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MASSAOUAI. 289 et le continent : d'autres îlots le défendent au nord-est contre les vents du large, Le commerce de l'Abyssinie avec les marchands étrangers, Grecs, Banians et autres, installés à Massaouah, se fait par l'intermédiaire des cara-
vanes, Celles-ci, qui apportent surtout les denrées précieuses de la terre
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des Galla, le café, l'or, la cire blanche, partent à la fin de l'hiver, de manière à pouvoir franchir le Takkazë avant la erue, et mettent deux-ou trois mois à faire la route; elles s'en retournent à la fin de l'automne pour recommencer au printemps leur voyage annuel, En 1861, la valeur des échanges de l'Abyssinie, y compris les esclaves, par le port de Massaoual élit évaluée à un million de francs; vingt ans après, en 1881, elle s'élevait
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Nm tts F à 7 millions, Les denrées vendues sont, par ordre d'importance, les peaux, d'Éth
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le beurre, à destination de l'Arabie, et la nacre de perles. L'exportation
de l'ivoire à beaucoup diminué, Les planteurs de Mayotte et des Mason
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reignes importent des mulets de provenance abyssine,
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Er HF A l'est du golfe de Massaouah, les grandes îles coralligènes de Dahilak, ’
dont les principales sont Dalhlak et Nora, ont perdu presque toute Fimpore |
n'ai lance commerciale qu'elles eurent avant la domination turque ; elles
A aient aloës habitées par une population chrétienne, de provenance abyse
LE sine, donton voil encore les chapelles: le dialecte usuel est toujours celui
AE HUE du Tigré, mais très corrompu, De nos jours, les habitants, tous de relie tk
Pi à 1 gion musulmane, sont au nombre de quinze cents à peine et n'ont d'autre ie"
M1 # 4: ressouree, avec la ehaie el le lait de leurs chèvres, que le produit de leur
pêche : chaque année des marchands banians et persans viennent acheter
RD). la nacre et les perles fines recueillies dans les baies environnantes: le
REReR marché se trouve sur la côte orientale de la grande île, au village de 4 Wimôlé, De même que les pécheurs de Bahreïn, ceux de Dahlak ne des-
ti cendent au fond de li mer qu'après les fortes pluies, la conerétion perlière
ne se formant, disent-ils, que grâce au mélange de l'eau douce et de L rer l'eau salée”, Les indigènes péchent aussi la tortue, mais ils ne recucillent (RE pas les éponges, qui pourtant se développent en grande quantité sur les
fonds*. Les habitants de Dahlak et de l'archipel environnant possèdent | « A . . | en grand nombre des chèvres, des chameaux el des ânes qu'ils laissent va- | Ÿ LA “ LEE LE » « .
guer dans Pile à l'état sauvage où qu'ils renferment en des îlots déserts, Sur une de ces îles se trouvent mème quelques vaches.
‘ | É La baie longue et étroite qui S'avance du nord au sud, à une cinquantaine de kilomètres dans les terres, et-que les insulaires de Disseh appellent OR BEST EE « golfe de Velours », peut-être à cause de la tranquillité de ses eaux bien
* abritées*, est encore plus rapprochée que Massaouah des hauts plateaux
éthiopiens et maintes fois le mouvement des échanges à pris cette direc- | lion, Cette échancrure du littoral, appelée Annesley-bay par les Anglais, est plus communément désignée sous le nom de baie d'Adulis, comme il y à Dares : deux mille ans, quand 4 mouillaient les flottes des successeurs d'Alexandre.
* TER Une inseriplion grecque, copiée au sixième siècle par le moine égyptien
Cosmas Indicopleustès, célèbre « le grand roi Ptolémée, fils de Ptolémée et
LA tas d'Arsinoé » ; une autre, qui raconte les expéditions glorieuses du rot puisqu'el * Bianchi, Esploratore, agosto 1882, * Eduard Rüppell, Reise in Abyssinien.
AT *:: - * Werner Munzinger, Petermann's Mittheilungen, 1864, n° IN. Vivien +" Antoine d'Abbadie, l'Abyssinie ct le roi Théodare, lis: - Guil
ZOTLLA, 2Nû aux, d'Ethiopie Eb-Agouda, offre un intérêt géographique de premier ordre, ation
niétite N° 53, = HAIÏR M'ADULIS,
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1 Vivien de Saint-Martin, Éclaircissements géographiques et historiques sur l'inscription d'Adulis: - Guillaume Lejean, Voyage en Abyssinie, ete,
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ments de la géographie comparée du pays. Mariette a prouvé, par l'identifi. cation de plusieurs noms gravés sur les pylônes de Karnae avec ceux de l'in. seription d’Adulis, que les rapports de l'Égypte avec l'Éthiopie remontiient certainement aux temps de Toutmès IT, au dix-huitième siècle de l'êre ancienne, Des édifices de la ville antique on n'a retrouvé qu'un petit nombre de chapiteaux taillés dans la lave et des marbres seulptés par des artistes byzantins; ils se trouvent maintenant à plus de 6 kilomètres dans l'intérieur, peut-être par l'effet du soulèvement de la côte, peut-être aussi par le seul progrès des alluvions. L'ancienne appellation subsiste sous la forme de Zoulla. Au sud, sur les hauteurs, se voient les restes d'une ville qui fut probablement le sanatoire d’Adulis*. Pendant la deuxième moitié de ee siècle le nom d'Adulis a été souvent prononcé comme celui d'une future colonie française, parce qu'une zone de terrain, le long de la baie, et l'ile de Disseh avaient été concédées à la Fraace, en 1840, par un souverain du Tigré; mais aucun acte d'occupation ne consacra la cession écrite : c'est l'Angleterre qui, sous pavillon égyptien, possède ce lambeau du territoire d'Éthiopie*. D'ailleurs il n'est pas de contrée où la Grande- Bretagne ait donné un plus frappant exemple de sa puissance que sur cette plage brûlante de la mer Rouge. Dans cette baie, où se voit à peine quelque misérable barque et où les radeaux de pêche se composent de trois moreaux de bois presque entièrement immergés, que l'on dirige à la pagave sans peur des nombreux requins, flottaient en 1867 et en 1868 des cen. taines de navires ; un môle de débarquement, dont il reste quelques traces, s’avançait à plus d'un kilomètre en mer; un chemin de fer pénétrait au sud jusqu'au bas des escarpements, et d'immenses réservoirs d’eau creusés an pied des monts abreuvaient les éléphants indiens et #0 000 bêtes de
Ernest Desjardins, Notes manuscriles ; — Société de Géographie de Paris, 19 avril 1874. 2 Russel, Abyssinie, 5 Villes éthiopiennes du bassin du Takkazè et du versant de la mer Rouge, avee le chiffre de
population indiqué par les voyageurs :
Intchatkab. Halaï, 2000 hab. d'après Russel.
Dobarek. Digsan, 2000 hab. d'après Lefebvre, Faras-Saber, 2000 hab, d'ap. Ferret, Galinicr. Abbi-Addi, en 1881, 2000 hab, d'après Rohlis. Lalibala, en 1868, 1200 hab, d'après Roblfs. | Adoua » 9000 » Sokota, en 1881, 1900 hab, h Aksoum 9000 » h Antilo à 1000 hab. ) Kodo-Felassi » 1200 » | Tchalikout » 2000 hab. ù Atsega » 4900 ns d'apr. euglin Makalé. Keren, » 1800 »
Samré, Arkiko en 1881, 1500 hab. d'après Rohlis.
Haoussen, 1200 hab, d'après Lefebvre, Massaouah et faubourgs, en 1881, 7000 ab,
Addigrat, 2000 hab. Af-Abad en 1857, 6000 hab d'apr, Sapelo.
Sepafé,. Dolka h 9900 » \ Loulla, en 18S1, 1000 hab,
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somme. C'est à Zoulla que débarqua l'armée britannique, à Zoulla qu'elle reprit la mer après avoir mené à bonne lin une expédition unique dans l'histoire de l'Angleterre et dans les temps modernes, à la fois par la jusüice de la cause, par la précision mathématique des mouvements, par la plénitude du succès, presque sans effusion de sang, par le désintéressement dans la victoire. Cette promenade militaire d’une armée européenne sur les plateaux de l'Éthiopie se termina sans conquête, et les traces des pas anglais furent bientôt effacées sur le sable de Zoulla : pourtant cette apparilion passagère de l'étranger commence une nouvelle ère dans lhisloire des Abyssins.
La côte de la mer Rouge qui se prolonge vers le sud-est S'infléchit çà et en baies et en eriques où l'on pourrait établir des ports, si malheureusement les caravanes n'avaient ätraverser les terres brûlantes et peu sûres des Danakil avant d'atteindre les vallées du versant éthiopien. La baie de Hawäkil, explorée par les Anglais lors de leur expédition d'Abyssinie, est obstruée de cônes volcaniques, entourée de roches et de laves très difficiles à traverser; Hanfila, où l’on croit reconnaitre l'ancien port d’Antiphyllus, ne peut avoir d'utilité que pour l'exploitation du lac salin d’Alelbed et pour la pèche de là nacre, Quant au petit havre de Edd, à 200 kilomètres de la chaine éthiopienne, ilest, comme la baie de Hawäkil, entouré de voleans el de cheires raboteuses qui rendent le pays presque inaccessible. Une compagnie de Nantes en avait fait l'acquisition; mais, ne pouvant en tirer part, elle l'offrit au gouvernement français, qui refusa ce présent trop coûleux; finalement elle céda ses droits au khédive.
Les divisions administratives et politiques de lAbyssinie changent à l'infini, suivant le pouvoir des feudataires et le caprice dc< souverains : tel rds commande à plusieurs provinces où même possède le titre de roi, comme celui du Godjam, couro: né en ISST ; tel autre vassal doit se contenter d'un simple canton, En 28892, les grands ficfs étaient au nombre de 24, dont # gouvernés par des râs de premier rang, 5 détenus par des râs d'un rang secondaire, et 15 administrés par des chefs ayant le titre de choum. Mais, en dépit des vicissitudes politiques, la plupart des districts abyssins, de même que les pagi de la Gaule, gardent leurs noms et leurs contours généraux, indiqués sur le sol mème par le relief ct la nature des formations géologiques. Actuellement, l'empire d'Éthiopie, sans le royaume vassal du Choa, les États tributaires d'outre-Abäi, les territoires récemment annexés au nord et les distriets des Galla, comprend les provinces
ou plutôt les régions naturelles suivantes, classées en zones de climat et
par bassins fluviaux :