‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 24 sur 252 · BEL EXEMPLE DE SOUMISSION A L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

BEL EXEMPLE DE SOUMISSION A L'ÉGLISE

Fénélon, archevêque de Cambrai, fut accusé par plusieurs évèques de France, et entre autres par un des plus grands hommes de son siècle , le fameux Bossuet, évêque de Meaux, d'avoir renfermé dans un ouvj-age ascétique intitulé : Explication des maximes des Saints y plusieurs propositions dangereuses en

matière de religion- D'abord il défendit son oavrage , mais n'ayant pu changer l'opinion de ses adversaires, il s'en remit à la de'cision du Pape. Le livre examiné par une commission de cardinaux, donna lieu à de longues discussions ; mais enfin la condamnation fut prononcée par Innocent XII, et l'Archevêque de Cambrai en reçut la nouvelle au moment de monter en chaire. Changeant aussitôt le sujet de son discours, il parla d'abondance sur la soumission due à l'autorité, et le fît d'une manière si touchante, qu'il arracha des larmes à tout son auditoire. Ce ne fut pas tout : comme Archevêque , il devait annoncer à l'église dont il était le chef la condamnation de son propre ouvrage, et en défendre la lecture ; il le fit en termes simples , sans réclamation, sans restrictions d'aucun genre. « Noire saint Père le Pape, dit-il , a condamné « par un bref le livre intitulé : Explication des maxi- % mes des Saints, avec vingt-trois propositions qui » en ont été extraites. Nous adhérons à ce bref, tant ». pour le texte du livre, que pour les vingt-trois •* propositions , simplement , absolument , et sans » ombre de restrictions. C'est de tout notre cœur que n nous vous exhortons à une soumission semblable , » et à une docilité sans réserve, de peur qu'on n'altère » insensiblement la simplicité de l'obéissance due au » saint Siège, dont nous voulons, moyennant la » grâce de Dieu , vous donner l'exemple jusqu'au » dernier soupir de notre vie. A Dieu ne plaise, » ajouta-t-il, qu'il soit jamais parlé de nous, si ce » n'est pour se souvenir qu'un Pasteur a cru devoir » être aussi docile que la dernière brebis du troupeau , • et qu'il n'a mis aucune borne à sa soumission. »

Le C. d» BADSSET , Butoir» dt Fénilon. CONVERSION DE M. EDMOND GÉBAUD.

M. Edmond Géraud , auteur de plusieurs ouvrages pleins de naturel et de goût , était né et a vécu

proleslanl; il est mort catholique. Les de^talls de sa conversion sonl lou< hans', ils rappellent de la manière la plus frappante cet oracle : Le mari în fidèle est sanctifié par la femme fidèle. M. Géraud sVlait choisi une compagne catholique, et avait consenti , en se mariant , à la clause expresse qui assurait la catholicité des enfans : sans le savoir , c'était pour lui qu'il stipulait. En effet, sa jeune fille , âgée de neuf ans, mais éclairée par la grâce avant l'âge de la Tidson, gémissait de voir son père séparé de sa communion. Souvent, lorsque, priant en sa prése.nce , elle récitait le symbole des Apôtres, elle s'arrêtait à ces mots: Je crois l'Église catholique ^ et témoignait à son père sa douhur de ce qu'il ne pouvait pas les prononcer avec elle. Il lui répondait : Sois tranquille , cher enfant ^ je n'en suis pas éhigi é ; si jamais je suis malade . je méfiais catholique M. Géraud a tenu parole. Verf la fin du mois d'avril i83i il tomba malade ; sa femme, au milieu de ses trop justes alarmes , n'oubliant pas qu'il lui avait dit souvent vouloir mourir catholique, n'osait cependant pas lui en parler. Elle choisit pour médiatrice sa fille, qui fut appelée ainsi à remplir le ministère dt^s anges. Celte aimable enfant approche en tremblant du lit de son père, lui rappelle sa promesse, en ajoutant que le matin même, à ta messe, elle a demandé à Dieu sa conversion. Le cœur paternel s'émeut ; des combats intérieurs l'agitent. Au milieu de cet orage précurseur du calme, il s'écrie : Laisiez-moi quelques instans , ma fille, vous revendrez plus tard. L'après-midi, comme l'aimable enfant rentrait dans la chambre du malade , il l'appelle el lui dit : Ma fille ^ je me reproche d'avoir mal rècompemé votre courag" p quand ce matin vous m'avez parlé avec tant de candeur. Eh bien , je veux moi-même annoncer à votre mire que ma rêsulution est définitivement prise , que je vais faire abjuration. Le soir, d'anciens magistrat», des

hommes <îe lettres, qui formaient la société habituelle de M. Géraud, s'étant réunis chez lui, il leur annonça lui-même sa résolution, et en développa les motifs avec celte chaleur d'âme qui faisait son caractère, et qui rend ses écrits si altachans. Il avait toute sa vie étudié la religion ; et ta conviction , fruit de se* méditations et de ses recherches, étaient depuis longtems dans son âme, et y attendaient le moment de la grâc«». Il déclara donc qu'il abjurait le protestantisme avec connaissance de cause , sans rien craindre de ce qu'on pouvait dire ou penser ; qu'il était convaincu que la vérité était dan» la croyance catholique, et qu'elle n'était que là. Un ami lui proposa alors d'appeler M. l'archevêque de Bordeaux pour recevoir son abjuration. Non, répondit-il, je demande le curé de la paroisse ; il me semble atoir lu que, lorsqu'il est digne de noire confiance , il est plus simple et plus naturel de m' adresser à tui C'est donc entre les mains de son pasteur, desservant de la paroisse de campagne qu'il habitait près de Bordeaux, que M. Edmond Géraud fit, le t^ mai i83i , son abjuration , et sa profession de foi , telle qu'elle est dans le rituel du diocèse. Il en prononça les paroles avec un ton de ceniviction rt de piété qui raffermit la foi des assistans , et fit coulef leurs larmes. Le nouveau converti, qui pleurait aussi, mais de joie, déclara croire, sans aucune restriction, tous les articles de la foi catholique, et se soumettre entièrement aux commandemens de Dieu et de l'Église. Le mal ayant fait des progrès rapides , M. Géraud mourut Ip ai mai, dans les sentimens de la plus vive piété, bénissant Dieu, et ne se lassant pas de lui témoigner sa reconnaissance pour le bienfait inestimable de sa conversion. — Tels sont les grands spec** tacles que la religion, dans ces tems d'épreuve et de douleur, présente encore au monde. Telles sont les consolations que la foi ménage aux âmes fidèles ; le$

sujets de méditation qu'elle offre à ceux qui savent rétie'chir dans leur cœur, yu< recogitant corde. M. Edmond (ieraud u'esl plus. Dieu, dont les jugemens sont impénétrables, a privé sa cause d'un tel défenseur en se hâtant de couronner la foi de ce nouvel enfant de l'Église. M. Edmond Géraud n'est plus ; mais sa noble conduite , sa fin louchante, parlent plus éloquemmenl que n'auraient pu faire ses écrits... defunc" tus adhuc luquîtur.

PERPÉTUITÉ DE l'ÉGLTSE.

Lorsque l'impiété parut s'asseoir triomphante sur les débris des croix renversées, un incrédule disait, avec une sorte de triomphe : Gardez bien votre Pape, car vous ncR aurez pas d'autre. Jamais prophétie ne fut plus visiblement démentie. La manière dont Pie VII monta sur le trône pontifical est remarquable.

Dieu ayant appelé à lui Pic VI, dont la mémoire durera autant que la religion dont il fut le héros et le raartyr , avec quelle consolation on le vit revivre dans Pie \ II , son successeur ! Et afin que ce grand événement portât le caractère d'une puissance surnaturelle , ce furent nos frères errans et égarés (les Russes et les Anglais) qui relevèrent la chaire pontilicale- Dieu appelle du fond du Nord les libérateurs du Midi. IJ choisit le protecteur héréditaire de l'Jiglise grecque, pour devenir le défenseur de l'Eglise romaine ; il lui ordonne de changer la face de l'Italie, d'écarter tous les obstacles et de préparer toutes h^s voies, pour qu'un nouveau conclave puisse s'assembler paisiblement, régulièrement, et 5>ans offrir l'apparence, ni même le prélexte de la plus légère division. Venise a le bonheur et la gloire de devenir l'asyle du sacré collège; tousses membres s'y réunissent , tous les vœux sont remplis : Pie VU est proclamé , et l'Église a un chef digne de réparer ses malheurs et de fermer ses

plaies. Ainsi la divine providence a raffcrnii à jamais les fondemens de la religion catholique , en ne souffrant pas que la succession des pontifes de l'Église romaine fût interrompue, ou qu'une religion schisma- .Uquq déchirât la catho'.icite'.

Mgr, l'Evê<iued'\I.AlS, Lettre aie» vieairt$-gén&aux en iSio. LEÇON DE PIE TU A UN JEUNE HOMME.

A l'époque où le vénérable Pontife Pie VII vint à Paris, il y fut acceulli avec toute la vénération due à son caractère et à ses vertus. Lorsqu'il donnait sa bénédiction, selon l'usage des chefs de l'Église, tout le inondes'empressait de semetire à genoux pourla recevoir. Un jour qu'il bénissait ainsi le peuple, un jeune homme se tint debout, en ayant l'air de tourner en ridicule ceux qui ne suivaient pas son exemple. / J\

Le saint Père, avec autant de sang-froid que de majesté, se tournant vers le jeune philosophe ,lui dit: « J'ignore , Monsieur, de quelle religion vous êtes; mais comme la bénédiction d'un vieillard ne saurait nuire à la jeunesse, trouvez bon que je vous donne la mienne, en vous lénioignant le désir qu'elle ait pour vous d'heureux résultats. »

Le jeune homme, touché des paroles du saint Père, se jeta à genoux; il reçut, comme il le devait, cette leçon aussi touchante que paternelle, en témoignant tous les, regrets de n'avoir pas rempli ce devoir dès le premier moment.

L'amour propre est notre ennemi lé plus dangereux, et c'est sur la jeunesse qu'il exerce le plus son influence. Le jeune homme, qui refusait ainsi de rendre hommage au vénérable successeur des Apôtres, espérait obtenir l'approbation de la classe ennemie jurée de toutes les formes religieuses. Un regard rapide jeté sur l'assemblée lui fît bientôt connaître

qu'elle n'approuvait pas sa conduite. Il eut assez de rectitude dans l'esprit pour reconnaître ses torts et le* réparer.

Émnnti rtlifiêuti ém i8o5.

On donne aussi le nom d'Eglise au lieu où s'assemblent les fidèles pour vaquer aux exerces de religion.

TRAIT d'ON roi DU JAPON.

Un roi du Japon, nouvellement converti, condamna à mort un de ses pages qui avait commis quelque indëcencc à l'Église ; et sur ce qu'on le priait initamment de faire grâce à cv jeune japonais , Quoi I s'écria-t-il, transporté d'indignation, Ton punit ceux qui perdent le respect devant les rois de la terre, et l'on Veut e'pargner celui qui a outragé le souverain maître des rois jusque dans son temple.

Lt p. CHABLETOIX. WUltht ém CkrlilUitlnmé «a Jafif.

y DE lA MORT, t

VeneiToir le plut bctu •pcctaele que puÎM* prA. •enler la terre; t^dcs toit mourir le fidèle. Gel homme n'eil ^ilut l'homme du monde : il u'eppartient plus à ion pivs ; toulci les relationt «Ter la société eeiient ; pour lui le aaleut par le tempa ett fini , et il ne date plui que de la graud« ère de l'éteruité. csavbaubbiaub.

Dieu promet aux fidèles enfans de l'Eglise ^ s'ils meurent dans son amour , la résurrection glorieuse et la vie éternelle. Mais avant de ressusciter , il faut que les hommes meurent et soient jugés. Quand mourrons-nous ? Nous n'en savons rien ; mais nous devons souvent penser à la mort qui nous menace à chaque instant, et nous tenir toujours prêts.

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