DÉVOTION ET FAVEUR DES NÉOPHYTES INDIENS
Nos Néophytes, dit le P. Bouchet, ont une dévotion tendre et affectueuse envers les Saints, Ceux
qu'ils invoquent le plus sonvent sont leur Ange Gardien , leur patron, saint Joseph, saint Jean.-Baptistc, saint Mi(hel, proleclt-ur He notre mission, saint Pierre et saint Paul, saint Thomas, l'apôtre de ces contrées, saint Ignare et saint-François-Xavier. C'est Surtout à leur Ange Gardien qu'ils se recommandent, lorsqu'ils entreprennent quelque voyage. « Avant de me mettre en chemin , me disait un fervent Néophyte, j'y mets mon Ange Gardien , et je le suis en esprit comme le jeune Tobie suivait l'Ange Raphaël. » II n'y a guère d'années où ces bons chrétiens ne ressentent les effets d'une protection particulière des saints auxquels ils sont le plus dévoués, surtout de saint François-Xavier, qui, dans le ciel, n'a pas oublié les peuples qui ont été les premiers objets de son zèle. Voici un trail bien singulier de cette protection :
Une femme idolà'ro, du royaume de Tanjaour, s'étant convertie avec sa famille , out une dévotion particulière à saint François-Xavier. Elle avait un enfimt qu'elle aimait tendrement : quand elle e fît baptiser, elle voulut qu'il portât le nom de ce saint Apôtre, dans l'eçpérance qu'il lui conserverait la vie, et le maintiendrait dans l'innocence. Un an après Son baptême, cet enfant, qui avait environ dix ou douze ans, gardait les moulons avec deux autres enfans de son âge. Le tonnerre tomba sur eux et les tua tous trois. Leur? mères, instruites de leur mort, accoururent aussitôt pour enlever leurs cadavres. Deux d'enir'elles , qui étaient idolâtres, ne voyant point de remède à ce malheur, firent enterrer leurs enfans. I^ femme chrétienne prit le corps de son petit Xavier, qui était sans mouvement et sans vie, et le porta à FEgrise. Là , s'adressant au saint Apôtre : « Grand Saint, dit-elle, nêtes-vous pas le protecteur de ma famille? n ai-je pas assuré cent fois mes parens que je n'avais rien à craindre après a\ oir mis ma confiance
en vous? cependat je n'ai plus de fils. N'y aura-l-il aucune diffe'rence entre ces mères idolâtres qui ne connaissent point le vrai Dieu, et moi qui fais profession de le servir, et de vous êlre particulièrement dévoue'e ^ Consolez une mère accable'e de douleur ; vous avez ressuscité tant de morts, ne pouvez-Touz pas encore ressusciter mon filsr* » Elle parlait encore, lorsque les femmes chre'tiennes, qui e'taieni pre'sentes, crurent voir quelque mouvement dans le corps de Xavier: un moment après il ouvrit les yeux, et sa mère l'embrassant le trouva plein de vie.
Extrait det Itttnt édifiant*».
SAINT ANNE d'aURAT.
De tous les lieux de pe'lérinage de la Bretagne , sainte Anne d Auray est un des plus ve'nére's. On y vient de loin. A la fête de la sainte mère de la Vierge, l'affluence des e'traogers est immense; la messe, dans celte grande solennité , se dit en plein air, sur un autel très-e'levé. On ne parvient à cet autel que par un double escalier, que les pèlerins montent souvent à genoux ou les pieds nus, la prière et la dévotion ont déjà usé quelques-unes des pierres, et cependant ce pèlerinage à sainte Anne d'Auray ne remonte pas à beaucoup de siècles. Vo ci comment on raconte son origine : Un bon laboureur des environs conduisait sa charrue ; arrivé à certain endroit de son champ, ses bœufs s'arrêtèrent; il redoubla d efforts pour les faire avancer, mais tout fut inutile. Le lendemain et les jours suivans le paysan revint à son champ, et ses bœufs refusaient toujours de dépasser le point où ils s'étaient arrêtés la veille. Etonné, effrayé de ce qu'il ne pouvait s'expliquer , il fit dire une messe; et la nuit ne pouvant dormir, il alla se promener en disant son chapelet. .. quand il aperçut une grande lu-
mière dans la pièce qu'il n'avait pu labourer. Au milieu d'une aure'ole lumineuse, il distingua une femme vêtue de blanc, et qui du doigt indiquait un endroit du cbamp... c e'tait celui où ses bœufs s e'taient arrê-^te's. .. Le lendemain lui et sa famille creusèrent çè point de'signé et 1 on trouva en terre une image de la mère de la sainte Vierge... Un petit oratoire fut élevé à l'endroit même, et bientôt celte chapelle devint trop petite pour la piété et l'empressement des fidèles. L'église actuelle fut alors bâtie.... Dans les âges passés, les Rois, les Princes l'avaient enrichie de dons et de largesses. Au dix-neuvième siècle. Madame la Dauphine et son illustre sœur y sont venues prier. Une lampe d'argent a été offerte à ce sanctuaire vér néré par Marie- Caroline de Sicile, duchesse de Beny. Cetle lampe porte la date de son pélerinag.e, 34 juin 1828.
Voyage de Uadame en i8t8.
Nous devons honorer les reliques et les ima» ges, parce que l'honneur que nous leur rendons se rapporte à Dieu et aux saints.
RÉPONSE d'un saint ABBÉ A l'eMPEREUR CONSTANTIl» COPRONYME.
L'empereur Constantin Copronyme excita unq persécution violente contre les fidèles, pour le culte des saintes images. Il fit appeler un saint solitaire , nommé Etienne et lui demanda avec ironie s'il persistait dans son idolâtrie; car c'est ainsi qu'il traitait l'honneur que les Catholiques rendent aux images.. « Quel est l'homme assez peu instruit, lui répondit le saint, pour adorer ou honorer les pierres, l'or ou l'argent, parce qu'ils représentent J.-C. ou les Saints ? Notre culte se rapporte à celui que ces objets représentent; » et, tirant de son sein une pièce de
monnaie, où elait l'empreinte de PEmporeur, il demanda à c^.'ux qui étaient préiens s'il serait puni en jetant à teire et foulant aux pieds cette image du prince ; on lui re'pondit que oui. — O hommes aveugles! répartit alors saint Etienne, vous punissez de mort celui qui foulerait aux pieds l'image d'un Roi de la terre, d'un homme mortel, et vous osez fouler aux pieds l'image de J.-C. le Rois des Ruis !!....