ASCENSION DE J.-C
Quarante jours s'étaient écoulés depuis la résur» reclion de .Tésus-Christ : les Apôtres étaient suffisamment confirmés dans la foi de ce mystère fondamental, et instruits de tout ce qui concernait l'œuvre dont ils allaient être chargés. Jésus-Christ leur avait développé toute l'économie de sa religion, tracé le
plan de son Église , conféré tous ses pouvoirs , promis toutes ses grâces. Il ne manquait plus que le souffla de l'Esprit-Saint pour donner l'âme et la vie à cette création nouvelle. Mais il était dit que ccl esprit divin ne viendrait pas avant que Jésus ne fût remonté au ciel. Tout se prépare donc pour ce grand et dernier événement de la vie du Sauveur sur la terre. Il prend avec lui ses disciples, et les conduit sur la montagne des Oliviers. Là, après leur avoir réitéré ses instructions et ses promesses , il étend les mains pour les bénir, et s'élève en leur présence vers les cieux. Biei>~ tôt une nuée lumineuse l'enveloppe et le dérobe à leurs regards. Les anges, les âmes saintes qu'il emmenait avec lui furent les seuls témoins de la magnificence avec laquelle ce Dieu, vainqueur de la moft et de l'enfer, fit son entrée dans le séjour de sa gloire. Deux do ces esprits bienheureux se détachèrent de ce brillant cortège pour venir tirer les disciples de l'élonnemont où les avait jetés ce brillant spectacle, et lemr annoncer que Ie$ mortels ne le reverraient plus qu'à la fin de£ lems, lorsqu'il viendrait dans le mémeapps^ reil de gloire et de majesté, juger les vivans et les morts. La-dessus les Apôtres reprirent le chemin de Jérusalem, et allèrent s'enfermer dans le Cénacle^
COMPABAISOn.
Un prince a une grande guerre h soutenir conire une nation éloignée ; alors il quitte pour un tem» son royaume pour aller combattre ses ennemis en ieor propre terre ; puis, l'expédition étant achevée, il rentre avec un superbe appareil dans la ville capitale de son royaume, et orne sa suite et se» chariots des dépouilles des peuples vaincus. Ainsi le fils de Dieu, notre roi, voulant renverser le règne du démon, est lui-même descendu en terre pour vaincre cet irfé^
ronriliablo ennemi , et, l'ayant d^pouill^de son trône pnr c)cs armes (]ui n'auraient rien eu que de faible, si elles avaient e'te' employées par d'autres mains que celles d'un Dieu, il ne lui restait plus d'autre chose à faire, sinon qu il retournât triomphant au ciel, le lieu de son origine et le sie'ge principal de sa royauté*.
BOSSCET , Sermon d» l'iueniion, ÉGLISE DE t'ASCENSTON BATIE PAR SAINTE HÉLÈNE.
Sur la montagne des Oliviers , au nord-est de J^rulem, on remarque une espèce de rocher qui a conservé la dénomination de Vivi-Galilœl ; ces mois sont les premiers que les anges adressèrent aux onze Apôtres et aux cinq cents disciples, qui contemplaient de celte éminence Jésus-Christ remontant en triomphe dans les cieux : « Hommes de Galilée.leur direntils, Virî-GaUiœi , ce Jésus qui s'élève ainsi à vos yeux dans le ciel reviendra sur la terre avec la même gloireque vous le voyez monter. » Jésus-Christ fit son ascen- ' sion au sud-est de cette place, en fece de la porte do-' rée, sur un rocher découvert, un peu au-dessous du plus haut sommet de la montagne Sainte Hélène y avait fait bâtir une magnifique église, dont il n'y a plus que les ruines. Cette église, de forme circulaire, avait cent trente pas de circonférence. On y distinguait encore, il y a i5o ans, les restes du maître autel, quelques portions de colonnes et les murs de clôture. Le pavé, formé de très-belles pierres, laissait à découvert un assez large espace de roche nue, sur laquelle s'était conservéel'empreinte de deux pieds. On y montait par trois marches. La voûte était en dôme. Mais; il y avait une ouverture perpendiculairement au-dessus de la double empreinte ; ouverture qu'on n'avait pu fermer, dit saint Jér/?me, qui assure que Jésus- ^ Chrisf, à ce lieu même, avait pris sa route à travers les aiVs Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au huitième
siècTé reil'ç ouverture txisiaîf encore', à^à rapport' âéà^ écfîvainsles plus dignes de foi. Oa y voyait aussi, alors, et même trè$-long-lcnis après, l'empreinte dç deux pieds , empreinte qui', d'apre^ le témoignage' unanime des anciens et des rnod?i'nes , dès Pères e'f' rfè's voyageurs', de tolite la tradition ëriRh, y fut tal^r?e par" les pieds du fils de Dieu ; vestiges que lier fidèles , dit saint Augustin , Tenaient en foule adoî^e^' dé toutes les parties du monde , et qu'ils retrouvaient, tbbjours; ajouté Sulpicé Sévère , maigre' les pieux' lât-cirts des pèlerins qui avaient touè la de'votion d'en rapporter un'' peu de terre :ie sol n'en recevant aucun dommage. , ...
Aujddrd'hùi, oh nVperçoît''piTs^qù*btit séîùfè èrh'-^ preinte èur la roche sacrée; mais,'(qtibî'<^ùe' les p'éle-' siOs, en raclaiit ses bords pair dévotion, aient arrotidi' ses Contours, on peut y discerner le pied gauche d'uiV" horAme. On y distinguait, en i666, les doigts du' pîed , tournés vers le septentrion. On ptétend que vers' le milieu du 17^ siècle, ïeis pachas de Jérusalem oiVt' scié darvs le roc rcmpreirité'du pied droit", et H^coH-'; seTvent'dans leur mosquée, avec beaucoup de vcnérà-i tron; quoiqu'il en soit, les Turcs ont défendu , spôs*^ peine de mort, d'enlever la plus légère parcelle dii, rûcher oij se Conserve i'empteinte.
AT* .- EttalrcUtemtnt $ur Ui lifuxtabiUt ptttt t»6.
TBAtT FRAPPANT RAPPORTÉ PAR ST-BÊRNARDIN DE 8IE.NNÇJ ,
■Dansile tems où les chrétiens les plus distingués^ par leur r)iaissance et Juur fortune ise faisaient un dë-^' voir de temoigoer leur atrtour potir notre Seigiietîjfijt en traversant lés mers et en Tisitant les lieux où s^^ sont opéféS lie*- mystères de. notre religion , Un jeun^> gtfntil'hoiïiftie' entreprit cet heureux pélerinagCiH'Al peine àt'rivé sur la terre 4ant:tifiée par Jeè soUffrâOtési de JésiM-Chri'M-, 6è vevià avec cnipne^««n«#tit'à f^a4o
zareth. A la vue de celte petite bourgade, où la sainte Vierge arait demeuré si long-lems, et où s'était opéré le mystère de l'Incarnation, le souvenir de la tendre charité de la mère et du fils excite dans un cœur aussi bien préparé les sentimens les plus vifs de reconnaissance et d'amour. A Bethléem, on lui montre la grotte où son Dieu, son Sauveur est né. Dans l'ardeur de sa foi, il lui semble voir couché dans la crèche le divin enfant; des larmes d'attendrissement coulent en abondance de ses yeux ; il ne peut se lasser de coller ses lèvres sur celte enceinte sacrée, qui avait reçu les premières larmes de Jésus. Puis, pour contenter son amour , il visite chacun des lieux qui avaient été marqués par quelques circonstances de la vie de son bon maître; il n'oublie ni le Jourdain , où Jésus fut baptisé par saint Jean, ni le désert où, après avoir passé quarante jours dans le jeûne cl la prière , il fut tenté par le démon , mais s'arrêlant surtout aux endroits qui lui rappellent les derniers mys-^ tères de la vie et de la passion de l'Homme- Dieu. II sent, au jardin de Gelhsémani, sa ferveur se renouveler ; toutes les douleurs du 61s de Dieu se représentent a son esprit, il croit entendre ses gémissemens et ses tendres plaintes ; il croit voir celte sueur de sang qui le met en agonie ; ne pouvant verser son sang pour son Dieu , il arrose la terre de ses larmes : ensuite il parcourt toutes les stations, il suit en esprit son Maître dans les rues de Jérusalem , il l'accompagne chta Caïphe, cher Pilale et Hérode ; il le voit dépouillé, batlu 4e verges , couronné d'épines. Il gravit la mon* tagne du Calvaire, s'imaginant suivre pas » pas Notre Seigneur portant sa croix; enfin il arrive au sommet de la montagne ; là, il est près de succomber à la douleur. C'est ici, se dit-il , que mon Dieu a été crucifié,. ici qu'on lui a percé le$ pieds et les mains d'énorme». c4ous, ici qu'a été consommé l'œuvre de mon ^lut «t le salut de tout le genre humain.
Après avoir employé plusieurs heures dans ces pieuses contemplations, il ra au sépulcre et du sépulcre il s'achemine vers ce lieu à jamais vénérable par les vestiges sacrés que notre divin Maître y a laissés , en montant au ciel. A cette vue , il tombe à genoux , il colle ses lèvres, comme il l'avait fait tant de fois ailleurs, sur la terre qui portait l'empreinte des pieds du Sauveur; puis, élevant les mains ei les veux vers le ciel : « O Jésus, ô l'amour de mon cœurl où voulezvous que j'aille maintenant ? J'ai visité les lieux que vous avez daigné habiter durant votre vie mortelle, ceux ou vous avez souffert; je vous ai suivi sur le calvaire, je vous ai accompagné au sépulcre ; me voici , Sfigneur, au Heu d'où vous êtes parti pour monter au ciel. Où puis- je aller, Seigneur, si je ne vais après vous? Faites donc, ô ma vie, ô mon tout, que je vous suive au Paradis I * A ces mots , il s'incline, son cœur t'ouvre, il expire,^ et son âme s'envole dans les cieuî.— Oh! qu'il est douic de mourir victime du divin amour ! c'est bien ici que nous pouvons répéter ce vœu : Moriatur anima mea morte Justvrum. Puisséie mourir comme est mort ce pieux gentilhomme. Mais pour faire une mort si précieuse devant Dieu , il faut , comme lut, avoir un cœur détaché de tous ces biensde la vie et de tous ces vains plaisirs du monde; il faut aimer comme il a aimé.
Jt-VBAKfOH DM tALtJU , TfUi de l'ammr ie Om«^ DESCENTE DU SAINT-ESPRIT SUR LES APÔTRES.
Depuis l'Ascension, les Apôtres, réunis au Cénacle avec Marie, mère de Jésus, et d'autres disciples, se préparaient dans le silence et la retraite à la venue de l'esprit consolateur qui leur avait été promis. Ils vivaient dans l'union des cœurs et dans l'exercice continuel de la prière. Le dixième jour, qui était celui de la Pentecôte, vers les neuf heures du matin,
on enleud lout-à-coup un grand bruit, comme d'une violente tempête. La maison où ils e'taient en est ebranle'e jusque dans ses fondemens. Un nuage de feu paraît dans l'air, et , se partageant à l'intsant , ce feu divin vient se reposer en forme de langues sur chacun de ceux qui dtaient pre'sens. Alors ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se trouvèrent rhange's en des hommes nouveaux. Aussitôt ils sortent du Ce'nacle, et commencent à prêcher l'Evangile dans Je'rusalern, où la solennité avait attiré un concours prodigieux de Juifs de toutes les nations. Le don des langues et des miracles leur est communiqué : toute la ville est dans l'étonncment. Plusieurs milliers de juils se convertissent ; la Synagogue fait de vains efforts pour arrêter les progrès de liur zèle; les prbooset les tourmens n'ont rien qui les effraie. Ils se réjouissent âli contraire d'aroir à souffrir pour le nom de leur jVJaître. Ces hommes, naguère si grossiers et si timides , ne se proposent rien moins que de conquérir l'univers; et, dans peu , le monde entier aura retenti de leurs prédications, et s'étonnera d'ètredevenu chrétien.
, '"'i.r' Aeli» dtî Apitrtt.
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DE L'ÉGLISB
L»cro'i Tictorieus? aparcoura la terre.
La TOveï-Tous passer de Tanlre solitaire Dans les teoiples sacrés qu'enfantèrent les artâ. ' ' Et du front de fapôtre à celui des César» 7
A. BOOMET.
Qu'est-ce que l'Église
L'Église est la société des chrétiens, gouvernés par notre saint Père le Pape, successeur de saint Pierre ; et par les Évêques, successeurs des Apjôtres.
Tous ceux qui ont été baptisés , qui croient ce qu'enseigne l'Église et sont soumis à Notre saint Père le Pape et aux Evêques , sont les vrais enfans ou membres de l'Eglise.
Les pécheurs sont membres de l'E^^lise, mais ils sont des membres morts.
Tous ceux qui ne sont pas de l'Église sont :
1° Les juifs et les infidèles, parce qu'ils ne sont pas baptisés, 2" les liéiétiques. parce qu'ils refusent de croire à l'Église; 3» les schismatiques, parce qu'ils refusent de lui obéir; 4^ les excommuniés, parce que l'Eglise les a chassés, à cause de leurs péchés.
TARABOLE.
Le souverain voulant faire respecter ses lois et sauver ses sujets des ravages et des incursions de l'ennerai, forme une armt^e et la commande pendant quelque teras en personne. Après l'avoir parfaitement organisée, il est rappelé dans ses états pour d'aulri.:s affaires, et il en confie le commandement à un lieutenant de son choix et à il 'autres subdélégués, formellement investis de son pouvoir, et qui furent à leur tour remplacés par des successeurs légitimes. Ainsi que dans toutes les armées du monde, les généraux du second ordre respectaient les ordres du général en chef, comme c^lui-ci exécutait ceux du souverain; les capitaines obéissaient à leur général, et les soldats à leurs capitaines. Durant une époque assez longue, ce lien d'union et de concorde les rendit invincibles ; l'armée remplit sa mission , remporta des victoires, conquit des provinces : la gloire rejaillit sur ses rlioXs et sur ses m.embres, elle procura la sûreté aux habitans de l'empire, et fit fleurir parmi eux la justice et
la paix. Dans la suite des tems , la discipline militaire parut trop sévère à quelques-uns. Des clameurs s'elèvenl, soit contre l'aulorile' du ge'néral en chef, qu'on trouve exhorbitante, soit contre quelques fautes commises par des chefs subalternes et de simples of^ ficiers, fautes partielles, transitoires, souvent même mal constatées, et que le chef ne pouvait pas toujours ni prévenir, ni réprimer, soit parce qu'il les ignorait , soit parce qu'on n'écoulait pas ses avis et ses ordres. Tout le monde crie donc à la réforme; chacun veut redresser selon son propre sens ce qui, à tort ou à raison, lui semble être un abus. Ainsi donc, pour opérer cette réforme , d'abord des divisions entières, puis des régimens et des bataillons, en(in des compagnies particulières, et jusqu'à de simples soldats se débandent de l'armée, se déclarent libres de fous liens, et tiennent, pour justifier leur défection, le discours suivant: « Nous reconnaissons le Roi pour notre Seigneur et maître ; nous sommes à son service, nous appartenons à son armée; ses lois nons seront sacrées, ses ennemis seront les nôtres ; mais nous ne reconnaissons ni son lieutenant, qui prétend gouverner l'armée en son nom, ni les généraux du second ordre ; car les uns et les autres sont des sujets comme nous, et n'ont aucune autorité sur nous : devant Je Roi, nous sommes tous égaux. D'ailleurs il s'est passé des irrégularités dans le quartier-général, il peut s'en passer encore; au lieu que chez nous tout ira constamment à merveille, et nul ne s'écartera jamais de la règle. Nous n'admettons pas que le général en chef soit infaillible ; et quoique, à vrai dire, nous ne le soyons pas non plus, il est cependant à présumer que chacun de nous entendra mieuï les affaires et connaîtra mieux que lui les intentions du Roi. Après tout, n'avons-nous pas les réglemens militaires, et mieux encore des annales historiques, racontant la formation
de l'armée, ses premières campagne», les discours de son fondateur, e( enfin des inslructions adressées par se^ premiers lieutenansà une partie des troupes sous leurs ordres? Ces livres nous suffisent, ils renferment la volonté, la parole même du souverain; il nous montrent clairement tout ce que nous avons à faire: en un mot , il n'existe pas d'autres sources de no» devoirs militaires; chacun peut les lire, les juger, et nulle autorité dans l'armée n'a droit d'en fixer le sens et de les appliquer à des cas particuliers. Il se peut que l'absence d'un chef ou d'un juge , en cas de dissentiment, produise quelques légers inronvéniens et des querelles qu'on ne manquera pa« de nous reprocher; mais d'une manière ou d'une autre, on remplacera ce chef dans chaque portion de troupes débandées, sinon de droit, au moms de fait; et , d'ailleurs , c'est précisément dans ce conflit d'opinions, dans l'interprétation diverse et opposée des réglemens que consiste la liberté du soldat et le perfectionnement continuel de la science militaire. »
En vertu de ce raisonnement, tous les corps et les soldats débandés combattent donc chacun à sa manière, quelques-uns encore de bonne foi et de toutes leurs fcrces, contre l'ennemi commun ; d'autres s'ern tendent secrètement avec lui; d'autres abandonnent successivement des places fortes et des positions qu'ils ne juge«t pas tenable», tandis que leurs camarades veulent encore les défendre. Au total, cependant, tous se retirent devant l'ennemi ; de plus , ils se querellent entre eux et guerroient les uns contre les autres : il en est qui s'efforcent de maintenir encore une certaine discipline, du moins dans les troupes qu'ils ont entraînées à la défection ; mais les officiers subalternes et les soldats même leur répondent : « Le règlement est notre unique loi; vous nous avez apptis à rejeter l'autorité du génial et de ses lieuteoans,
pourquoi devrions-nous reconnaître la votre ?. D^ qu«l droit venez-vous maîtriser' notre inlelligooce ? S'il faut obe'ir, mieux vaudrait rejoindre l'ancienne armée. » Ainsi dotic une confusion générale s'introduit, non seulement entre les divers corps débandés,, mais dans le sein de chaque corps particulier ; chacun veut commander, parce que cela est nécessaire à l'or-' dré et au succès; nul ne veut obéir, parce que cela sérail contraire à la liberté. A les entendre, tous déplorent les dî^'isions et prêchent la concorde; mais' Jean dit à Pierre : Unissez-vous à moi; et Pierre répond à Tean : Soyez uni avec moi. En définitive, et. pour faire diversion à leurs querelles intérieures, ils laissent l'ennerhi commun en repos , et combattent uniquement la portion de l'ancienne armée restée fidèle, unie au général, en chef; celle-ci est Punique, objet de Feur haine, c'est contre elle seule qu'ils tour-, nent leurs armes. Néanmoinsils prétendent apparte-' nir à cette armée, parce qu'ils reconnaissent le Roi ,' et à la fin de la guerre, ils viennent lui demander de r&vancemcnt et des récompenses.
Alors le roi , assis sur son trône , et d'un ton majes7^ tueux, où l'indignation était encore tempérée par Is^, miséricorde, leur répondit en ces termes : j
'« Vous prétendez appartenir à mon armée ; mais moi, je ne vous reconnais" pas pour mes soldats. Qui êtes-vous.^ d'où venez-vous? Je n'avais pas donnd. mes ordres à chacun de vous directement, mais par' rintcrnnédiaire de mon premier lieutenant, qui vous, les transmettrait h son tour pas ses subdélégués C'est, pair ce lien seul, par cet enchaînement de dépendance que vous teniez h moi et que vous faisiez partie dej mon armée ; hors de là, vous n'êtes pour moi que des^ étrangers ou des ennemis. Les réglemens militaires renferment sans doute ma volonté ; les faits rapportés^ dans les annales sont authentiques ; mais je ne vous ai.
— ,59 . — jamais dil que ces annales ou ces ré{»leraens contenaient tout ce qui s'est passé , tout ce que vous deviez pratiquer, encore rùoins que chacun puisse les interpréter à sa façon , et se soustraire par-là à l'obe'issance envers ses chefs. Hommes de mauvaise foi ! vous n'ignoriez point que ces livres sont postérieurs à l'armée , qu'ils en supposent l'existence, et ne la détruisent pas; qu'au besoin l'armée pourrait exister sans ces réglemens, mais que les réglemens ne peuvent se concevoir sans l'armée. Avez-vous jamais ouï dire qu'un général cesse de commander parce qu'une partie de ses ordres ou de ses exploits a été consignée,. par écrit afin d'en perpétuer le souvenir.'' Vous osez| vous récrier contre quelques fautes commises par mes lieutenans et mes officiers subalternes : mais d'abord, toutes les choses que vous qualifiez d'abus ne le sont pas à mes yeux; et, quant à d'autres, puisque je les souffre , vous pourriez bien les souffrir aussi. Qui vous avait érigés en juges? C'est à moi à venger les injures qui me sont faites. Censeurs si sévères de vos. supérieurs, êtes-vous donc plus parfaits qu'eux ' N'a-vea-vous jamais prévariqué .'' N'avez vous rien à vous reprocher: en ce cas, je vous autorise à condamner vos chefs et vos maîtres. Si vous n'aviez pas déserté mon armée, je vous eusse pardonnné, comme à eux, bien des fautes, bien des négligences, la transgression de quelque partie de mes réglemens, l'indolence , la paresse, et jusqu'à la lâcheté devant remiemi, en un mot, tout ce qui peut être attribué à |a faiblesse Immaine, pourvu toutefois qu'au fond de l'àme vous eussiez tenu mes intérêts à cœur, respecté mon aqr, torité, et rempli vos devoirs en d'autres rencontres. Mais votre désertion de l'armée, votre système d'orgueil et de désobéissance est un crime irrémissible ; il n'est pas de prétexte qui puisse l'excuser ni l'atténuer, {>arce qu'il entraîne tous les autres, et, les rend de.
Vlus en plus perpétuels et irrémédiables. Vous are» fait du crime la règle, renversé l'ordre que j'arais établi, rompu le lien de mon armée, affaibli le nombre d« mes soldats : ne vous bornant pas a la simple désertion, fous avez encore emporté par la Tiolence , dissipé dans la débauche ou lirré à l'ennemi des fonds et des ressources appartenant ^ l'armée, destinés à solder des troupes fidèles, ^ secourir même les blessés et les invalides ; vous avez répandu la zizanie dans tout mon empire, fait de mon service un objet de scandale pour mes amis , de ri:»ée et de moquerie pour l'ennemi; grand nombre d'entre vous se sont rangés sous ses bannières et ont favorisé ses succès ; si des millions de mes sujet» ont perdu la vie et la fortune, c'est à vous qu'ils le doivent. Allez , vous êtes des traîtres et des révoltés. Ma miséricorde s'étendra peut-être jusqu'à ceux d'entre vous qui , entraînés malgré eux dans la défection et retenus dans une sorte de captivité, demeuraient cependant fidèles au fond de leur coe ir, me servaient de tout leur pouvoir, et qui ne sachant plus quels ordres ils devaient suivre, obéissaient d'.i moins à la seule autorité qui les guidait et qu'ils croyaient être la véritable. Je jugerai chacun d'eux séparément, selon les moyens qui lui étaient offerts pour coimaître et pratiquer tous ses devoirs, selon ses dispositions plus ou moins sincôres à l'humble obéissance , seule chose qui me soif agréable. Mais vous, orgueilleux déserteurs, vous qui avei prêché ce système à" révolte et de dispersion universelle, vous qui, sans en être les premiers auteurs, le soutenez , le propagfz , le perpétuez, fe justifiez encore, malgré ses effroyables ravages, retirez-vous k jamais de ma face , subissez la peine de mort. »
E' ils s'en allèrent rugissant de rage, couverts d'opprobre et de malédiction. Ils périrent. Tout le monde applaudit à b justice, à la sagesse, à la clémence
même de ce Jugement royal, et les airs retentirent ât chants d'allégresse : Jous, militaires et sujets s'ëcrièrentd'un commun accord : Vire à jamais notre ma!« tre, son lieutenant et son armée fidèle!
Ces applaudissemens , qui sont un prélude de ce oui arrivera au jugement dernier^ se sont fait entendre dans tous les siècles, chex tous les catholiques, quand l'Église a prononcé anathéme contre ses en* fans rebelles, et en particulier contre les protestaos , qui reviendraient au sein de l'Église qu'ils ont quittée, s'ils méditaient sérieusement cette parabole dans laquelle on a une idée juste de la naissance du christianisme et de la formation de l'Église de J.-C. Le Roi est Jésus-Ctirist ; le général en chef et le Pape ; les généraux du second ordre sont les Évê* ques, les capitaines sont les Prêtres qui occupent les premières places dans son diocèse ; les officiers et les soldats représentent les Ecclésiastiques et les fidèles. Les réglemens militaires font allusion à l'Ecriture- Saintc; les déserteurs rappellent les hérétiques, les schismatiques. Cette explication donnée , il est facile de comprendre le sens de l'allégorie qu'on vient de lire.
é» HAU-BB.
LE MOTCI^ DE NE PAS ERRER DANS LA FOI , c'eST d'ÉTRB ATTACHÉ A LA CHAIRE DE SAINT-PIERRE.
Durant le schisme d Antioche , saint Jérôme fol inquiété dans son désert. On lui demandait arec qui il était en communion, avec Vital, ou Mélèce,ou Paulin i qui tous trois divisaient le troupeau. Dans le doute, il écrivit au Pape saint Damase en ces termes: « Ne suivant d'autre chef que J.-C, je suis attaché à la communion de rotre Sainteté, c'est-à-dire à la chaire de saint Pierre. Je sais que l'Église a été bâtie sur cette pierre. Quiconque mange l'agneau hors de cette mAison, est profane; quiconque n'est pas dans
l'arche de Noé, périt par le déluge, quiconque n'amasse pas avec vous, dissipe; ainsi je vous prie de me marquer avec qui je dois communiquer- » Le souverain Pontife eul e'gard à la prière de saint Je'iôme , et, en conse'quence des instructions reçues de Rome, cet illustre docteur adopta la communion de Paulin, qui l'ordonna prêtre. — Se soumettre humblement aux de'cisions du saint Sie'ge, c'est Je seul moyen du ne pas errer dans la foi.
£t-JÉBOME , lttlrt»'i-, StlRETÉ qu'on TROÏVE DANS l'ÉGUSE CATHOLIQUE.
Avant d'épouser Charles d'Autriche, qui fut depuis l'empereur Charles V^I, la princesse Elisabeth Christine de Woiffenbuttel crut devoir, pour la tranquillité de sa conscience , consulter les Luthériens mêmes dont elle avait jusqu'alors professé la foi. Les Docteurs proteslans. assemblés à Helmstadt, répondirent que tes CatJioUques ne sont point dans l'erreur pour le Jond de la doctrine, et qn'on peii se sain'er dans leur religion. — Dès que relu est ainsi ^ dit la princesse , en apprenant cette décision , il ny a plus lieu d'hésiter , et dès demain j embrasse la foi de r Eglise Romaine ; car le parti le plus sûr dans une matière si importante , est toujours le parti le plus sage. Le père do la Princesse tint le même langage, et' s'attacha comme elle à la religion catholique.
Dt TBETEBK , DUcutaita amie^t.