CHARITÉ DE SAINT-BEZARION
Un solitaire d'Egypte, saint Bezarion , avait vendu son héritage pour en distribuer le prix aux indigens; il n'avait plus rien à donner ; un pauvre se présente, il le couvre de son manteau. Un autre pauvre lui succède, il lui donne sa robe. Il était parvenu à n'avoir plus de trésor que 1 Evangile, ce livre où il avait puisé les leçons de son héroïque charité; il le vendit encore, et il disait avec cette naïveté, compagne aimable des grandes vertus : ce livre , il m'a fait tout vendre, eh l/ien, je Pai vendu lui-même.
Fit iet P'erei du déttrt.
SAINT-JEAN l'aUMONIER.
Ce n'est pas avec réserve , mais à pleines mains, que saint Jean Tauniônier, archevêque d'Alexandrie, répandait les dons de sa charité ; c'était une pluie féconde; c'était un torrent. Les pauvres, il les appelait ses maîtres. On le vit saftliger un jour qu'il n'avait trouvé aucun indigent à asisler. On ne le consola qu'en lui disant que sa charité avait tari , dans cette grande ville, la source de toutes les larmes qui cou-
—, 153 « — laîentsi abondamment avant lui. Il ne trouvait tant à donner que parce que lui même vivait très-p.'>uvrement. Il couchait sur un petit lit, n'ayant qu'une méchante couverture. Un homme de bien lui en fit pre'sent d'une fort riche. Il la reçut, craignant de l'oftcnser par son refus; maisia nuit son sommeil fut trouble'; il e'tait tourmenté par la pensée de ses pauvres qui étaient transis de froid. Le lendemain, et de grand matin, la couverture fut vendue, rachetée aussitôt par l'homme riche, vendue de nouveau , rachetée encore. iVou5 rwrons, dit le saint Evoque, qui se lassera le premier. Charitables débats , aimables contestations , les seules qui puissent avoir lieu entre des chrétiens.
CODESCARD.
GÉNÉROSITÉ d'un ANGLAIS.
L'Angleterre, appelée autrefois l'Ile-des-Saints , et maintenant si cruellement ravagée par Ihérésie et l'athéisme, s'est distinguée entre tous les états de l'Europe, par l'accueil qu'elle a fait au clergé français dans son émigration. — Un de ses milords rencontra un prêtre dont l'extérieur annonçait une honorable pauvreté. L'un et l'autre montaient à une observatoire. L'anglais pend à desbein les de\ans, et laisse échapper une bourse contenant cent guinéts. L'ecclésiastique la ramasse et s empresse de la lui remettre. Monsieur, lui dit le milord , ; lie est tombée de plus haut. Quelle magnificence et quelle délicatesse !
ARMAND LENNEL.
Armand Lennel , décédé à Amiens, le 27 février 1827, à l'âge de l'x ans, nn pouvait voir im pauvre sans être attendri. Sa plus douce satisfaction était de soulager l'indigence ; il eût volontiers dépensé en au-
. — 15A • — tnônes tout l'argent qu'on lui donnait pour sos menuâ plaisirs, heureux, si on lui eût pt-rmis de se priver du nécessaire, pour secourir les membres souffrans de Je'sus- Christ. En 1812 , la disette fut extrême ; Armand, qui n'avait alors que huit ans, ayant amassé une petite somme par ses économies, demanda et obtint qu'elle lût consacrée tout entière à des œuvres de charité II voulut la distribuer lui-même, non o;ir ostentation , mais dans l'intérêt de ses pauvres, et par la crainte que ses aumônes, une fois connues, ne leur fissent retrancher les secours qu'ils recevaient de ses parens. Ceux-ci, loin de contrarier le punchant qui le portait à faire du bien, le secondaient de tout leur pouvoir , et bénissant Dieu d'avoir donné à leur (ils des inclinations si généreuses et si chrétiennes.
Sotitenir de St-ACHEDI..