i8. GABRIEL DE VAUFLEURY.
Gabriel de Vaufleury, né à Laval, fut atteint d'une fièvre maligne épidémique qui régnait dans le pays, vers le milieu de 1826. Celte maladie si douloureuse ne lui arracha pas une plainte. Son attention était d'éloigner toute inquiétude de l'esprit de ses parens, et, dans la crainte de lesalarmer , il n'osai» parler des derniers sacremens. Cependant, le jour de Noël se sentant plus mal , il dit à sa mère que si cela ne lui faisait pas de peine, il serait bien aise de pouvoir communier. Celle-ci qui n'avait aucune inquiétude par le soin qu'on avait pris de lui donner le change sur l'état du malade, l'assura qu'au contraire cela lui donnerait beaucoup de consolation, et elle envoya chercher le confesseur. Il fut convenu que le lendemain on lui apporterait le saint viatique ; mais le mal fit de tels progrès, qu'on j'Jgea à propos d'y joindre 1 Extrême - Onction. On ne se donna pas même le tems de l'en
Prévenir d'avance Le médecin qui craignait peut-être impression que cette cérémonie inattendue pouvait lui faire , dit : mais je n'ai pas parlé d'Extrême Onction. Gabriel répondit avec vivacité : Pourquoi donc ^ moi jen suis Lien content , c^est un si beau sacrement. Il présenta lui-même ses mains aux saintes onctions avec une ferveur admirable , il répondit à toutes les prières ; et lorsqu'on lui présenta le corps de notre Seigneur, il sembla s'élancer de toutes ses forces au devant de lui. r^ieu lui avait fait la grâce de conserver toute sa présence d'esprit pendant la cérémonie. Lorsqu'elle fut terminée, sa mère lui dit : Mon enfant y notre Seigneur f durant sa vie mortelle^ a guéri tant de malades , f espère la même faveur de la çisite qu^il tient
de te f tare. — Je f espère aussi , maman, répliqua-t-îl , mais quand ce ne se'-ail pas.... C'est le seul nxuK qu'il ait osé lui dire; touchant son état, mot précieux qui atteste quelque chose de plus qu'une simple résignation aux orrirt s (le la providence. Toute la journée qui suivit la réception des sacremens, il ne cessa de répéter combien il se trouvait lieureux. On craignait deme foire une impression fâcheuse, disait-il , je n'en ai éproiioé d'autre querelle d'une grande joie. Une heure avant d'expirer, if répéta encore un acte d'amour de Dieu avec son confesseur, qui ne le quitta qu'après lui avoir fermé les yeux. C'était le jour de sainf Jean , 17 décembre 1826. Son père, en l'embrassant pour la dernière fois, lui avait dit : Adieu I mon fils, sois heureux. On a > oulu que ces mots qui respirent Timmortalilé et le bonheur fussent gravés sur sa tombe. On y a ajouté ceux-ci, tirés des psaumes qui semblaient en être la réponse: J'espère posséder les biens du Seigneur., en la terre des vivons.
Souvenir lie Saini-Acheul.