PAROLES DU DÉMON A STE-CATHERINE DE GÈNES
C'est le partage des réprouvés de ne pas aimer , et ce fut une expression bien énergique et bien capable de peindre l'abîme du malheur dms lequel il est plongé, que celle du démon, lorsqu'il dit à sainte Catherine de Gènes : Je suis celui qui nainie point.
Fie de 5(e-CATHEBlIi[E.
l'impie CROIT A l'eNFER AUSSI BIEN QUE LE CHRÉTIEN.
Un homme qui , pendant toute sa vie, n'avait cessé de blasphémer contre la religion, étant tombé dangereusement malade, sa famille fit venir le P. M.*****,
célèbre pr^dicatiiur. Ce pieux et savant ecclésiastique eut avec le malade plusieurs entretiens. A la fin d'un de ces entretiens qui avait roulé sur l'enfer, l'esprit fort fit cet aveu bien remarquable : < Mon père, je croisa l'enfer aussi fermement que vous, je n'ai jamais douté de son existence; je Sfis que l'enfer sera mon partage ,- je sais quelle est la rigueur des tourmens qu'on y endure ; mais, ajoula-t-il, je me sens assez de courage et assez de force d'âme pour supporter ces tourmens pendant une éternité. » Il mourut peu de tems après. Il est impossible de porter plus loin le délire et l'orgueil philosophique. ,
Bapptrti far It P. SLOBIOI.
BIBN n'est PLCS EFFICACE POUR EMPÊCHER b'oFFENSER DIEU QCE LA PENSÉE DE l'eNFER.
Il y avait 35 ans qu'un saint Solitaire, nommé Martinien, menait dans la retraite la vie la plus édifiante et la plus parfaite, lorsque Dieu permit qu'il fût éprouvé par h plus délicate de toutes les tentations. Une courtisane, nommée Zoé, «'étant couverte de haillons, se rendit sur le soir à la cellule du Saint , se donnant pour une personne pauvre qui s'était égarée dans le désert et qui courait risque de périr, si on lui refusait l'hospitalité. IVIarlinien attendri la reçut dans sa cellule; le lendemain matin Zoé quitte ses haillons, se revêt d'habits magnifiques qu'elle avait eu soin d'apporter avec elle , et se présente ainsi parée devant le St. Hermite. Déjà il avait consenti dans son cœur au crime qu'on lui proposait; déjà il s'avançait pour congédier plusieurs personnes qui avaient coutume de venir chaque matin recevoir ses avis et sa bénédiction, lorsqu'il sentit au fond de sa conscience l'aiguillon du remords ; rougissant de sa faiblesse et voulant s'en punir , il allume un grand feu et se met les pieds dedans : la violence du mal l'oblige de crier ; la coursanne accourt au bruit , le trouve étendu par terre,
les pieds à demi-brûlés, et baigné de ses larmes. Martinien lui dit alors: Hélas ! si Je ne fjuis endurer un feu sijaible, comment pourrai -je souffrir celui de f enfer ^ auquel je riens de m'exposer ? Zoé ne put tenir contre uh tel spectacle. La grâceayant amolli la dureté de ton» cœur, elle devint pénitente de pécheresse qu'elle était!^ et passa le reste de ses jours dans la pratique des aus-' térités les plus rigoureuses.
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HISTOIRE DE DOMNIXE ET THÉOMLLE.
En l'an "85, deux pieuses personnes, Domnine et Théonille, furent arrêtéescomme chrétiennes, et mises en prison, en attendant l'arr'n ée du proconsul de Cilicie, nommé Lysias. Lorsqu'il lut arrive, Domnine comparut et Lysias lui dit : Vous voyez ce feu et ces instrumens de supplice qui sont préparés pour vous; si vous voulez les éviter, vene7, et sacrifiez aux Dieux. Domnine répondit : Je ne crains que les tourmens éternels et le feu qui ne s^éleindra jamais , et c'est pour ne pas y tomber que j^ adore Dieu et J ésus-Christ, son JilSy aui a jail le ciel et la terre , avec tout ce qu'ils renjerment ; car pour vos Dieux , ce ne sont que des Dieux de hais et de pierre. Lysias irrité dit aux bourreaux : Dépouillez-la de ses habits et frappoz-la de verges. Elle expira dans ce supplice, et son corps fut jeté dans le feu. Théonille comparut ensuite", et Lysias lui dit: Vous voyez quels supplices attendent ceux qui refusent d'obéir. Je vous conseille donc d'obéir et de sacrifier aux Dieux. Théonille répondit : « Je ne crains que le feu éternel, et c'est pour ne pas y tomber que j'adore Dieu et Jésus-Christ son fils. » Le juge transporté de eolère la fit mourir dans les plus cruels tourmens. Ainsi périrent ces deux saintes personnes, aimant mieux souffrir sur la terre les plus grands supplices que de s'exposer à être damnées.
UUUùr* EcelUiuUqat , aa i86d