‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 234 sur 252 · LA LÉGION FULMINANTE · texte numérisé non relu

LA LÉGION FULMINANTE

Dans le tcms que l'empereur Marc-Aurèle faisait la guerre contre les Sarmates , son arme'e s'engagea dans un pays plein de bois et de montagnes. Les Romains y e'taient extrêmement incommode's de la faim et de la soif, sans pouvoir se retirer, car les barbares, qui étaient en plus grand nombre , occupaient tous les postes des environs, et les tenaient comme assiégés : l'armée était sur le point de périr, dans l'extrémité où elle était réduite.

Il y avait dans l'armée un grand nombre de soldats chrétiens ; ils se mirent tous à genoux , et faisaient à Dieu de ferventes prières ; les ennemis s'en étonnaient ; mais ils furent bien plus surpris de ce qui arriva : il s'amassa lout-à-coup de grands nuages , puis il tomba une pluie extraordinaire : d'abord les Romains levaient la tête et la recevaient dans la bouche, tant la soif les pressait; puis ils en remplirent leurs casques, burent abondamment et abreuvèrent leurs chevaux ; et comme les barbares les attaquèrent en même tems, ils buvaient en combattant, et il yen eut de blessés qui burent leur sang avec l'eau.

Cependant il tombait sur les ennemis une grêle épouvantable , mêlée de foudres ; l'eau et le feu semblaient tomber du ciel dans le même endroit; mais le feu ne louchait point aux Romains ou s'éteignait aussitôt : au contraire, la pluie ne servait de rien aux barbares, elle les brûlait comme l'huile , en sorte que tout mouillés, ils cherchaient de l'eau, et se blessaient les uns les autres pour éteindre le feu avec le sang : plusieurs passaient du côté des Romains, voyant que l'eau n'était salutaire que pour eux; Marc-Aurèle en eut pitié.

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Ce fut alors que l'arme'e lui donna le nom d'Empereur pour la septième fois ; i! le reçut comme venant du ciel; car tout le monde regardait cet e'vénement comme miraculeux. Les troupes des chrétiens qui avaient attire' ce miracle par leurs prières, furent nomméesla Lr g! ou fulminante. On voit encore à Rome un monument dece prodige, dans Iesba>-rcliefs de la colonne Antoni'.'noe , faite en ce même tcms. Les Romains y sont représente's les armes à la main contre les barbares, que Ton voit étendus par terre a\ec leurs chevaux, et sur eux tombe une pluie d'éclairs et de foudres. On dit qu'à celte occasion Marc-Aurèle écrivit des lettres oii il témoignait que son armée,, prête à périr, avait été sauvée par les prières des chrétiens.

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