DERNIERS MOMENS DE U^^ JOSÉPHINE ZANITER
Joséphine Zanitor, née au Mans, d'une famille qui se distingue par sa vertu et sa pieté, s'est endormie dans le Seigneur, le 19 mai 1826, à l'âge de iH ans, et après un peu plus d'un an de noviciat dans la maison des dames du Sacré-Cœur, à Paris. Rien de plus édifiant que les derniers momens de cette sainte et jeune personne ; quel calme ! quelle résignation ' quelle confiance en Dieu! l'amour filial avait entièrement banni la crainte. Je ne crains rien, s'écria-t-elle dans un de ces élans qui sans cesse la poussaient vers son Dieu : En vous appuyant sur la diinne miséricorde , ré^ partit la supérieur qui redoutait le piège de la présomption. Non, je ne crains rien ^ reprit-elle d'un accent plus vif encore ; Not-e Seigneur est si bon ! Ce n'était que par une prière non interroaipue que Joséphine luttait contre le sentiment même de ses douleurs. Je ne sens plus mes maux , quand je m'entretiens a^ec Dieu y disait-elle souvent. On aurait voulu recueillir chaque parole de sa bouche mourante, sur-j tout à mesure que, s'approchant du terme, on voyait,
croître sa ferveur en proportion de la diminution de ses forces. Enfin le 19 mai, à huit heures, après avoir prononcé de son propre mouvement et d'une voix intelligible ; Jésus, soyez-moi, Jésus , maintenant et à Iheure de ma mort... Jésus , Marie, Joseph; elle prit des mains de sa mère le crucifix qu'elle avait baisé mille et mille fois, le baisa encore avec respect, et en disant cts mots : Mon Dieu! je vous adore ! elle expira entre les bras de ce Dieu qu'elle soupirait de ronieinpler face à face, comme si elle eût oublié qu'il devait être son juge; mais qui, gagné et attendri par cette sécurité absolue que lui-même avait inspirée à sa servante, se hâta sans doute de couronner ses vœux.
On pèche contre l'espérance, 1° quand on désespère de son salut ; 2° quand on se méfie de la providence de Dieu; 3° quand on fait le mal, sous prétexte que Dieu est bon.
DÉSESPoia d'un pécheur.
J'ai vu , dit M. l'abbé de Choisy , oui , j'ai vu mourir un homme dans ces horribles pensées : Je Poifoue, disait-il , je ne sais ce qui m'arricera ; je nai jamais douté et je doute présentement; je suis dans des horreurs que je n'eusse jamais pré\.mes. Mais, lui disait-on, demandez pardon à Dieu, peut-être est-il encore lems pour vous. lYûH , répliqua-t-il , non , il ne me pardonnera pas; il Y o. trente ans que je le méprise.