M. PËRCEVAL-FRILEUSE A SON ÉPOUSE
M. Pcrceval Frileuse, ci-devant fermier-général, homme d un grand courage et et d'une grande piété, voyant que sa lète allait bientôt tomber sous le fer des tyrans, qui, à la lin du dernier siècle, inondèrent de sang notre belle patrie, écrivit à son épouse cette lettre touchante , « Si tu reçois ce papier, ma chère et ten- » dre amie, ce ne sera que quand nous serons sépa- » rés pour toujours: que dis-jeJ* pour toujours ! nous « nous réunirons un jour dans le sein du bonheur » éternel, qui ne sera plus troublé par aucune des » passions des hommef. Mon voyage fur la terre est » fini , je suis arrivé au port ; du moins j'espère , ma » bonne amie, que la bonté de Dieu me pardonnera » mes offenses, qui n'ont été que trop nombreuses, » et qu'il m'admettra dans le séjour des bienheureux, w d'oi'i je pourrai veiller sur toi et sur mes enfans. » Adieu. »
CARROX , io l'éducation t. 1.
PAROLES TOUCHANTES DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE A SON ÉPOUSE ET A SES ENFANS.
Quelques heures avant sa mort. Bernardin de Saint-Picire, auteur des Etudes de la Nature, voyant ses enfans tout en pleurs autour deson lit , leur adressa ces touchantes paroles : Ce n'est quune séparation de quelques jours , ne meta rendez pas si douloureuse ; je sens que je quitte la terre et non la vie. Quelques jours auparavant, il avait dit à .on épouse : « Pourquoi te
— 86 .-^- Uvrer à d'inutiles regrets? ce qui t'aime en moi vivra toujours; la mort est suivie d'une existence immortelle! »
Ann-MAKim , fU it Bernardin d§ Stimt PUrre.
DU JUGEMENT PARTICLLIER.
Il est arrêté que tou» les hommes moarronl nne (oit et qu'sprra Is mort ili leront )U§ia> St-PAll> aux B4breux ix.
Notre âme , aussitôt après la mort, paraît devant Dieu pour être jugée; c'est ce qu'on appelle le Jugement particulier.
LE SOUTAIRE MOURAîrr.
Un solitaire avait eu le malheur de vivre assez long-tems dans une grande négligence de son salut et de sa perfection : il tomba dani^ereusement malade et bientôt il (ut réduit à l'exîréraiîe'. Alors il fut ravi en esprit , et pendant une heure entière il parut hors de lui-même. Dans ce ravissempnt, il vil la rigueur et la juste sévérité des jugptnens de Dieu. Etant revenu à lui, il (ut tellement frappé de ce qu'il avait vu, Îu'il se résolut à la pénitence la plus extraordinaire, l conjura tous ceux qui étaient présens, du nombre desquels était saint Jean-Ciimaque , qui rapportées» fait, de se retirer. Puis, avant fait murer la porte de sa cellule,] il y demeura enfermé pendant douze ans, sans parler à' personne, et ne vivant que de pain et d'eau qu'on lui apportait. Il se tenait assis , méditant continuellement ce qu'il avait vu, denieurani toujours dans la même posture, les yeux fixes et rersant un torrent de larmes. Lorsqu'il fut près de mourir, les solitaires, quittaient dans le monastère, enfoncèrent le mur qui fermait sa cellule, et s'approchèrent de lui. Tous alors le prièrent atec instance de leur adresser
quelques paroles d'e'difîcaiion ; il s'en excusa longtems ; enfin il leur dit : Pardonnez -mol, mes frères y si je ne vous dis qu'une seule chose ; en téritéy en vérité , si les hommes saoulent combien le jugement de Dieu est redoutable y Us ne pourraient jamais V offenser. Et après avoir dit ces mots il expira, laissant tous les solitaires pénétrés d'une juste frayeur.
t)B BC8ST , Nouveaa moi* i* Mari*.