‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 61 sur 252 · BONHEUR QUE PHOCURE LA. FOI · texte numérisé non relu

BONHEUR QUE PHOCURE LA. FOI

Un homme vraiment religieux, mais plus vertueux qu'éclairé, d'une sagesse aimable et douce , un bon esprit ,un cœur droit, se trouva, sans avoir pu le prévoir, dans une société où s'agitaient des controverses sur la foi. Des jeunes gens lançaient au hasard contre toute vérité leurs traits impuissans ; ils se firent un jeu cruel d'embarrasser le juste, élevant des doutes, rassemblant des nuages autour des lumières les plus vives. L'homme de bien ne pouvait comprendre qu'on pût attaquer une religion qu'il trouvait si consolante et si conforme aux vœux de son cœur vertueux. 11 parut navré de douleur jusqu'au fond de l'âme; les traits de f^on visage, qui étaient ceux de la paix, et du bonheur, furent altérés; on eût dit qu'on lui eût enlevé ses biens ou quïl eût perdu son fils unique. Cependant cette jeunesse imprudente lui demande gaîmcnt le snjot de sa profonde douleur, « Messieurs , dit-il , vous n'avez pas ébranlé ma foi ; elle est le bien de mon cœur, vous ne me l'avez pas ravie ; je n'entreprendrai point de réfuter toutes vos objections et tous vos sophismes, je me bornerai à ce simple raisonnement, auquel je vous défis de répondre : Je suis heureux , la connaissance et la pratique de la Religion ont fait mon bonheur , qui de vous en peut dire autant ?

UÉB&GLT, Let JpsIogUtet.

TOT ou TARD IL FAUDRA CROIRE.

Dans une société oià se trouvait par hasard un Ecclésiastique , plusieurs jeunes gens jouaient le rôle

d'impies et débitaient atec ( m phase des tirades de J. J. Rousseau, contre la divinité du christianisme : If Messieurs, leur dit l'Ecclésiastique, vous ne croyez M pas maintenant , mais vous croirez un jour; si ce » n'est pas dans le tems, ce sera dans l'éternité. Vous » croirez alors comme les démons; ils croient, et ils » sont dans les tourmens. »

Même outrage.

COMBrEN SONT AYEUGLES CEUX QVl n'oNT POINT LA FOI.

Une jeune personne avait infiniment d'esprit ; ' mais la bonté de son cœur était telle qu'on ne parlait pas même de son esprit. Elle avait été parfaitement instruite de la religion ; elle savait sur combien de preuves estappuyée la divinité du Christianisme; aussi dit-elle un jour avec naïveté, à un docteur de Sorbonne : « On a voulu m attacjuer sur les miracles ; pour » moi je vois réellement des prodiges., de vrais mirât les , » mais un miracle d'aveuglement dans ceux qui ne croient » pas. » Sa raison naissante, mûrie par une instruction solide, l'avait rendue plus intelligente que ne le sont nos vieux insensés , dont la folie est de ne pas croire, parce qu'ils ne cherchent point à s'instruire de ce qui, selon Voltaire lui-même, mérite le plus d'attention de tous les hommes.

Uimt tuvrag:

l'homme qui a la foi voit arriver la mort avec joie* Un homme, couvert d'ulcèrei, s'était retiré dans une forêt loin des regards de ses semblables, qui tous fuyaient sa vue; sa chair tombait par lambeaux, et il faisait retentir les bois de saints cantiques. Un voyageur fut attiré par le son de sa voix; il s'étonna d entendre des sons si doux , dans un état si cruel ; il témoigna sa surprise. Voici la réponse qui lui fut faite : Je sens s'écrouler cette muraille de boue; qui me sépare de Dieu, et je chante le cantique de ma délivrance.

Uém* outrage.

HISTOIRE DE RIPOCHE.

Un Vendéen, nommé Ripoche, soldat des armées Catholiques et Royales, ayant été fait prisonnier par les Bleus, fut mené par eux près d'une croix, et là, il lui dirent : « Tu as été pris les armes à la main , ton arrêt de mort est prononcé. Voilà la chaumière oià tu es né; ton père y est encore; lu vivras, si tu veux obéir. » Le Vendéen regarda sa cabane : les larmes lui vinrent aux yeux. 11 demanda : « Pour obtenir la vie, que faut-il faire r* « Un soldat de la république lui répondit : » Prends celte hache et abats celte croix. » Ripoche prit la hache ; ses compagnons de maliieur, ceux qui avaient élé faits prisonniers comme lui, détournèrent la tête; ils crurent que la Vendéen allait abjurer son Dieu ; ils frémissaient. Ripoche , brandissant la hache dont on venait d'armer ses mains, s'élance sur le piédestal de la croix; et, élevant son arme, il s'écrie d'une voix qui retentit au loin : « Mort à celui qui insultera la croix de Jésus- Christ ; je la défendrai jusqu à mon dernier soupir. » Adossé au bois sacré, il agite sa hache; une divine ardeur brille dans ses yeux : une force surnaturelle semble l'animer. Pendant quelques instans il parvient a éloigner les sacrilèges. Tant de courage les frappe de stupt^ur ; ils n'osent avancer. Mais bientôt rougissant d'être arrêtés par un seul homme, poussant des cris affreux , ils fondent sur le vaillant chre'tien ; le nombre l'accable; il est blessé de toutes paris. 11 fient encore la croix ; les monstres en détachent ses bras, ils le couchent sur le piédestal ; ils appuient leurs baïonnettes sur son cœur, et lui répètent : « Abats ce signe de la superstition, et tu vivras. »

« C'est le signe de ma rédemption , s'écria le Ven-. déen, je l'embrasserai encore... « £t par un dernier effort , ses bras se rattachèrent à l'arbre du salut ; ses bras se roidirent à l'entour, car ce fut" ainsi qu'il recul

— « 128 ». — la mort. Quelle foi! quel courage! quelle intrtfpidifd! Les meurtriers laissèrent leur victime et aballirent la croix. La nuit, de pieuses Vende'ennes vinrent en secret; ayant creusé une fosse au pied du Calvaire, elles y de'posèrent le soldat chrétien, et couvrirent la terre fraîchement remuée, avec les morceaux ensanglantés de la croix.

Lettret Fendéenntr, GRAXDECR d'uNE AME VENDÉENNE,

Une Vendéenne, que la maladie avait forcée de rester à Laval avec ses trois filles, y fut découverte et condamnée à mort par ces juges infâmes à qui le nom d'hommes ne peut être donné sans déshonorer l'humanité. Quelques âmes courageuses élevèrent la voix en leur faveur, mais elle ne lut pas plus entendue que celle de l'enfant égaré dans la forêt pendant l'orage.

La plus ieune, âgée de 16 ans, d'une beauté accomplie , fut saisie d'effroi à la vue de l'instrument meurtrier ; mais la voix de sa mère fit renaître le calme dans son âme. Comme celle des Machabées, cette mère obtint de mourir la dernière ; et, après avoir soutenu le courage de ses enfans , elle alla au ciel partager leur triomphe et l'accroître par sa présence.

M, DE SAPDIAOD , Netice tur quelques vtclime» da Tribunal révetuitennalrê d» lavai, FERMETÉ DU CLERGÉ DE FRANCE DANS LA FOI.

Ce qu'il y a peut-être de plus glorieux pour la Religion et pour ses ministres, c'est le triomphe éclatant que remporta le clergé de France , dans la fameuse séance où, selon un décret de l'Assemblée Nationale, tous les Ecclésiastiques qui en étaient membres, devaient être nommément et individuellement sommés de prêter, en face du Corps législatif, le serment de maintenir /a constitut-on chnle au clergé ^ c'est-à-dire, de renoncer solennellement aux vrais principes de la foi catholique. Leurs ennemis n'avaient rien oublié

pour prcp'îrer leur défaite, et pour s'assurer la victoire. Ils avaient eu soin de faire rassembler autour de la salle et dans les avenues, une horde de brigands soldés, qui, après avoir prodigué les injures et les menaces contre les Évêques et les Prêtres fidèles qui se rendaient à l'assemblée, le jour où l'on devait exiger d'eux le serment, faisaient retentir jusqu'au fond de la salle ces hurlemens de mort : // la lanterne les Evêques et les Prêtres qui ne feront pas le serment ! Averti par ce «ignal qu'il est tems de commencer l'attaque, le président se lève , et prend la liste des Ecclésiastiques non assermentés. Le premier qu'il somme de jurer est M. de Bonnac, Évêque d'Agen : Messieurs , répond le prélat , les sacrijices\de lajortune me couterd peu , mais il en est un que je ne saurais faire, celui de cotre estime et de ma fui. Je serais trop sur de perdre Vune et V autre , si je prêtais le serment qu'on exige de moi. M. Fournel, du diocèse d'Agen, fut appelé ensuite et s'evprima ainsi : Je dirai avec la simplicité des premiers chrpliens , a laquelle vous voulez nous ramener que je me fais gloire de marcher sur les traces de mon Evêque , comme saint Laurent marcha sur celles de Sixte son pasteur ; je le suivrai jusqu'au martyre. En entendant celte réponse , o^i commence à se repentir d'avoir fourni au clergé l'occasion d'un témoignage si public et si éclatant de sa constance dans la foi. Cependant , comme on se fl?(te de ne pas trouver la même fermeté dans tous les Prêtres, le Président appelle M. Leclerc, curé de Cambre, diocèse de Séez. M. Leclerc se lève et dit : e suis né Catholique , Apostolique et Romain , je vcu Tc mourir dans -cette foi , je ne le pourrais pas ^ en prêtant le serment que vous me demandez. La gauche (on désignait, parce mot , les membres de l'assemblée qui étaient au côté gauche de la salle, et qui avaient formé le complot de décatholiser la France) ne tient plusi 5es professions de foi si fermes, si précises; et

— . 130 ~ pour les faire cesser, elle demande qu'on mette fin à cet appel nominal , à ces sommations individuelles. M. Boaupoil de Saint-Aulaire , Évêque de Poitiers, craignant qu'on ne le prive d'une si belle occasion de rendre te'moignage à la foi, s'avance vers la tribune. Là, en face du Pre'sident, il demande qu'on l'e' oute, et prononce ces paroles : Messieurs ^ j'ai suivante et dix ans , et j'en ai trente-cinq d'Êpiscupat. Je ne souil~ lerai pas mes cheveux blancs par le serment que vous me demandez ; je ne jurerai pas. Tous refusèrent ainsi , h l'exception d un seul Curé. Après l'appel nominal le Préîident leur fit une nouvelle interpellation. Profond silence! l'assemble'e se se'pare, et les Évéques , glorieux de leur fide'lilé, traversèrent d'un pas lent et ferme les rangs des groupes qui les accablaient d'invectives et de menaces. Plusieurs furent maltraile's; aucun ne reçut de blessures dangereuses. On se bornait encore à un martyre d'ignominie.

tACBETELLE.

DE L'ËSPÉRA^CB.

Sans doute elle fut réiélée parle ciel , celte religion qui fit une Trrlu de l'espérance ! ci-tle nourrice des infortuné*, placée auprès de l'honime , roninie une mère auprès de ion enfant malade, le berce dans sis bras, le tuspi nd àaa mamelle intarissable, et l'abreuve d'un lait qui calme ses douleurs. Elle T«ille à son cberet solitaire , elle l'eudort par des cbants magiquei.

CHATEACBBIXRD.

Nous devons avoir la confiance que Dieu nous donnera le ciel, parce qu'il nous l'a promis, et que Jésus-Christ, son fils, nous l'a mérité par sa mort ; cette confiauce s'appelle VES' péiance.

l'espérance chrétienne est fondée scr les mérites de jésvs-christ et sur ses promesses.

Saint-Bernard animait son espe'rance en disant « Je ne suis pas digne des grâces de Dieu; mais Je-

» sus-Christ me les a méritées, et il a dit : « Deman- » dez et vous recevrez;» je puis regarder le Royaume t des cieux comme une chose qui m'appartient, par «> le droit que mon Sauveur m'y a donné. »

Fie de SlBEBMABD.

PABOLES DE SAINT-FRAAOOIS d'jOSSISE.

Saint François d'Assise disait , en parlant de sa communauté et de Dieu : « Nous avons une mère qui » est très- pauvre, mais nous avons un père qui est » très-riche. » Lorsqu'il envoyait un de ses compagnons dans une ville pour prêcher, il lui adressait ces paroles du prophète : Mettez en Dieu toute votre confiance et il oous nourrira,

F!» de Sl-FRANÇOis.

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