Exercices : Examiner pour chacun de ces Océans : (a
1° Les mers, les golfes, les détroits qui en dépendent ;…
2 Les continents qu'il circonscrit; les les, presqu'iles et caps qu'il détermine ;.…
3° Les chaines de montagnes qui marquent la ligne de partage de son bassin; les fleuves qu’il reçoit...
4 Les principaux pays qu'il baigne; les grands ports de mer qu'on y rencontre...
654—Relief. Le relief du fond de l'Océan est analogue à celui des terres émergées : on y trouve des plaines étendues, des vallées étroites, des plateaux formant des bas-fonds couverts d’écueils et de bancs de sable, des volcans sous-marins, des chaines de montagnes, dont les iles forment les sommets, etc. Le sol submergé est recouvert de sable ou de limon apportés des continents par les fleuves et par les courants marins.
655.—La profondeur moyenne de l'Océan parait être de 6,900 pieds; le maximum supposé est de 45,000 pieds; on a mesuré 21,000 pieds dans l'Atlantique, au Sud du Banc de Terre-Neuve ; 11,000 pieds dans la Méditerranée, à l'Est de Malte. La Baltique et la mer du Nord n'ont que 300 pieds de profondeur moyenne ; le Pasde-Calais, 150 pieds; le Banc de Terre-Neuve 120 à 250 pieds.
656—Oaractères physiques des eaux. 1° L'eau de mer es pius dense que l'eau douce ou pure, car elle contient en dissolution 3 à 4 pour cent de sels divers, notamment le sel commun, ou chlorure de sodium, et le sel calcaire; elle renferme aussi les gaz azote, oxigène et acide carbonique, également nécessaires aux animaux et aux végétaux.
% La salure de l'Océan se modifie légèrement et devient plus forte dans les endroits où l'évaporation est plus grande (Méditerranée, mer Rouge; la mer Morte est six fois plus salée que l'Océan), elle est moine forte dans les régions des grandes pluies et à l'embouchure des grands fleuves,
3 La couleur des eaux, vues en masse, est bleu vif en pieine mer, verdâtre sur les côtes, jaune ou brune lorsque le fond sableux ou terreux est apparent. Souvent aussi des matières solubles, des végétaux ou des animaux microscopiques leur donnent une teinte particulière, (Mer Rouge, mer Verte ou golfe Persique, mer Jaune, mer Noire, mer Blanche.)
4° Les vagues de la mer paraissent souvent /umineuses, par l'effet de la présence d’animalcules phosphorescents ; ce phénomène se manifeste plus fréquemment dans les mers chaudes,
5 La température de l'Océan est beaucoup moins variable que celle de l'atmosphère ; elle est en moyenne de 39° Fahrenheit dans les profondeurs ; les couches supérieures sont plus chaudes ou plus froides suivant la latitude, Les eaux du Gulf-stream mesurent jusqu'à 185°; tandis que, par des froids de 40° à 54e sous zéro, les mers polaires se transforment en champs et montagnes de glace que l’on nomme aussi banquises.
657—Mouvements des eaux. On distingue notamment : les vagues, les marées et les courants.
1° Les vagues sont des mouvements sup:rficiels produits par les vents; elles s'élèvent dans les tempêtes à 15, 30, ou peut-être 60 pieds de hauteur; mais elles ne paraissent pas agir à plus de 300 pieds de profondeur, Des vagues ou des courants, poussés en sens contraires ou rencontrant des obstacles, se modi-
\a) Ces exercices, qui doivent se faire surtout au moyen de la Mappemonde, serviront utilement de récapitulation générale. On pourrait y joindre quelques-uns des exercices sur la Mappemonde,
fient on remous, lournants d'eaux, tourbillons où gouffres, tels que Charybde, | près de Scylla; Malstræm, au Sud des îles Laffoden, dangereux pour la navigation. Ji se produit aussi de grandes vagues, nommées masearels où barres de lots, qui remontent avec impétuosité l'embouchure peu profonde de certains fleuves (la Seine, la Garonne, la Saverne, l'Indus, le Gange, l'Amazone, ete,)
? Les marées sont des mouvements réguliers produits par l'attraction de la lune et du soleil, (Cosmographie No. 56) Il y a flux et reflux deux fois par jour. La hauteur du flux est peu sensible en plein Océan, mais il grandit en raison des obstacles que lui cpposent les continents ; dans la baie de St-Malo, la différence de niveau du flux et du reflux est de 42 pi. ; dans la baie de Fundy, il est de 68 pieds, et à Halifax, seulement de8 pieds. Les mers intérieures ont des | marées très-faibles.
3 Les courants sont de grandes masses d'eau, ressemblant à des fleuves gigantesques qui se meuvent au sein des mers, dans une direction plus ou moins constante et sans so mêler aux eaux voisines, Les courants ont pour cause l'action des vents, la rotation de la {rre et les différences de densité et de température existant entre les parties opposées de l'Océan, Les eaux chaudes et légères de l'équateur glissent vers les pôles en courants superficiels, tandis que, pour rétabiir l'équilibre, les eaux froides et lourdes des pôles se dirigent vers l'équateur, en formant des contre-courants latéraux ou des courants profonds. C'est un phénomène analogue à celui des vents alizés.
658.—Dans l'Atlantique, le grand courant équalorial d'eau chaude (185°) qui va de l'Est à l'Ouest, rencontrant les côtes du Brésil, se divise en deux branches principales, dont l'une retourne par le Sud-Est, vers le cap de Bonne-Espérance ; l'autre pénètre au N.-0. dans la mer des Antilles et le golfe du Mexique, d'où il sort avec impétuosité par le détroit de la Floride, et forme le Gulf-Stream qui court au N.-E, vers la Norwêge, tandis qu'un courant dérivé redescend le long des côtes d'Angleterre, d'Espagne et d'Afrique vers l'équateur,
659.—Dans lé Grand-Océan, le courant équatorial venu des côtes du Chili se divise dans la Malaisie, et l'une de ses branches forme le Kurro-Siwo (courant noir des Japonais), qui tourne au N.-E. et pénètre en partie dans le détroit de Behring, tandis qu'une autre partie revient vers l'équateur en longeant l'Amérique septentrionale, ete.
660 —De nombreux courants et contre-courants, dirigés généralement dans le même sens que les vents réguliers, existent ainsi dans toutes les mers et ont une grande influence sur le climat des régions qu'ils traversent ; d'autre part, ils imposent à la navigation des routes naturelles que les bâtiments à voiles surtout sont plus ou moins obligés de suivre, en faisant parfois de longs détours.
661..—-Produits de l'Océan. Sans parler des myriades d'espèces végélales et animales, d'algues, d'animaux infusoires, de polypes et de mollusques, qui ont joué et jouent encore un si grand rôle dans la formation du Jimon inarin ; des
bancs et des iles madréporiques, et des roches mêmes qui constituent l'écorce | du globe; l'Océan fournit à l'homme, surtout dans ses poissons et ses énormes | cétacés, d'abondants produits alimentaires ou industriels. La grande péche de |
la morue, du hareng et du maquereau (des mers septentrionales) rapporte annuellement pour plus de 20 millions de piastres de poisson. La petite péche côtière fournit le thon, la sardine, l'anchois, 14 sole, Ja raie, ete, ; en outre, le homard et la langouste, les huitres et les moules, les oursins et l'holoturie (tripang). La chasse au cachalot, dans les mers tropicales, à la baleine, aux marsouins, aux phoques et aux morses, dans les mers polaires, rapporte pour 12 millions de piastres d'huile, de lard, de fanons, d'ivoire et de peaux. Il faut noter aussi l'écaille des tortues, des mers chaudes ; la nacre et les perles, du golfe de Manaar, etc ; le corail rouge, d'Algérie ; les éponges de Syrie et des mers grecques ; les fucus où varech (a), le sel de cuisine, ete.
662.—Le caractère d'utilité de !'Océan est bien autrement important lorsqu'on l’envisage au point de vue de la formalion des pluies, sans lesquelles les continents ne seraient qu'un désert rocheux et inhabitable, et au point de vue de la facilité des communications internationales et de l'échange des produits des diverses régions du globe, De tout temps, les pays les plus riches, les plus commerçants et les plus puissants, ont été les pays maritimes, ceux qui, possédant un littoral découpé en bras de mer et en bons ports, se sont adonnés à la navigalion et se sont rendus maitres de la mer, Tels sont Tyr et Carthage, | l'Asie Mineure, la Grèce et l'Italie, dans l'histoire ancienne ; Venise, Gênes,
| XVIe au XVII: siècle; la France, l'Allemagne, mais surtout l'Angleterre, les Etats-Unis et le Canada, dans les témps actuels, L'Angleterre est aujourd'hui, grâce à la navigation, l'entrepôt général du monde, le grand marché régulateur du prix de toutes les substances alimentaires (viandes, farines, sucre, cafë, thé) et de toutes les matières premières employées par la grande industrie (coton, laines, soies, houille et métaux).
663.—Navigalion. On estime que l'Océan est parcouru par environ 150,000 navires au long cours ou de grande pêche, jaugeant 20,000,000 de tonneaux, montés par ?4 millions de matelots, faisans en moyenne trois voyages par
{a) Les varechs, appelés aussi sargasses el fucus, sont des algues marines vivant non-seulement dans les eaux peu profondes, mais aussi en pleine mer, sans attache au sol, retenues par les courants marins qui les circonscrivent, La mer de Sargasse de l'Atlantique, située entre les Antilles et les Açores, a plu-
sieurs fois l'étendue de la Province de Québec; les herbes ÿ sont tellement serrées que la marche des navires en est raientie (circonstance qui alarma les compagnon ; de Colomb); elles fourmillent de petits animaux marins.
année, et transportant pour 6,000,000,000 de piastres de marchandises, dont plus du tiers est couvert par le pavillon anglais.
664.—La navigation est surtout active dans la mer du Nord, la Manche, la Méditerranée, l'Atlantique Septentrional ct les mers des Indes et de la Chine. Outre les nombreux services réguliers établis entre ces mers par des bâtiments à voiles, los grands ports d'Angleterre et de France, ainsi que Hambourg, Anvers, les Etats-Unis, et le Canada, possèdent des services de paquebols à vapeur, qui assurent aux voyageurs un transport plus rapide vers les principaux ports du globe,