‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 5 sur 252 · HISTOIRE ET DOGMES DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

HISTOIRE ET DOGMES DE LA RELIGION

DE l'existence de DIEU.

Dire qu'il n'y a poinl de Dieu , c'est fiiire entendrt à la terre un blaspliênie qui sera hué , même en enfer, car l'tufcr croit en Dieu.

LeP. <UIieuwUle.

Dieu existe-t-il ?

Oui; et entre mille preuves qui établissent et demontreut cette vérilé, j'en choisis trois principales qui parlent à l'intelligence de tous les hommes : i° l'ordre magnifique et constant de l'univers; 2° le sentiment d'une divinité , répandue dans le cœur de tous les hommes ; 3° les difficultés qui se trouvent dans le système des athées.

V existence de Dieu prouvée par Tordre magnifique et constant de Cunivers..

Ouvrez les yeux. , regardez en haut : Qui a tendu les cieux comme un pavillon magnifique ? (i ) Qui a attaché au firmament ces globes lumineux qui brillent pendant la nuit? Qui a ordonné au soleil de recommencer chaque jour sa course, si ce n'est le tout-puissant?

Abaissez ensuite vos regards sur la terre : toujours les fniits succèdent aux fleurs; je vois partout l'ordre et la prévoyance. Qui peut entretenir cette admirable économie, si ce n'est celui qui est intelligent et bon? A la vue du magniOque spectacle de la nature, qui n'est tenté de, s'écrier avec le prophète : Les cieux annon- CÇTit la gloire de Dieu , et le firmament publie les ouvrages de ses mains. (2)

V existence de Dieu prouvée par le sentiment dune divinité, répandu dans le cœur de tous les hommes.

Le sentiment d'une divinité est gravé en caractères ineffaçables dans le cœur de tous les hommes. Tous n'en ont pas la même idée; mais ouvrez les annales des nations et toujours vous verrez que, malgré leur ignorance ou leur corruption, les peuples barbares comme les peuples civilisés se sont accordés à croire à l'exis-

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tence d*un être supérieur à l'homme ; un consentement si universel et si unanime dans des peuples si différens de tems , de mœurs el d'opinions, ne peut venir que d'une lumière surnaturelle que Dieu même à mise dans notre âme en nous créant.

V existence de Dieu proui^ée par les difficultés qui se trouvent dans le système des athées.

Puisque, selon l'athée, il n'y a pas de Dieu , qui a donc créé l'univers? Les uns disent, c'est la nature:, d'autre X^hazard o\x la nécessité.

Dire que c'est le nature qui a créé l'univers, c'est dire un mot vide de sens , à moins que par la nature on n'entende une cause pleine de sagesse et d'intelligence, et alors c'est Dieu luimême.

Si le monde est l'ouvrage de la nécessité ou du hazard , pourquoi partout de l'ordre, de la sagesse, de l'intelligence?

Ceux, dit Montesquieu, qui ont avancé qu'une fatalité aveugle a produit tous les effets que nous voyons dans le monde, ont dit une grande absurdité; car quelle plus grande absurdité qu'une fatalité aveugle qui aurait produit des êtres inlelligens ? (i j

Je serai toujours persuadé , dit Voltaire , qu'une horloge prouve un horloger, et que l'univers prouve un Dieu.

(i) Esprit des loi».

SAILLIE DE l'abbé GALIANI.

Après un dîne assaisonné d'athéisme, Diderot proposa dénommer un a\?ocat de Dieu , et l'on choisit l'abbé Galiani. Il s assit , et débuta ainsi :

«c Un jour , à Naples , un homme de la Easilicate prit devant nous six dés dans un cornet , et paria d'amener rafle de six ; il l'amena du premier roup. Je dis : celte chance était possible. Il remit les dés dans le cornet , trois , quatre, cinq fois ; et toujours rafle de six. Sangue di Bncco , m'écriai-je , les dés sont pipés , et ils Tétaient.

« Philosophes, quand je considère l'ordre toujours renaissant de la nature, sts lois immuables, ses révolutions toujours constantes dans une infinie variété, cette chance unique et conservatrice dun monde te' q 10 nous le voyons , qui revient sans cesse , maître cent autres millions de chances de perturbations et de dt;struction , je m'écrie ; Certes la nature est pipée. ^^ Cette saillie originale et sublime ne mit pas le; rieurs du côté de 1 athéisme.

ilimoiret di MOBEIXET.

l'île déserte.

11 ne faut qu'ouvrir les yeux , dit Fénélon , et qu'a voir un cœur libre, pour apercevoir sansraisonnemen la puissance et la sagesse du créateur , qui éclaten i dans son ouvrage. Si quelque homme d'esprit con teste ceUe vérité, je ne disputerai point avec lui; je b prierai seulement de souffrir que je suppose qu il S' trouve par un naufrage dans une île déserte; il y aper çoit une maison d'une excellente architecture, magni fiquement meublée ; il y voit des tableaux merveil leux ; il entre dans un cabinet où un grand nombr' de bons livres de tous genres sont rangés avec ordre il ne découvre néanmoins aucun homme dans touti

cette île ; il ne me reste qu'à lui demander s'il peut croire que c'est le hazard , sans aucune industrie , qui a fait fout ce qu'il voit.'' J'ose le de'fier de parvenir jamais par ses efforts à se faire accroire que l'assemblage de ces pierres , fait avec tant d'ordrt- et de syme'Irie . que ces meubles qui montrent tant d'art , de proportion et d'arrangement ; que ces tableaux qui imitent si bien la nature ; que ces livres qui traitent si exactement les plus hautes sciences sont des combinaisons purement fortuites. Cet homme d'esprit pourra trouver des subtilités pour soutenir dans la spéculation un paradoxe si absurde ; mais dans la pratique il lui sera impossible d^entrer dans aucun doute sérieux sur l'industrie qui éclate dans cette maison. S'il se vantait d'en douter, il ne ferait que démentir sa propre conscience. Cette comparaison démontre quelle doit être notre conviction sur la Divinité à la vue de l'Univers. Peut-on douter que ce grand ouvrage ne montre infiniment plus d'art que la maison que je viens de représenter ? Voilà la Divinité dans son point de vue , pour tout homme sensé, attentif, sans orgueil et sans passion. Loin d'avoir besoin de raisonner, il n'a que son raisonnement à craindre. Il n'a pas plus besoin de méditer pour trouver son Dieu , à la vue de l'univers , que pour supposer un horloger à la vue d'une horloge , ou un architecte à la vue dune maison.

FÉN'ÉLOX , de l'Existence de Dieu.

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