‹ Nouvelle explication du catéchisme, ou, le dogme et la morale expliqués par quatre cents traits historiquesChapitre 79 sur 252 · CHARITÉ DE 51. DAVIAU , ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

CHARITÉ DE 51. DAVIAU , ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

M. Daviau, archevêque de Bordeaux, avait une si tendre charité pour les pauvres, qu'il se refu<;ait souvent le plus strict nécessaire, au point qu'une fois le nombre de ses chemises se trouva réduit à dejx. Lorsque les soeurs hospitalières, qui s'étaient chargées de laver et racommoder son linge, le sollicitaient de leur donner quelque argent pour lui acheter de la toile et des bas, le Prélat leur demandait s'il n'y avait pas quelque pauvre à secourir. Enfin, ces bonnes sœurs imaginèrent de venir lui dire un jour qu'un gentilhomme infirme et avancé en âge s'était tellement ruiné à force de donner aux pauvres, qu'il ne pouvait plus se présenter décemment dans le monde , et qu'elles venaient le prier de leur faire une aumône , pour acheter à ce chrétien si pauvre six chemises et six paires de bas. L'Archevêque s'empressa de donner aux soeurs la somme nécessaire. Au bout de deux ou trois jours, elles reviennent, apportant les chemises

-^ 155 . — et les bas. Le charitable prélat se félicitait d'avoir fait une bonne action, lorsque les sœurs lui dirent : « Fous ne savez pas , Monsi^lgiieur, quel est le pauvre à qui vous avez/ait f aumône C est vous-mJme 1

Z'Éclair d* niwemtre t8i8.

BIEiXFAISAINCE DBS PHILOSOPHES.

Une ville entière, la ville do Saint-Claude, avait été réduite en cendres, et en un jour. Celait au terns où la bienfaisance était le plus hautement proclame'e. Les habitans de cette ville infortunée de'putent donc vers la capitale pour demander des secours. En effet, une asserable'e est indique'e dans l'Eglise de Saint- Gervais, devenue alors un clubi elle se forme, le temple s'avoue trop petit pour contenir la multitude qui s "y rassemble ; tout ce qui avait un renom de bienlaisanco, sans doute me'riié, avait été convoqué. Les autorités ou puissances d'alors s'y trouvaient. Rien n'y fut omis pour émouvoir, pour toucher, pour ouvrir les cœurs ; récit palhéiique d'une si affreuse calamité; musique attendrissante, et aussi, ce qui n'est p.-is à négliger, l'intention , que l'en ne déguisait pas , d'aller bien au-delà de tous ces prodiges que Ton raconte de la charité chrétienne. Mais, ô faiblesse des vertus humaines! pour réparer un si grand désastre, la bienfaisance dans Ses plus grands efforts n'a pu seulement recueillir de quoi rouler la première pierre, fondement d un seul édifice; on n'a pas trouvé de quoi élever une masure, et Sainl-Claude den;ieura alors en ruine et en cendres.

f Conlimioltcn rf« t'kUteirs de France. i(i JM)

DE L'AHOUR DES EIV^IEHIS.

On arait dit dans tous les temps : faisons du bien à qui nous aime . et du mal à qui nous bail; voilà la loi « voilà le cri de la nature* Arrive Socrate qui cliaiipe ce précepte et qui dit : faisoMs du bien à nos amis , et u^ faisons point de mal à nos ennemis. Sagesse humaine , tu n'iras pas plus loin ; voilà tes bornes poséea par ton oracle, le plus sage «-litre Ies-*a;:es ménïes Socraie le premier adéTcudu la vengeance, Jéius- Cbrist seula oidoDué Tamour

CjlMB\CtEt8.

Pour aimer son prothaiii pour l'amour de Dieu , il faut ; dans l'intention de plaire à Dieu , souhaiter et faire à tout le monde , même à nos ennemis, le bien que nous voudrions qu'on nous fît à nous-mêmes.

SAINT JEAN-GUALBERT.

On raconte de saint Jean-Gualbert, qu'un de ses proches ayant e'te' tué, le meurtrier e'vitait la rencontre de toutr» la famille, qui, suivant les lois barbares de ce tems-là , avait droit de venger cette mort. Gualbert allant un jour à Florence avec ses e'cuyers , car il était noble et homme de guerre , rencontra ce meurtrier dans un chemin si étroit qu'il leur était impossible de se détourner l'un et l'autre. Le coupable le voyant venir de loin, désespéra de sa vie, et descendant aussitôt de cheval, il se jeta par terre sur le visage, les mains étendues en forme de croix, et attendant ainsi la mort. Jt-an en fut touché, et, par respect pour la croix , qu'il représentait par sa posture, il résolut de lui pardonner. Il lui dit donc de se relever sans rien craindre; eti 'assura que désormais il pouvait aller librement où il voudrait. On ajoute que Gual-

berl, étant rentré chez lui, se jeta aux pieds de son crucifix, et qu'il fit cette prière, plein de foi et de confiance : Seigneur, j'ai fait ce que vous avez commandé; j'ai pardonné, pardonnez-moi. Dieu lui accorda plus qu'il n'avait demandé; car il en fit un grand saint, et le chef d'un ordre long-tems célèbre dans l'Eglise.

Fie de Saint-Jean GCALBEBT.

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