‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 31 sur 252 · UNE CONSOLATION POUR LES BONS · texte numérisé non relu

UNE CONSOLATION POUR LES BONS

Dans le tems de la plus grande terreur, Robespierre s'avisa de faire décréter par la Convention l'existence de Dieu et 1 immortalité de l'âme; il voulut donner quelque solennité à ce décret, en engageant les écri.vains à célébrer sa nouvelle profession de foi. M. Delile était alors au collège de France, menacé chaque jour d être arrêté. Le président du comité révolutionnaire vint le prier de faire quelques vers sur l'immortalité de l'âme . et ne lui donna que vingt-quatre heures. Lorsqu'il revint, le poète lui montra un dithyrambe dans lequel on remarque surtout ce passage :

Dans sa demeure impénctrabie ,

Assis sur l'éternité ,

La tranquille immortHlité Propice au bon et terrible an coupable , Da ïeHis , qui sous sts yeux fuit à pas de géant ,

Défend l'ami de la justice ,

Et ravit à l'espoir du vice

L'asile horrible du néant.

Oui : vous qui de l'Olympe usurpant le tonnerre , Des éternelles lois renversez les autels ;

Lâches oppresseurs de la terre ,

Tremblez, vous êtes immortels !

Et vous , vous du malheur victimes, passagères , Sur qui veillent d'un Dieu les regnrd paternels , \oyagenrs d'un moment aux terres étrangères ,

Cousolei-vous , TOUS êtes immortels !

C'est très-bien, dit le président, après la lecture de cps ver";; c'est peut-être ce que vous avez fait de mieux jusqu'ici ; mais attendons, le moment n'est pas venu de les publier: quand il en sera tems, je viendrai vous

avertir. En effet , M. Delille , incapable de se prêter aux idées des novateurs, avait eu le courage de traiter son sujet de manière à les effrayer, en présentant l'immortalité comme un supplice pour les méchans, et une consolation pour les victimes de la révolution.

DELILLE, auvrescompleles , tom. lo, RAISO.NNEMENT d'usC ENFANT.

Un enfant ayant été frappé par un de ses condisciples voulut se venger; il fut seul aperçu par son maître et puni. Le soir il dit à son père, dont il connaissait lincrédulité , (et il en était si affligé! ) « mon papa, il Y a une autre vie , on me l'a bien dit au catéchisme, et quand on ne me l'eût jjas, dit, je n'en serais pas moins persuadé , le mal qui m'a été fait n'ayant été ni connu ni puni, et devant l'être, cela me prouve une autre vie. »

HÉBACLT , Enseignement de la Religion.

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