SAINTE MOMQLE , MODÈLE DES PERSONNES MARIÉES
Sainte-Moniqup, mère de saint Augustin, peut servir d'cxemplo aux personnes mariées. Patrice , qu'elle épousa, était payen, et se livrait à l'impétuosité (le ses passions. Son grand soin fut de le gngner à Dieu. Elle y travailla par sa soumission, sa douceur, sa pati'-nce. Elle éiait très-attentive à ne point lui t'aire de vifs reproches. Elle ne se plaignait jamais de lui. Elle cachait ses défauts à tous ceux qui le fréquentaient. Monique, par cette conduite vraiement chrétienne , gagna le cœur de son époux ; il l'estima , l'admira et la respecta. Elle adressait souvent pour lui au Seigneur d'ardentes prières , 1 1 elles furent enfin exaucées. Patrice se laissa instruire et se convertit. Il reçut le baptême, et dès lors il fut pur, chaste, doux et digne d'avoir Monique pour épouse.
PRUDENCE d'une JEUNE DEMOISELLE.
Une femme qui épouse un homme sans religion s'expose au danger presque certain de se perdre pour le tems et pour l'éternité. C'est d'après ce principe qu'une jeune personne rompit elle-même son ma-
rîage qui allait se former. Elle avait été élevée pa une mère chrérienne, et Dieu avait be'ni cette e'duca lion éminemment religieuse ; la grâce avait perfectionné la nature, et il n'y avait rien à désirer du côté de la fortune. C'était donc un parti avantageux sous tous les rapports. Les parens trompés, comme il arrive trop souvent, avaient fait choix d'un jeune homme à qui il ne manquait que ce qu'il y a d'essentiel. Il possédait talens et richesses, mais il n'avait ni religion ni principes. Le moment de leur union approchait, lorsque l'élève de l'impiété laissa échapper son secret, et l'on sut que ce bel esprit ne se regardait que comme une machine sensible et organisée. 11 s'aperçut d'abord de l'effet que produisit sur sa future épouse son absurde matérialisme ; il crut se tirer de ce mauvais pas , en lui disant qu'elle était une machine divinement organisée, spirituelle et aimable, car le nom de Dieu est encore sur les lèvres de l'impie. La Jeune personne abrégea un entretien dont elle était étrangement blessée ; elle raconta tout à sa vertueuse mère , et d'accord avec elle, elle écrivit le billet suivant à celui qui avait cessé d'être digne de son estime.
« Vous m'avez glacée, Monsieur, en me disant que » nous n'étions que des machines; de quelques brilu lantes qualités que vous ayez bien voulu me déco- » rer, je crois quelorsqu'un homme est vraiement s'en- » sible et délicat, il laisse à celle qu'il veut rendre » heureuse ces idées douces qui sont plus propres au » bonheur cjue ces idées si froides de machines et de « matière; elles rte me paraissent pas devoir être fa- » vorablcs à la vertu. Je m'étonnerais qu'elles pus- » sent naître dans une âme tendre et aimante, il me » semble qu'on se dégoiJte bientôt d'une machine, » quand même elle serait belle , ce qui ne dure pas » Icng-tcms, et alors quel bonheur une femme peut- » elle attendre de la part d'un homme machine? n
On assure que le jeune homme se promit do déguiser ses principes , mais il n'en changea pas : il trouva cependant à se marier, et devint mauvais mari, mauvais père , comme il avait été mauvais fils.
KÉBACLT , Jpologities Involontaires, FERMETÉ d'une JEUNE CATÉCHUMÈNE.
Il n'y a que peu de tems, que je conférai le Bapêtême à une jeimc Catéchumène , âgée de dix-sept ans, qui a fort édifié nos chrétiens, par sa fermeté et par son attachement inviolable au christianisme. Les exemples domestiques étaient bien capables de la séduire ; fille d'un père et d'une mère idolâtres, elle trouvait dans sa propre famille les plus grands obstacles aux vertus qu'elle pratiquait. Pour l'épouvrer encore davantage , il prit fantaisie à un jeune libertin de l'épouser : il mit tout en œuvre pour la faire consentir à ce marige ; jusqu'à promettre qu'il se ferait chrétien. Le père et la mère de notre Catéchumène , qui avaient été gagnés par le jeune homme, la traitèrent avec la dernière inhumanité pour ébranler sa constance. Son frère vint jusqu'à la menacer qu'il la tuerait , si elle s'obtinait à refuser son consentement. Ces menaces et ces mauvais traitemens ne firent aucune impression sur elle; toute sa consolation était de venir à l'Église, et souvent elle me disait ; « La mort dont on me menace ne m'effraie point : je la préférerai volontiers au parti qu'on me propose. C'est un séducteur que ce jeune homme qu'on veut que j'épouse ; il ne pense nullement à se convertir ; mais quand ses promesses seraient sincères, ni lui ni d'autre ne changeront point la résolution que j'ai prise : non , mon père, je n'aurai jamais d'autre époux que J.-C. * La persécution qu'on continua de lui faire essuyer dans sa famille fut poussée si loin, qu'elle fut obligé de se cacher chez un de ses parens
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qui était chrétien : là , elle fut éprouvée par diverses infirmités, qui ne ralentirent point sa ferveur; ce qui est d'autant plus surprenant, que la moindre adversité est capable de déconcerter nos sauvages. Avant appris quelque tems après que sa mère était en danger de perdre la vue , par deux cataractes qui lui couvraient les yeux, cette généreuse fille , oubliant les indignes traitemens qu'elle en avait reçus ^ courut aussitôt à son secours : sa tendresse et ses soins assidus attendrirent le cœur de la mère, et la ^agnèrent au point qu'elle accompagne inaintenant sa fille à l'Eglise , où elle se fait instruire pour se disposer à la grâce du Baptême, qu'elle demande avec empressement.
Est. d'une /c(. du P. UABEST , Let. liifiantes t. 6. MARIE LKCKSIIVSKA.
Quelques jours après que le mariage de Marie Lecksinska , princesse de Pologne , avec le roi de France, eut été conclus , la comtesse de Lecksinska , son aïeule et sa confidente , se trouvant seule avec elle , lui demanda ce qu'elle pensait de ce grand événement: « Hélas! maman, lui répondit la Prinu cesse, je n'ai encore la-dessus qu'une pensée, mais « qui , depuis huit jours , absorbt' toutes l:s autres ; j) c'est que je serais bien malheureuse, si la couronne » que m'offre le Roi de France me faisait perdre celle » que me destine le roi du ciel. » Réfl.-xion sublime d'une âme que sa foi élève au-dessus des trônes, réflexion que devraient Caire toutes les jeunes personnes, en pensant aux dangers auxquels elles s'exposent en s'établissant dans le monde.
Fie de Varie lecksinska^ MEDEMOISELLE DE LA BILHAIS,
Comme on conduisait au supplice les filles de M. de la Billiais , dont tout le crime était d'aimer
-^ Zi29 «— Dieu et le Roi, un officier re'publicain, voulant en sauver une , lui dit : Viens avec moi, je t'épouserai. — Ellere'pondit : « Laissez-moi aller : j'aime mieux la mort que la honle de vous appartenir : vous êtes un ennemi de mon Dieu et de mon Roi. »
Lettret Vendéennet.