LES POLONAIS ET LES SEURROIS
Après la prise de Varsovie, un grand nombre de Polonais se réfugièrent en France; plusieurs se trouvant à Seurre, Côte d'Or) on les invita à un banquet. Près de se mettre à table, les étrangers restèrent debout, et comme les Seur:ois s'attendaient à entendre un discours de circonstance, le plus vieux capitaine , faisant le signe de la croix, récita \e Eenedicite, auquel tous les frères d'armes et d'exil répondirent en se signant, om "in. Cet acte religieux excita la surprise de l'assemblée ; quelques rires moqueurs s'échangèrent autour de la table. Le malheur est clairvoyant; les soldats chrétiens se retirèrent du banquet , ne pouvant cacher leur amertume, et se plaignirent tristement qu'on n'eût pas respecté leur religion à laquelle ils tenaient du fond de leurs entrailles.
Gazette du Clergé du jo mari i83s.
HERMÀN DE COURSEULLES.
Herman de Courseulles , élève du petit séminaire de Saint-Âcheul , était un sujet d'édification, nonseulement pour ses condisciples , mais aussi pour ses maîtres eux mêmes. Us aimaient à le considérer tous les soirs, se tenant à genoux pendant quelque lems, les mains jointes au pied de son lit. Dans cette posture respectueuse , il adorait Notre- Seigneur, saluait la Sainte- Vierge sa bonne mère, et lui donnait son cœur pour qu'elle l'offrît à son divin fils. Les jours où il lui était permis de prendre un quart-d'heure sur son sommeil , pour l'employer au saint exercice de la méditation, il n'y manquait jamais. C'est par ce premier sacrifice qu'il se hâtait de consacrer à Dieu tous les prémices de la journée. Non content de Ta-