‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 37 sur 252 · TRAIT RAPPORTÉ PAR ST. -FRANÇOIS DE SALES · texte numérisé non relu

TRAIT RAPPORTÉ PAR ST. -FRANÇOIS DE SALES

St. -François de Sales rapporte l'histoire suivante arrivée à Pad'>ue, ville où il avait fait une partie de ses études :

Ceux qui étudient en cette université ont la mauvaise coutume de courir la nuit dans les rues, avec des armes, demander qui ca là ? et de tirer sur ceux qui ne leur répondent pas.

Il arriva qu'un écolier passant par la rue, et ne répondant point à celte interpellation, fut tué , et que celui qui l'avait tué alla se réfugier chez une bonne

veuve dont le fils était son compagnon d'étude et son ami. Il la prie de le cacher dans quelque lieu secret, lui confessant le mauvais coup qu'il venait de faire.

Cette bonne veuve l'enferme dans un cabinet retiré, et voilà que peu de tems après on lui rapporte son fils mort. 11 ne fallut pas une longue recherche pour savoir quel en était le meurtrier. Elle va le trourer, et toute éplorée lui dit : « He'las 1 que vous avait fait mon fils , pour l'avoir tué si cruellement ? » L'autre sachant que c'était son ami, se mit à crier et à s'arracher les cheveux ; et au lieu de demander pardon a cette bonne mère , il se mit à genoux devant elle et la supplia de le mettre entre les les mains de la justice , roulant expier publiquement un crime si horrible.

Cette mère, qui était ext'-êmement chrétienne et miséricordieuse, (ut si touche' du repentir de ce jeune homme, qu'elle lui dit que pourvu qu'il en demandât

f)ardon à Dieu et promît de changer de vie, elle le aijserait aller, ce qu'elle fit effectivement sur sa parole. Ce grand acte de clémence fut si agréable à Dieu, qu'il permît que l'àme de ce fils apparût à cette bonne mère, l'assurant que le pardon si charitable qu'elle avait occordé à celui qui l avait tué , sans le connaître , et duquel elle pouvait si légitimement et si facilement poursuivre la vengeance, avait tellement plu à Dieu, qu'en cette considération il l'avait délivré du Purgatoire, dans lequel, sans cela, il eût été détenu longtems. —~0h! que bienheureux sont les miiéric or dieux I car ils obtiendront mi^cricorde et pour eux et pour \et autres.

Etprit <^Sl.-VaA>{OU D8 f ALSS.

DE L'EBIFER.

lia eeroQt tourmentés jour et nait pendant toots l'éteraità. Apoe.

L'Enfer est un lieu de tourmens, où les méchans sont privés de la vue de Dieu, et brûlent éternellement dans un feu qui ne s'éteindra jamais.

RÉPONSE d'un religieux A DE JEUNES LIBERTINS.

Quelques jeunes libertins se trouvant avec un Rôj» ligieux d'un ordre très- austère , se mirent à le plaisanter sur son genre de vie , et finirent par lui dire : e Ah! mon père, vous serez bien attrapé s'il n'y a point de Paradis. > Vous le serez bien plus, leur répondit le Religieux, s'il y a un enfer, comme la relt^ gion nous l'apprend.

RÉPONSE ÉNERGIQUE d'uN PRÊTRE.

« Crois-tu à l'Enfer? demandaient à un Prêtre le» juges révolutionnaires de Lyon. > — £h ! comment , répondit-il, pourrais- je en douter, en vous voyant, en en considérant ce qui se passe? j'aurais été' incrédule, que je serais devenu croyant. > — Rien ne prouve tnieux, en effet, l'existence d'une autre vie, que V'uxxr punité dont les méchans jouissent dans celle-ci.

RÉPONSE d'un démon A UN EXORCISTE.

tJn saint Prêtre demanda à un démon qu'il exoi»^ cisait : Quelle peine soujfre-t-on en enfer ? Le démon lui répondit : Un feu perpétuel ^ une malédiction éter^ nelle f une rage y un désespoir'Jternel de ne pouvoir jamais coir celui qui nous a créés, et qu'on a perdu. — Que {&■ rais-tu, lui dit l'exorciste, si lu pouvais rentrer en sa

grâce-' « Je voudrais, lui répliqiia-t-il , soufFrir dix mille ans pour le voir un moment; et si j'avais un corps comme vous, je serais toujours à ses pieds pour lui demander miséricorde. Ah ! si les hommes savaient, ce qu'ils perdent, quand ils perdent la grâce!»

Supplément aux œuvres du P. SCBIK , cbap. V.

LE FEU QUI EST SUR LA TERRE n'esT RIEN EN COMPARAI- SON DE CELUI DE l'enfer,

Louis-François Beauvais, de'cédéle 24février i8i5, à l'âge de i4 ans, voyant sa mère entretenir un brasier ardent , lui demanda si le feu de l'enfer était aussi terrible que celui qu'il avait sous ses yeux. Hélas I mon fils , lui dit-elle , h feu que tu vois ncst rien en comparaison de celui de l Enfer. — O mon Dieu ! s'érria-t-il en pâlissant, si j'allais y tomber I — Ne crains rien, reprit la mère, qui s'aperçut de son effroi, r Enfer n'est pas pour tout le monde , il nest que pour ceux, qui auront désobéi à leurs parens , et qui n^ auront pas aimé le bon Dieu, Pour toi tu niras pas brûler dans ce feu , si tu es sage. Ces paroles le rassurèrent , mais il se les rappela souvent dans la suite, et il ne négligea rien pour remplir la condition à laquelle il pouvait éviter les tourmens de l'Enfer.

Souveniri de St-ArhruI , page 3.

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