TRAIT CONFIRMÉ PAR J.-J. ROUSSEAU
Madame de Warens , demeurait à Annecy, dans la maison de M. Borgé, le feu prit au four des cordeliers, qui répondait à la cour de cette maison , avec une telle vio'ence, que ce four, qui contenait un bâtiment assez grand, rempli de fascines et de bois sec, fut bientôt embrasé. La flamme, portée par un vent impétueux , s'attacha au toit de la maison , et pénétra par les fenêtres dans les appartemcns. Madame de "Warens donna d'abord ses ordres, pour làcher d'arrêter les progrès de l'incendie , et pour faire transporter ses meubles dans son jardin. Elle était occupée de ces soins, quand elle apprit que M. Tévêque était accouru au bruit du malheur dont elle était menacée, et qu'il allait paraître dans l'instant. Elle alla aussitôt au-devant de lui; ils entrèrent ensemble dans le jardin; il se mit à genoux avec elle , et avec tous ceux qui se trouvèrent présens, du nombre desquels j'étais, et
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commença à prononcer des prières avec cette ferveur qui lui e'tait ordinaire. L'effet en fut sensible ; le vent, qui portait le feu par dessus la maison jusque dans le jardin, changea tout-à-coup , et éloigna si bien les flammes delà maison, que le four, qui était contigu, fut entièrement consumé, sans que la maison eût d'autre mal que le dommage qu'elle avait reçu auparavant. C'est un fait connu de tout Annecy, et que j'ai vu de mes propres yeux; signé Rousseau.
Vie de M. Bernex , évique de Genivê , page i65f IL FAUR PRIER AVEC RESPECT ET RECUEILLEMENT.
Les Turcs sont si attentifs dans leurs prières, si modestes et si composés à l'extérieur, qu'ils semblent plutôt être des religieux que des barbares. Ils entrent nu-pieds dans leurs mosquées, les mains jointes, les yeux baissés. Ils s-e mettent à genoux avec un profond respect , et ils donnent plusieurs fois du front en terre pour s'humilier en la présence de Dieu. Pendant tout le tems qu'ils sont en prières, vous n'en verrez pas un seul qui ose tourner la tête. C'est un crime que de dire un mot à un autre. Aussi est-ce une chose inouie que de voir deux Turcs parler ensemble pendant le tems de l'oraison. Quelque chose que l'on dise à un Turc, lorsqu'il est en prières, il ne répond pas : on le maltraiterait qu'il ne regarderait pas qui l'a frappé. Ah! que ces infidèles donneront un jour de confusion aux chrétiens qui font leur prière avec si peu d'attention et avec tant d'immodestie !
L« bon Ange Je l'enfance , par ABTISENEV. IL FAUT PRIER AVEC CONFIANeE ET PERSÉVÉRANCE.
Lorsque le combat se donna entre les Amaléciles et le peuple de Dieu , Moïse ne cessa de tenir les mains
élevées vers le ciel, pour supplier la divine majesté de donner la victoire à son peuple; niais comme la lassitude l'obligeait quelque fois à les abaisser, on remarquait que pour lors les Amalécites avaient l'avantage. C'est pourquoi Aaron , son frère, et Hur , fils de Caleh , firent asseoir Moïse sur une pierre et lui soutinrent les mains, ce qui fut cause de l'entière de'faite d'Amalec.
Dieu a voulu nous apprendre, par cet exemple , que c'est la prière qui rend les hommes victorieux du de'mon, et rien , disent les SS. Pères, n'est plus propre à nous faire comprendre combien la prière doit être persé\^érante et confiante pour assurer le secours de Dieu dans les combats que nous avons à soutenir contre l'ennemi du salut.
BÉPO?iSE DE S AIXT- ANTOINE.
On demanda un jour à saint Antoine quelle était la meilleure manière de prier \ il répondit : cest lorsque vous priez sans qu'on s^cn aperçoive \ c'eSt-à-dirc qu'en priant il faut éviter toute affectation et toute singularité.
vu de Saint- Antoine,
IL FAUT ÊTRE EXACT A OFFRIR TOCS LES MATINS SON CœtR A DIEJC.
C'était , dit un pieux auteur , la pratique d'un jeune enfant de qualité d'offrir son cœur à Dieu tous les mamatins avec beaucoup de ferveur ; ce qui était comme l'âme de toutes les actions qu'il faisait pendant le jour. Si je manque , disait-il , à ce devoir, comme il m'est arrivé quelquefois, je suis dissipé tout le reste de la journée. Ce saint enfant, n'ayant pas encore l'âge de douze ans, mourut avec les sentimens d'une rare
pi^të. Mon Dieu, s'ëcriait-il de tems en tems, étant prêt a expirer, je vous ai fait presque tous les jours un sacrifice de mon cœur, je vous en fais un maintenant de ma propre vie.
Imitons ce pieux enfant, et soyons exacts comme lui à offrir tous les matins notre cœur à Dieu, afin de mourir comme lui dans les sentimens d'une vraie pie'té.
ABVISEITET, le bon Ange de l'Enfance.
IL FAUT PRÏER AVA>T ET APRÈS LE REPAS. SAGES RÉFLEXIONS d'uN AUTELR.
Un autour non suspect, et qui a e'crit sous l'influence de la philosophie du iS" siècle, alors dans toute sa nouveauté , comme dans toute la violence cie sa haine contre le christianisme, Saint-Foir. ^ a fait la re'fl^xion suivante : « Chez les Romains, en se met- « tant à table, le maître de la maison prenait une « coupe de vin et en versait quelquesgouttes à terre: «' ces libations étaient un hommage qu'ils rendaient « à la Providence. De tous tems , Ifs chre'tiens avant « et après le dîné et le soupe, ont fait une prière à « Dieu pour le remercier du repas qu ilsallaient pren- « dre, ou qu'ils avaient pris. N'est-il pas bien con- « damnable et en même tems bien ridicule qu'en « France, depuis cinquante ans, cet acte si naturel t de reconnaissance et de religion ail été regardé, par « les personnes du grand monde, comme une petite « cc'rémonie puérile, une vieille mode, que le nou- « veau bel usage doit proscrire ? nos inférieurs , en « devenant à notre exemple ingrats envers Dieu , (1 s'habituent à l'être envers nous. »
Euttis tur Para.